Publié dans BD, Bouquinade

L’appel des origines (Callede / Séjourné / Verney)

Ami du jeudi gris, bonjour !

Dans mon billet ce matin, en bonus, un rayon de bonne humeur ! Une fois n’est pas coutume (et je sais que c’est assez rare), me rôvoilà avec, dans ma manche, une BD. Merci les salons internationaux, ainsi qu’un jeune collaborateur dont je tairai le nom pour sa propre sécurité, merci aussi à Nolwenn de m’en avoir parlé en premier lieu, parce qu’au final, je découvre, je découvre !

Harlem, dans les années 20. Anna, jeune métisse, travaille la journée comme serveuse dans le restaurant de sa tante et de son oncle, et sort danser le soir dans les boîtes de jazz qui fleurissent dans la ville. Trop blanche pour les noirs, trop noire pour les blancs, elle a du mal à trouver sa place. Lorsqu’elle apprend que son père, fils d’une riche famille de blancs, a récemment disparu en Afrique, elle décide de monter une expédition pour le retrouver. Avec l’aide d’un ingénieux conservateur de musée, d’un vieux scientifique, et d’un étrange producteur cinématographique, elle s’apprête à suivre les traces de ce père qu’elle pensait ne jamais recontrer.

Fantastique ! Pour le coup, j’ai vraiment passé un bon moment. On découvre une ambiance totalement authentique, portée par les problématiques de l’époque (intégration par exemple, (in)tolérance, et quête des origines), qui se font le miroir de celles, souvent inavouées, d’aujourd’hui.

Mes recommandations, qui ont poussé mon généreux bienfaiteur à me conseiller ce titre : pas trop sombre, un peu girly, sans tomber dans le style « blogueuse » (type Bagieu ou Motin), une intrigue intéressante sans être trop complexe… voui voui, rien que ça. Et bim ! me voilà avec ce petit bijou entre les mains. À quand le deuxième tome ?

Pour info:
Glénat / Vents d’Ouest, 58 pages, 13,90€ chez votre libraire (sauf si, comme moi, vous « connaissez quelqu’un »… ;))

Publié dans Bouquinade, Litté de l'imaginaire (SF, Fantasy, Fantastique)

Fille des chimères (Laini Taylor)

Amis du jour, bonjour !

Une nouveauté Gallimard Jeunesse, que je m’étais promis de ne pas lire (oui, vous savez, les anges, les créatures, toussa toussa, c’est très surfait !), et pourtant… quel tort c’eût été !

Crédits couv’ : Clayton Burkhart / Distinctimage
Pour Gallimard Jeunesse

Prague, de nos jours. Karou est une ado fantasque, orpheline, qui a des cheveux bleus, et qui raconte les histoires des amis imaginaires qu’elle se dessine. Pas si imaginaires que ça puisqu’au moindre appel de Kishmish, le messager mi-corbeau de Sulfure, elle court passer la porte entre notre monde et celui des chimères. Parce que Karou mène une double vie : elle est aussi le coursier personnel de Sulfure, le maître chimère de la résurrection. Ce qu’elle ne sait pas, c’est que ce monde fait d’étranges créatures dans lequel elle a grandi est en guerre. Ce qu’elle ne sait pas, c’est que la créature éblouissante de beauté qui a tenté de la tuer sur un marché à Marrakech, mais qui pourtant la fascine, est son ennemi héréditaire…

Là, je dois dire ouah ! Et pourtant, c’était pas gagné ! Le résumé de 4e de couverture n’en dévoile pas énormément, et je ne m’attendais pas du tout à ça. Et quand j’ai lu qu’il s’agissait en fait d’anges et de chimères, je me suis dit : « OK, encore des anges ». Je venais de lire Angel qui, outre l’image décalée des anges qu’elle offrait, ne m’avait pas plus enthousiasmée que ça. Des anges méchants, des chimères dont le camp est douteux… Les chimères apportaient néanmoins une touche d’originalité. Mais je me suis laissée prendre par la complexité des liens entre les personnages, le (réel, pas monté de toutes pièces) mystère qui entoure l’existence de Karou. Tout n’est pas rose, tout n’est pas gris. Et, en même temps que Karou, nous découvrons un passé oublié et l’horreur d’un présent que l’on voudrait pouvoir corriger.

Je dois avouer que j’ai eu entre les mains une épreuve non corrigée, donc j’ai dû passer outre quelques petits détails (qui doivent être gommés dans la version définitive). Le style est tout à fait abordable, sans avoir ce côté puéril qui m’agaçait dans les histoires d’ados amoureuses. Une histoire plus profonde que celle du simple conflit Shakespearien (Romé & Juliette n’ont qu’à bien se tenir). Le premier tome d’une trilogie, qui termine sur un magnifique cliffhanger (en queue de poisson quoi). À lire de toute urgence !

Pour info :
Gallimard Jeunesse, collection « Grand Format littérature », série Roman Ado, 464 pages, 18,00€ chez votre libraire !

Publié dans Bouquinade, Policier / Thriller

Décollage immédiat (Fabien Clavel)

Allez, on ne perd pas le rythme, et on enchaîne avec un policier jeunesse conseillé par mon ancienne collègue et très chère copine de bonnet Claire, qui travaille chez l’éditeur en question. La voilà enfin, cette chronique 🙂

Crédits couverture : Chris Thomaidis / Stone / Getty Images pour Rageot Éditeurs

Lana Blum, 16 ans, ne voit quasiment plus sa mère, qui est hôtesse de l’air. Depuis le divorce de ses parents, et le départ de son père, elle fait pourtant ce qu’elle peut pour attirer l’attention, et nourrit envers sa mère une colère permanente. Mais le jour où celle-ci l’appelle pour lui dire de fuire l’appartement et de récupérer un mystérieux paquet à la consigne de Roissy, Lana, poursuivie par un mystérieux et effrayant homme de main, ne se fait pas prier. De décollages en atterrissages, Lana va se retrouver mêlée à une histoire de trafic d’OGM à l’échelle européenne. Aidée par un jeune hongrois du nom de Jérémie, alias Creep, elle tentera de retrouver sa mère et de faire la lumière sur cette histoire. S’engage alors une course poursuite haletante entre les halls des aéroports de Paris, Berlin, Bruxelles et Budapest…

Ca pour une surprise ! Voilà un outsider, un policier comme on en trouve peu. Cette course contre la montre sur les tarmacs est tout à fait fascinante. Et ça nous change un peu ! Voilà une jeune fille pleine de ressources, mue par la peur (pour sa vie, pour sa mère, pour son ami) et par un furieux besoin de survivre, qui va vivre les 72 heures les plus hallucinantes de sa vie. Et le pire, c’est que ça marche ! Même si le gros complot est un peu énorme, on y croit, et bien entendu, tout se tient.

Outre l’originalité de l’intrigue (pas de meurtre, d’ado plus douée que la moyenne, de super technologie – si l’on oublie les talents spéciaux de Creep en informatique), la fluidité du style et le format du bouquin font qu’il est totalement accessible à un jeune publique, tant masculin que féminin (oui, on a même une touche de romance, mais je n’en dévoilerai pas trop). Petite, je lisais d’ailleurs déjà les Rageot, type Opération caleçon au CE2. Dommage que cet éditeur jeunesse, pourtant très prometteur, soit si peu plebiscité ! À mettre entre les mains de tous les Sherlock en herbe !

Pour info :
Rageot Éditeurs, collection Rageot Thriller, 208 pages, 9,90€ chez votre libraire

Publié dans Bouquinade, Litté de l'imaginaire (SF, Fantasy, Fantastique)

Le troisième vœu (Janette Rallison)

Ami du lundi, on sourit !

Sur conseil de mon amie libraire, Charlotte (que je ne présente plus), voici une histoire moderne de capes et d’épées, ma foi bien divertissante !

Crédits couverture : Benjamin Lacombe © La Martinière Jeunesse

Savannah, lycéenne américaine populaire, est tout le contraire de sa grande sœur Jane, invisible derrière ses lunettes, et brillante qui plus est. Mais le jour où Hunter, le garçon le plus mignon du lycée – et accessoirement son petit ami – s’entiche de Jane, Savannah est effondrée. Elle en veut à Jane, elle en veut à Hunter, et elle devra probablement se rendre seule au bal de promo, quand sa sœur s’y rendra avec son ex-petit ami. Elle ne rêve que d’un prince Charmant, pour montrer à tous à quel point elle est éblouissante. Arrive alors Chrissy, une apprentie Marraine-la-bonne-fée, qui est plus intressée par la mode et la fête que par les émois de sa jeune protégée. Au point qu’elle comprend de travers les attentes de Savannah, et lui fera vivre les pires calvaires des princesses de nos contes de fées. Trois vœux seront-ils suffisants pour réparer tout ça ?

On aimerait toutes qu’un beau prince en armure vienne nous sauver de nos petits tracas quotidiens. Ou du moins une bonne partie des jeunes filles en rêve. Savannah, la « pauvre malmenée », fait ce vœu pour nous. Et grand bien nous en fasse, parce qu’on se rend compte qu’on ne sait pas toujours ce que l’on veut vraiment, et qu’il vaut mieux faire un peu attention à ce que l’on croit vouloir. Un beau prince, populaire… mais stupide et arrogant ? Un beau prince, populaire, sensible… mais tellement fleur bleue qu’il en est un peu simplet ? Tout ça est bien compliqué. Et puis, rêver de la robe de Cendrillon, c’est bien, mais lorsque le bal est terminé, la belle doit retourner à ses balais. Blanche-Neige ? Ne vante-t-on pas plus sa beauté que son intelligence ? Il s’agira pour Savannah de comprendre ce qu’elle désire vraiment, et trouver le courage de le revendiquer. Pourquoi le Prince Charmant ne se cacherait-il pas parmi ses camarades de lycée ?

Une jolie fable, qui nous apprend à faire attention à ce que l’on pense vouloir, et à ce que l’on croit être bien pour nous. Et on se rend vite compte que l’on ne trouve ce dont on a réellement besoin qu’en vivant sa vie au quotidien, et en gardant près de nous les personnes dont on sait qu’elles seront là. Parce qu’elles le sont, jour après jour. Peut-être ne portent-elles pas de paillettes, et ne montent-elles pas un cheval blanc ; mais elles sont celles qui nous connaissent et nous aiment quand même. Chacun y verra ce qu’il voudra, c’est mon interprétation… À lire, mesdemoiselles les princesses en herbe !

Pour info :
La Martinière Jeunesse, hors collection, 416 pages, 13,90€ chez votre libraire

Publié dans Bouquinade, Litté de l'imaginaire (SF, Fantasy, Fantastique)

Sisters Red (Jackson Pearce)

Bonjour à toutes, bonjour à tous !

En voilà un qui attend sa chronique depuis z’un bout de temps ! Un exemplaire réucpéré suite à une intéressante rencontre avec une éditrice de chez Albin (une chance, je voulais absolument le lire). Eh bien la voici la voilà, cette fameuse chronique.

Toute jeune, Scarlett a sauvé sa petite sœur Rosie des griffes d’un Fenris, un loup garou, qui avait déjà sauvagement assassiné sa grand-mère. Défigurée, elle n’aspire qu’à une chose : la vengeance. Sept ans plus tard, Scarlett est devenue une guerrière, courant les rues de sa campagne habillée d’une cape rouge, qui dissimule les cicatrices qui déforment sont visage et attire les monstres. Mais les loups se rassemblent dans la métropole. Ils cherchent l’un des rares élus qui présente les charactéristiques qui, après la morsure, feront de lui un loup. Ils n’ont que peu de temps pour le trouver, et le transformer, avant la fin de la période de pleine lune. Les sœurs March, aidées de Silas, leur mystérieux ami issu d’une longue lignée de bûcherons, vont tenter de le retrouver avant les loups…

Une réécriture de conte de fées, une ! Typiquement mon genre de lectures (on se souvient de Sortilège, et de A Kiss in time) ! Elle est bien loin la jeune fille effarouchée qui a peur du grand méchant loup ! Elles sont deux, et elles se battent avec les armes des monstres, en utilisant la luxure pour les attirer dans leurs pièges. L’exact contraire de notre Petit Chaperon traditionnel ! Entre une sœur qui ne vit que pour la chasse, et l’autre qui tente tant bien que mal de s’y consacrer mais n’aspire qu’à une vie normale, on fait quasiment le tour des préoccupations adolescentes actuelles. Et quand l’amour s’en mêle, ça fait des étincelles.

Ma première impression n’a pas été forcément bonne. Je trouvais l’histoire convenue, les réactions des personnages attendues, et ces pseudo querelles adolescentes m’ont tapé sur les nerfs. Et puis, quelques mois plus tard, en écrivant cette chronique, je me dis que tout compte fait… l’histoire tient debout, la fin nous tombe dessus comme les giboulées en mars, et puis, on a tous eu 15 ans et l’envie de lire ce genre d’histoires. Le mythe est revisité, certes, et ce qui n’était qu’insinué et destiné à s’ancrer dans l’inconscient collectif dans le conte original est ici complètement extrapolé et utilisé pour forger les caractéristiques de chaque groupe de peronnages. Bref, vraiment sympa, et bien adapté.

Pour info :
Albin Michel, collection Wiz, série Wiz Girl, 432 pages, 15,20€ chez votre libraire.

 

Publié dans Bouquinade, Litté de l'imaginaire (SF, Fantasy, Fantastique)

Angel (L.A. Weatherly)

Amis du jour, bonjour !

Mon esprit est loin tout là-haut, dans le ciel bleu, au-dessus de la bulle parisienne saturée de gaz et de stress, mais le cœur y est. Recentrons-nous. Un gros pavé (mais ne vous y fiez pas, c’est écrit assez gros et le papier est épais) que je voulais absolument lire lorsque j’ai vu la couverture pour la première fois au service maquette.

Williow est un peu à côté de la plaque. Contrairement aux adolescentes dites « normales », elle aime la mécanique, déteste la mode, vit chez sa tante où elle doit s’occuper de sa mère (qui évolue dans son monde depuis la naissance de sa fille), et voit le futur des gens. Elle décide de se mouiller le jour où, après avoir eu une appartition, sa brillante et parfaite mais insupportable camarade de classe décide de dédier sa vie à l’église des Anges. Mais ces anges, qui apparaissent un peu partout, sont loin d’être de pacifiques êtres célestes : ils sont en fait des envahisseurs qui se nourrissent de l’aura des humains. Alex, chasseur d’anges, croit reconnaître en Willow les traits de ces monstres. Elle est pourtant si humaine ! Dans leur quête de vérité, Alex et Willow tenteront de sauver le monde, épaulés par une organisation gouvernementale ultra-secrète. Mais gare aux faux-semblants…

Une façon originale d’écrire les anges, qu’on apprécie beaucoup. On reste dans le schéma ado-qui-ne-rentre-pas-dans-le-moule, héroïne d’une prophécie que les monstres redoutent. Et bien entendu, on retrouve la traditionnelle histoire d’amour entre deux protagonistes qui, au départ, n’ont rien à faire ensemble. Bref, tous les ingrédients sont présents pour faire de ce roman une périlleuse aventure, pleine de rebondissements…

Pour être totalement franche cependant, il y a aussi pas mal de répétitions, peut-être quelques longueurs… Cela dit, l’histoire reste bien menée ; l’auteur joue pas mal la corde du suspens, et pour une fois, le happy ending n’est pas évident (en même temps, c’est le premier tome d’une trilogie). On attend le second tome, qui amènera on l’espère un début de solution à l’invasion qui a commencé dans le tome 1. Pas mal…

Pour info :
Gallimard Jeunesse, Collection Grand Format Littérature, série Roman Ado, 528 pages, 19,30€ chez votre libraire (13,99€ sur les plateformes de téléchargement légal, type ePagine)

Publié dans Le mot du jour

Le mot du jour

Amis du jour, bonjour !

Je sèche le pot annuel post-foire de Bologne (enfin, pas totalement, j’ai goûté le jambon et le fromage) pour venir poster le mot du jour, croisé ce matin dans les news quotidiennes.

Le mot du jour : nomophobie.

Non, rien à voir avec une quelconque et lointaine racine grecque. Quoi que… si je le voulais, je pourrais vous dire qu’en cherchant bien, nomos, la loi en grec ancien, et phobia, la peur, pourraient signifier ensemble « la peur de la loi ». Que nenni ! Le mot est même tout neuf, et vient de sortir de la petite tête des chercheurs de YouGov, une organisation en grande Bretagne qui a été chargée de mener une enquête sur l’utilisation du mobile aujourd’hui.
Le terme est en effet une contraction de « no-mobile phobia« , que l’on pourrait traduire par « peur d’être sans téléphone ». Autrement dit, il s’agit pour les utilisateurs de téléphone mobile de la peur de se privé de leur engin et de leur connectivité. Les symptômes sont simples : peur de ne pas avoir de réseau, d’éteindre son portable, d’oublier son portable, bref, de se retrouver sans moyen de communication même pour une durée limitée.

Cette phobie touche aujourd’hui une grande partie de la population. La maladie du XXIe siècle sera certainement le manque de vie privée, lorsque vous devez absolument être joignable partout tout le temps. Alors disons qu’on pourrait au moins essayer de l’éteindre pour dormir… qu’en dis-tu sœurette ?

Publié dans Bouquinade, Litté de l'imaginaire (SF, Fantasy, Fantastique)

Magnus Million et le dortoir des cauchemars (J.-P. Arrou-Vignod)

Ce bouquin, j’ai dû le lire en octobre dernier, et je ne sais pas pourquoi, j’étais certaine de l’avoir déjà chroniqué. Une lecture-boulot pour le salon de Francfort, pas désagréable cela dit…

Crédits couverture : Karim Friha © Gallimard Jeunesse

Magnus est un jeune garçon un peu particulier : jeune homme de 14 ans pas très courageux mais assez imposant, fils du richissime Richard Million (qui ignore totalement son propre fils depuis la mort de sa femme), il a bien du mal à se tenir éveillé. Pas qu’il soit paresseux, mais à la moindre émotion forte, il est pris… de crises de narcolepsie ! Et c’est un peu embêtant, surtout lorsqu’un gaz vert apparaît subitement dans la ville et donne vie aux pires cauchemars des dormeurs. Magnus, puni pour avoir semé le trouble, se retrouve consigné dans le dortoir qui abrite les brutes de l’école. Malgré lui, il va se retrouver mêlé à une lutte pour le pouvoir, ainsi qu’à une rébellion pour l’égalité… et découvrir qui était vraiment sa mère.

Le jeune Magnus est un personnage haut en couleur, carrément décalé. Courageux malgré lui, un peu dégingandé, fier comme pas deux, il pourrait être attachant. Son garde du corps improvisé, Mimsy Pocket, menue et vive, pourrait nous faire penser à une petite fée agaçante dont le bourdonnement des ailes tape sur les nerfs. Le complot est bien monté. Mais alors quoi ?

Un roman bien sympa, même s’il manque un je-ne-sais-quoi. Tous les ingrédients sont pourtant réunis pour faire prendre la mayo. Le problème, c’est qu’on ne va pas au bout de la chose. C’est un peu du déja vu, on a une école, un peu de lutte des classes, un peu de combat pour la justice, un peu d’un fils qui manque de son père, un peu de surnaturel. Même si tout ça est lié, on ne voit pas trop où ça nous mène et le message n’est pas très clair pour moi. Dommage. J’attends néanmoins votre avis perso, je peux me tromper.

Pour info :
Galimard Jeunesse, collection Grand Format Littérature, 368 pages, 17,50€ chez votre libraire
Présentation ici.

Publié dans Albums, Bouquinade

L’histoire en vert de mon grand père (Lane Smith)

L’autre jour, ma collègue Hélène qui travaille à la fabrication, est descendue avec des petits cadeaux dans les bras : des nouveaux titres qui arrivaient tout juste de chez l’imprimeur. Pas peu fière de nous montrer ces petites merveilles, elle nous en a sorti un dont je suis immédiatement, indupitablement et irrévocablement tombée amoureuse…

Crédits couveture : Lane Smith, © Gallimard Jeunesse

Je vais commencer comme pour les petits : c’est l’histoire d’un petit garçon qui nous raconte l’histoire de son arrière-grand-père à travers des arbres taillés. De sa varicelle à la guerre, en passant par son mariage et ses enfants, on retrace la vie de ce vieil homme, qui, pour ne pas oublier sa vie, la taille dans son jardin.

Les dessins sont magnifiques (je ne suis pas objective, ils sont verts et noirs, et j’adoooooore le vert), et très évocateurs. La subtilité tient du mélange entre les illustrations des souvenirs, vertes, pleines, et les personnages réels, plus discrets, dessinés au crayon de bois et parsemés de touches discrètes de vert. Gallimard décrit ainsi son livre : « un jardin où l’imagination ressuscite ce que la mémoire a effacé »… une manière de dédramatiser la vieillesse et les changements qui s’y rattachent. À lire absolument avec vos bouchons (ou à lire vous-mêmes d’ailleurs) !

Pour info :
Gallimard Jeunesse, collection Albums Gallimard Jeunesse, 32 pages, 13,50€ chez votre libraire

Publié dans Bouquinade, Roman

La Délicatesse (David Foenkinos)

Comme une envie de littérature adulte après tous ces grands récits adolescents… Et une histoire d’amour improbable, c’était fait pour moi. Pas de bovarisme là-dedans (= pas d’identification extrême au personnage), juste une envie subite de lire un truc probable où l’homme n’est pas chasseur de créatures étranges, et la femme pas une hybride moitié vampire, moitié ange. Et un truc facile. La Délicatesse était tout indiqué.

La rencontre de Nathalie et François a tout du conte de fées. Il a un coup de foudre, l’aborde, elle accepte de prendre un verre. Et pour un jus d’abricot, il l’épouse. Leur bonheur est parfait… mais visiblement pas fait pour durer. Lors de son footing dominical, François meurt d’un accident stupide. Nathalie n’a plus rien, ne veut plus rien. Elle finit par noyer sa peine dans le travail. Arrive Markus. Markus, c’est le type pas beau, passe-partout. Pas plus ni moins que tout le monde. Le suédois d’une boîte française appartenant à une holding suédoise. Pourtant, lorsqu’il entre dans le bureau de Nathalie ce jour-là – Nathalie dont il a intégré l’équipe de travail – elle se lève et l’embrasse. Puis se rassied, et reprend le cours de leur discussion. Pour Nathalie, il ne s’est rien passé. Pour Markus, c’est le premier jour du reste de sa vie. Et si cette banalité apparente cachait bien plus ?

Comme je le disais, une belle histoire d’amour, simple, touchante. Pleine de délicatesse, le livre porte bien son nom. Et les personnages sont tellement authentiques ! Par exemple, Markus, c’est le cheveu sur la soupe de cette histoire. Le cheveu sur la soupe ou l’homme de la situation, j’avoue que j’hésite. Toujours est-il que le résultat est là. Un peu naïf, il est pourtant le seul à pouvoir approcher Nathalie. Et Nathalie, qui essaie de se tenir à flot. À travers qui on tente de comprendre « l’après ». L’après-apocalypse, l’après-tsunami, la perte, l’absence.

Pour moi, le livre n’a rien d’une révélation. Le battage médiatique tient tout au plus à l’universalité du sujet, et à l’évidence du texte. Parce que, oui, il se pose comme une évidence, d’une simplicité reposante, et pourtant émotionnellement tellement riche ! On a l’impression de redevenir des enfants, qui voient la vie de Nathalie se reconstruire comme ils construiraient des maisons en Lego, patiemment, pièce par pièce. Bref, hommes et femmes, je vous le conseille, parce qu’on passe sincèrement un bon moment.

PS : je n’ai pas aimé le film. Pour moi, David Foenkinos, qui est à la fois l’auteur du livre et du scénar du film, n’a pas su se départir de son roman, ni prendre le recul nécessaire. Dommage.

Pour info :
Gallimard, collection Blanche (ou Folio), 200 pages, 16€ (pour l’acheter : bougez vos fesses chez le libraire en bas de chez vous !)