Publié dans Mini-interview

5 questions à : Alex Flinn

Bonjour à tous !

Il y a quelques semaines, une jeune fille m’a questionnée à propos de A Kiss in Time, de Alex Flinn. Je n’ai malheureusement pas pu la renseigner (oui, mon immense savoir a des limites), mais ça m’a fait penser à cette mini-interview qu’elle m’avait accordée par email après ma lecture de Sortilège et de A Kiss in Time. Que voici donc :

« Parlez-moi un peu de vous : depuis quand écrivez-vous ?

Je pense que j’ai toujours écrit. Cela dit, j’ai également étudié la musique, et j’ai pratiqué la profession d’avocate pendant 10 ans. Mais j’ai vraiment commencé à écrire avec dans l’idée d’être publiée en 1996.

Pourquoi vous définir comme écrivain « jeunes adultes » ? Prévoyez-vous d’écrire un livre pour adultes ?

Je me définis comme telle parce que « jeune adulte » est un genre aux US, et que c’est la catégorie dans laquelle je pratique (le genre « young adults », « jeunes adultes » en français, a en effet fait son apparition dans la littérature anglo-saxonne, et a permis de mettre en valeur une littérature qui n’entrerait plus dans la catégorie jeunesse, mais pas encore dans la catégorie adulte… selon moi, c’est aussi une super opé de com. pour décomplexer les 18-25 ans qui s’intéressent à une littérature que l’on peut difficilement qualifier d’adulte, mais aussi pour contenter ces ados qui ne veulent plus être appelés « enfants » ou « jeunes »,  nldr). Cela dit, je ne projette pas d’écrire pour les adultes. J’aime écrire pour les ados.

Quels types de livres aimez-vous lire ?

J’aime lire tous les types de livres ! D’ailleurs, je fais partie de deux clubs de lecture pour élargir mes horizons au maximum.

J’ai vu que vous écriviez également beaucoup sur les problèmes que rencontrent les jeunes (le besoin d’appartenir à un groupe, la famille, les questions identitaires, les responsabilités, etc.) : s’agit-il d’un vécu ? Sinon, pourquoi avoir choisi de traiter ces sujet ?

Non, je n’ai rien expérimenté de tel, mais je me suis beaucoup renseignée sur ces sujets, et j’ai laissé mon imagination faire le reste. Je trouve intéressant d’aborder ces questions-là. Elles sont très importantes pour le développement des futures adultes.

Pourquoi reprendre des contes de fées ? Quel est votre favori ?

J’adore les contes de fées, et je pense que les enfants de nos jours en lisent beaucoup moins qu’ils n’ont pu le faire auparavant. Quand j’étais moi-même enfant, nous n’avions pas de DVD, alors au lieu de regarder la télévision, on lisait. Aujourd’hui, les enfants sont beaucoup moins familiers des contes, en dehors des versions qui sortent au cinéma ou à la télé.
La Belle et la Bête, La Belle aux bois dormants et Raiponce sont mes contes favoris. Mon livre à venir, Cloaked (littéralement en français « encapé » ou « enveloppé »), reprend des contes un peu moins communs, et met en scène les elfes, un cordonnier et l’oiseau de feu. La plupart des enfants ne connaissent même pas ces contes.

D’après vous, les adultes peuvent-ils lire des livres pour enfant, et vice-versa ?

Les adultes peuvent tout à fait lire de la littérature de jeunesse, de même que les enfants peuvent lire des livres pour adultes. Cela dit, la littérature dite « jeunes adultes » est appropriée aux adolescents, et met en scène des personnages de leur âge. Je peux très bien adorer un livre, mais ma fille de 15 ans peut ne pas s’y retrouver parce qu’elle a vécu des expériences différentes. C’est la raison pour laquelle la littérature « jeunes adultes » est si parlante pour les jeunes. »

Merci à Alexandra Flinn d’avoir pris le temps de répondre à ces quelques questions.

Publié dans Bouquinade, Litté de l'imaginaire (SF, Fantasy, Fantastique)

Alice au pays des merveilles (Lewis Carroll)

Amis du jour, bonjour !

Sous mon ciel de Paris gris-souris, j’ai un peu de mal à avancer dans mes lectures. L’Alice de Carroll refermé, je me suis jetée dans un petit Malzieu… qui a fini d’assombrir le ciel de mes journées… mais ça, c’est pour plus tard. Et une première sur ce blog, parce que pour une fois, c’est à ma maman que je dois cette lecture, et à son enthousiasme après la lecture du premier tome.

Sarakontkoi ?
Alice est une petite fille fantasque, rêveuse. Elle se parle à elle-même, se réprimende, et possède une logique à toute épreuve… une logique qui lui est bien propre. Lorsque, en promenade dans un parc, elle suit un lapin blanc étrangement vêtu, elle se retrouve dans un monde totalement farfelu où notre logique d’adulte n’a plus cours…
Dans De l’autre côté du miroir, Alice traverse le miroire de son salon et se retrouve au pays du Miroir. Dans cet autre salon, qui ressemble étrangement au sien, elle rencontre la reine blanche et la reine rouge. Alice aussi veut devenir reine. Mais pour ce faire, elle doit d’abord traverser l’échiquier géant qu’est le pays. De rencontre en rencontre, Alice se perd, se retrouve, et approche de son but. Jusqu’à l’apothéose finale.

Tenpenskoi ?
Cette version-là contient les deux titres de Carroll, Alice au Pays des merveilles et De l’autre côté du miroir. Je sais ce que vous vous dites : on ne chronique pas du Carroll. Carroll est au-delà du stade de la critique. Les études qui ont été faites sur lui dépassent bien souvent le niveau universitaire. Mais laissez-moi tout de même vous donner un avis personnel.

J’ai préféré le premier tome au second. Parce qu’il était plus léger, moins déboussolant, et que même un adulte, avec un reste de folie enfantine en tête, pouvait suivre Carroll. Alors, peut-être que trop de Carroll tue le Carroll, mais ces personnages fantasques, ces dialogues sens dessus-dessous m’ont fatiguée dans le second livre. Alice demeure tout de même une enfant délicieuse dont j’ai beaucoup apprécié la logique et la vision très personnelle des choses. Je trouve cependant, et c’est fort dommage pour nous, lecteurs étrangers, que la traduction abîme le texte et l’esprit facetieux de Carroll. Ses jeux de mots, malgré les efforts exceptionnels du traducteurs, ne sont expliqués qu’en notes de fin de livre. Pas terrible. C’est comme si on vous racontait une blague que vous ne comprendriez pas. Quand on vous l’explique, ça a tout de suite moins d’impact. Un bon point pour la préface de Jean Gattégno, spécialiste de Lewis Carroll, qui nous éclaire beaucoup sur l’univers onirique de l’auteur et les circonstances de son écriture.

Pour info :
Gallimard, collection Folio, 374 pages, 8,10 € chez votre libraire

Publié dans Bouquinade, Roman

Quatre filles et un jean : Pour toujours (Ann Brashares)

ATTENTION : AVANT-PREMIERE

Amis du soir, bonsoir !

Et je l’ai fait ! Le dernier Quatre filles et un jean, l’ultime aventure de Tiby, Carmen, Lena et Bridget, repose maintenant sur l’étagère de ma bibliothèque réservée aux livres lus. Pari risqué puisque bouquin entamé hier. Et c’est les cils encore bordés de larmes que je vous rapporte (quasi en direct) cette dernière lecture. Et comment mieux fêter mon 200e billet ?

Sarakontkoi ?
On prend les mêmes et on recommence. Tiby, Lena, Bridget et Carmen, dix ans après la fin du dernier tome. Elles se sont éloignées. Carmen a maintenant un petit rôle régulier dans une série à succès, est fiancée à Jones et vit dans un loft à la déco aseptisée. Lena donne des cours de dessin, apprend (enfin !) le grec et vit dans son studio/atelier, où elle passe sa vie à attendre. Bridget bouge d’appartement en appartement, traînant Eric dans son sillage, sans vraiment trouver de place ou de job qui lui convienne. Et Tiby… Tiby fait la morte en Australie, où elle vit avec Brian depuis deux ans. Bref, elles en sont toutes plus ou moins au point mort, jusqu’au jour où Tiby leur envoie à toutes un billet pour la Grèce, et leur propose de se réunir là-bas. Mais rien ne se passe comme prévu, l’impensable arrive, et les pousse à questionner la force des liens qu’elles pensaient avoir tissés…

Tenpenskoi ?
Je ne peux pas vous décrire la fébrilité et l’appréhension avec lesquelles j’ai ouvert ce bouquin. J’ai grandi avec ce quatuor, et quoi que l’auteur en fasse, j’avais très peur de ce qui allait en ressortir. On ne reprend pas ses personnages 10 ans plus tard pour leur faire tranquillement danser la valse ! Il allait se passer quelque chose. Je me souviens, jeune lycéenne, combien j’aurais voulu ressembler à Bridget, être aussi douée que Lena, avoir le tempérament de Carmen et l’œil et la sagesse de Tiby.

Rassurez-vous, tout y est, même si les pièces se mettent en place petit à petit. Ann Brashares a le don pour faire se croiser des destinées, et faire qu’elles se manquent de peu, jouant avec les nerfs du lecteur. Mais vous et moi, chers lecteurs de la première heure, ne nous laissons pas prendre. Et si Ann a fait un pari osé qui aurait pu détruire tout ce qu’elle a construit sur les 4 tomes précédents, elle l’a remporté avec succès, haut la main. Toujours dans cette finesse psychologique (elle connaît sur le bout des doigt les labyrinthes de ses héroïnes, étriqués, compliqués, mais tellement différents, tellement intenses), elle fait ce qu’elle n’avait pas fait dans les quatre premiers tomes : elle fait de ses filles des adultes. Mention pour ceux qui trouveraient la fin cul-cul : j’ai envie de dire « WTF » ? Lisez Goethe si vous voulez vous suicider. Moi ça m’a requinquée. À lire d’urgence ! (Ma coupine-libraire Charlotte nous dira si on peut lire le 1 et passer au 5 directement).

Pour info :
Gallimard Jeunesse, Grand format littérature, 422 pages, 18 euros chez votre libraire (sortie le 7  juin… jeudi !)

Publié dans Non classé

La Brigade des fous : Blackzone (Philippe Le Roy)

ATTENTION : AVANT-PREMIÈRE

Amis du lundi, lève-tôt post week-end, je vous souhaite bien le bonjour et la bienvenue dans cette nouvelle semaine !

Au programme aujourd’hui, du thriller… Du thriller jeunesse, attention. Vous souvenez-vous de Décollage immédiat, que j’ai chroniqué il y a quelques temps ? Eh bien Rageot continue sur sa lancée, avec la collection Rageot Thriller dont voici la bande-annonce (c’est pas très long, et ça déchire de la mort qui tue, faites-vous plais’ !) :

rageot thriller

Donc, sur conseil de ma très chère Clour, et face à son enthousiasme débordant, je me suis, moi zaussi, lancée dans l’aventure du réel. Et franchement… Bref, voici la couv’ en avant-première (eh eh).

Crédits couv : © PeskyMonkey/Getty Images pour Rageot Editeur

Cannes, la Croisette. Suite à un double meurtre particulièrement sanglant, le jeune Diego, trisomique de 16 ans et véritable Hulk, est accusé d’avoir tué son père et l’autre homme, un inconnu. Le docteur Scheffer, pédopsychiatre de renom, tente de communiquer avec lui pour affirmer ou infirmer cette hypothèse. Mais Scheffer a d’autres projets pour le jeune homme : développer son handicap, son don : sa force, et l’intégrer dans son équipe de jeunes prodiges destinée à sauver le monde des catastrophes écologiques. La particularité de ces jeunes : tous présentent des anomalies mentales qui ont été canalisées pour être utilisées comme des dons : autisme, bipolarité, envies suicidaires, hyperactivité, sens de la stratégie hyper-développé dû à un enfermement dans le monde virtuel des jeux vidéos. Cette « brigade des fous » est envoyée sur sa première mission pour démenteler un trafic d’ailerons de requin. Mais s’il s’agissait de bien plus…?

Et là, je dis « ouah » ! L’idée de départ, déjà hyper innovante, est extrêmement bien développée. Les personnages qui traînent leur boulet sont tellement attachants ! Sans oublier qu’ils sont, disons-le clairement, complètement tarés. Et ils se complètent les uns les autres. Ca aurait pu très vite tourner à une sorte de cirque des monstres, et pas du tout ! Et pour une fois, pas de supers pouvoirs. Les jeunes accomplissent leurs exploits parce qu’on a su exploiter ce que d’autres auraient tenté de refouler (n’oublions pas le slogan de la collection : « Osez l’aventure du réel »).

Personnellement, je n’y connais rien en écosystème, en craquage de code, ou en psychiatrie, mais la plume de Le Roy rend tout ce petit paquetage totalement crédible. Alors s’est-il beaucoup documenté ? Est-ce un sujet qui le touche ? Ou bien a-t-il joué la superbe carte du bluff ? Aucune idée, mais je lui tire mon chapeau, parce que tout est magnifiquement orchestré. On ne s’ennuie pas une seconde, et le tout est extrêmement facile à lire. On espère en entrendre parler de nouveau. À lire !

Pour info :
Rageot éditeurs, collection Rageot Thriller, 256 pages, 9,90€ (chez votre libriaire le 6 juin 2012)

Publié dans Bouquinade, Litté de l'imaginaire (SF, Fantasy, Fantastique)

Sentiment 26 (Gemma Malley)

Amis du jour, bonjour !

Une petite chronique avant de reprendre le boulot sérieusement, histoire de digérer un peu. Une lecture conseillée par Maelle, grande fan de Gemma Malley.

Sarakontkoi ?
2065. Après une guerre monstrueuse, le Guide Suprême pense avoir trouvé un moyen de banir à tout jamais les atrocités engendrées par les humains. Evie vit donc dans la Cité, une sorte d’Eden où l’on opère les gens afin qu’ils ne ressentent plus de sentiments. Plus de sentiments, plus de conflits. Les habitants y sont classés de A (Admirables) à D (Déviants). Mais malgré son étiquette B (Bon) Evie ressent. Elle aime Raffie autant qu’elle déteste Lucas, son futur époux et le grand frère de Raffie. Dans la Cité, ressentir est dangereux.

Tenpenskoi ?
Pas mal du tout. Le postulat de départ – les hommes se laissent guider pas leurs sentiments et sont donc des créatures faibles – est très intéressant. Et encore une fois (puisque c’est le principe de la dystopie), on voit comment une bonne intention poussée à son paroxysme peut vite devenir abusive et servir de prétexte à la soif de pouvoir de certains. Les jeunes remettent le Système en question, certains de manière innée, d’autres se laissent convaincre. Et la chute, que l’on attendait tout de même un peu, n’est pas si décevante.

Je reprocherais peut-être à l’action de se dérouler un peu vite. Evie s’enfuit avec Raffie, bon. Et ils trouvent les rebelles, et ils vont combattre la Cité. Tout est très attendu. Evie, toute intelligente qu’elle soit, a tout de même des intuitions de malade qui servent un poil trop le pitch du roman ; et parfois, elle et Raffie sont juste une bande de têtes à claques niaises qu’on a du mal à encadrer. Et puis, il y a cette ambiguïté avec Lucas, qui est là, mais qui n’est pas exploitée plus que ça. Pire, qui ne mène à rien. Le tout se termine un peu vite, et nous laisse sur notre faim. Bref, dommage. Visiblement, il vaut mieux essayer La Déclaration. Ca sera pour la prochaine fois !

Pour info:
Michel Lafon, 315 pages, 15,95 euros (chez un bon libraire, TVA comprise)

Publié dans Le mot du jour

Le mot du jour

Chose promise, chose due. Binôme, voilà notre mot du jour.

Le mot du jour : croquignolet.

Un mot à ajouter à votre vocabulaire, tout mignon, tout adorable. D’ailleurs, c’est ce qu’il signifie : mignon (ou bizarre, voire agaçant dans certains autres cas).
La croquignole est à la base une petite pâtisserie sèche, dure et croquante. Mais elle désigne également une chiquenaude (plus communément appelée « pichnette ») sur la tête.

En bref, que ce soit adorable ou agaçant, moi je trouve ce mot cromignon !

Publié dans Bouquinade, Litté de l'imaginaire (SF, Fantasy, Fantastique)

Fièvre d’ombre, Les chroniques de MacKayla Lane : 5 (Karen Marie Moning)

Amis du jour, bonjour !

Aujourd’hui, c’est mardi. Et mardi c’est… ? Mardi ces les bouquins-qu’on-a-lus-y’a-super-longtemps-mais-qu’on-avait-la-flemme-de-chroniquer. Bref, mardi jour du repenti. Et je dramatise à peine. En même temps, c’est pas facile de chroniquer un tome 5 quand le reste est loin loiiiiiiiin derrière. J’en profite au passage pour introduire ici les trois personnes qui on initié cette lecture : Orielle, Mérédith, et l’intermédiaire sans qui rien ne serait arrivé, ma petite sœur Jill.

Sarakontkoi ?
La sœur de MacKayla est retrouvée morte dans une ruelle de Dublin, sauvagement assassinée. C’est pourquoi cette dernière, dans le tome 1, n’hésite pas à foncer en Irlande pour trouver le meurtier et lui faire mordre la poussière. Au lieu de cela (pour rappel), elle découvre qu’elle a le pouvoir de voir les Faes (des créatures d’une autre dimension) et de sentir leurs objets de pouvoir (OP). Entre un prince Fae insistant et un sombre et mystérieux libraire, elle a du mal garder le cap sur la mission qu’elle s’est fixée. Dans ce tome 5, elle se croit obligée de s’allier au meurtrier présumé de sa sœur pour trouver l’un des objets de pouvoir les plus puissants qui existent et reconstruire le monde tel qu’elle le désire, en effaçant bien sûr la mort de ceux qu’elle aime. En même temps, elle sait qu’elle n’est pas humaine, et se demande si elle n’est pas l’incarnation d’un puissant esprit Fae. Entre recherche d’identité et besoin de vengeance, elle pourrait bien se perdre… ou se trouver.

Tenpenskoi ?
Pfiou, il était temps qu’elle le ponde celui-ci, on aurait fini par tourner en rond. Et encore, c’est sans aucun doute le tome le plus riche de la série. Pas en termes de qualité, plutôt en termes de quantité. Ce dernier tome renferme toutes les réponses aux questions que le lecteur s’est posées au fil des tomes, et notamment QUI/QU’est MacKayla, et qu’est-ce qui ne tourne pas rond chez elle ? On passe donc du chaud au froid tout au long du bouquin ; les révélations s’enchaînent, les personnages se dévoilent à demi-mots jusqu’au grand final, les 60 dernières pages environ. Et là… on se dit qu’on a bien fait de continuer !

Enfin les réponses ! Enfin, on arrête de tourner en rond tels des félins impatients, prisonniers de leur cage romanesque. Et on a envie de dire : il était grand temps ! D’ailleurs, je viens de découvrir une chose : la série entière fait partie d’un genre que l’on appelle l’érotico-fantasy. Une sorte d’Harlequin « faërique » (entendez peuplé de créatures fantastiques). Je me disais aussi… certains passages, notamment dans les tomes 4 et 5, avaient fait chauffer mes draps. Pas étonnant ! Bref, l’histoire n’en est pas moins haletante (rho, tout de suite… !), et la série reste un excellent divertissement.

Pour info :
J’ai Lu, collection Semi-poche, 889 pages (12€ chez votre libraire)

Voir aussi :
Tome 1 : Fièvre Noire
Tome 2 : Fièvre Rouge
Tome 3 : Fière Faë
Tome 4 : Fièvre Fatale
(Oui, les noms auraient dû me mettre la puce à l’oreille plutôt que l’eau à la bouche).

Publié dans BD, Bouquinade

L’Appel des origine, tome 2 (CALLEDE / SÉJOURNÉ / VERNEY)

Amis du vendredi, bonsoir !

Je suis heureuse de vous présenter le nouveau visage de mon cher blog. Je commence donc cette nouvelle phase par un nouveau volume de L’Appel des origine, le deuxième du nom.
Le tome 1 est chroniqué ici.

Sarakontkoi ?
Harlem, dans les années 20. Anna, jeune serveuse métisse, a découvert la véritable identité de son père. Elle a décidé avec l’aide de Simon, le conservateur de musée dont elle a fait la connaissance au cours de son enquête, de partir à sa recherche en Afrique. Leur expédition est financée par un riche producteur, qui a dans l’idée de tourner un film d’aventures dont Anna serait l’héroïne. Mais d’imprévus en catastrophes, ils se rendent compte que le voyage ne sera pas de tout repos, et leur réserve bien des surprises, et quelques découvertes au passage.

Tenpenskoi ?
Je n’ai pas plus de commentaires à faire que pour le tome précédent. Mes remarques sont les mêmes. Des illustrations toujours aussi fraîches, et l’intrigue qui se développe et s’approfondit. Bref, ça suit son cours, et coupe juste à temps pour nous faire trépigner d’impatience en attendant la suite. Un très bon moment.

Pour info :
Glénat / Vents d’Ouest, 56 pages, 13,90€ chez votre libraire

Publié dans Bouquinade, Utopie / Dystopie

Hunger Games (Suzanne Collins)

Bouleversée.

Bouleversée, je pense que c’est le mot. Tout commence par une séance de ciné à reculons (mpf, encore un stupide film pour ados, catastrophe et fin du monde garantis). Je suis sortie estomaqué, les cuticules arrachées, les jambes flageolante, mon esprit refusant de reprendre pieds dans la réalité. Pas que les acteurs ou la musique ou quoi que ce soit aient été si mémorables. Mais on sentait qu’on venait d’assister à quelque chose de grand, qu’on nous avait montré des choses que la bienséance oblige à cacher, et ce avec un naturel désarmant. Alors, je me suis dit : « pourquoi pas les bouquins ? » Et me voilà, prisonnière une semaine et demie de cette trilogie haletante… Je vais faire une exception dans mon protocole habituel, cette fois, je vous présente la totalité de la série sur un billet. Et pour commencer, un pitch général.

Sarakontkoi ?
Panem (ex-USA, apprend-on au cours d’un des tomes), dans un futur pas si lointain. Le pays a été divisé en 13 districts, gravitant autour d’une capitale, le Capitole. Suite à un soulèvement des districts contre le Capitole, la victoire de ce dernier et l’anéantissement du District 13, chaque district doit fournir une fois par an un garçon et une fille âgés de 12 à 18 ans. Les 24 « tributs » sont enfermés dans une arène géante où ils doivent s’entretuer, pour le plus grand plaisir des téléspectateurs du Capitole. Seul l’un d’entre eux sort vainqueur de ces Hunger Games, les jeux de la faim.

Dans ce premier tome, Katniss Everdeen et Peeta Mellark sont désignés comme tributs pour représenter le District 12, l’un des plus petits et des plus pauvres des ditricts, lors des 74e Hunger Games. Ils se connaissent à peine, mais c’est ensemble qu’ils traversent le pays, accompagnés de leur mentor Haymitch, un ivrogne, ex-vainqueur des 50e Hunger Games, pour se rendre au Capitole. Là, ils sont préparés, chouchoutés, entraînés, interviewés, puis envoyés dans l’arène. De stratégie en combats sanglants, de souffrances en alliances impérvues, ils se battent pour leur survie…

Katniss et Peeta sont devenus des célébrités. Alors que Katniss a ravivé les braises de la rébellion en défiant l’autorité du Capitole dans l’arène, ils sont tous les deux envoyés en tournée à travers les districts. Sous la menace du président Snow, Katniss tente de faire son possible pour étouffer les élans révolutionnaires. Mais elle ne fait que jeter de l’huile sur le feu, et la punition ne se fait pas attendre… Mais cette fois, Katniss jure de protéger Peeta.

Broyée par les épreuves qu’elle a dû traverser, Katniss est récupérée par les rebelles. Elle retrouve avec eux sa mère et sa sœur qui ont fui à temps le District 12, bombardé et rayé de la carte en guise de punition. Coin, la « chef » de la rébellion, insiste pour que Katniss soit le visage du mouvement anti-Capitole, mais tout ce que veut cette dernière, c’est une vengeance contre Snow, qui lui a volé sa maison, sa vie, et Peeta. Quand les intérêts généraux rejoignent ses intérêts personnels, Katniss se décide à être celle qui réunira et unifiera les foules…

Tenpenskoi ?
Voilà des résumés bien pauvres, qui masquent toute la profondeur et la complexité de cette trilogie. L’héroïne est en fait une jeune fille banale, bien incapable de prendre des décisions importantes autrement que sous l’impulsion du moment et la nécessité de survie. Elle se retrouve malgré elle hissée au rang d’effigie de la rébellion, quand elle n’aspire qu’à sauver ceux qu’elle aime. Alors qu’elle s’est battue depuis la mort de son père pour nourrir sa mère et sa petite sœur, elle est catapultée dans un monde opulent où on ne l’engraisse que pour mieux l’envoyer à la mort. Partagée entre des liens extrêmement puissants qui l’unissent à Peeta – qui est le seul à comprendre vraiment ce qu’elle a traversé – et la complicité qui l’unit à Gale – son meilleur et seul ami – elle ne peut se décider à choisir. Impulsive, elle est un élément incontrôlable, pas plus courageuse qu’un autre, mais farouchement décidée à survivre, même au plus profond de son désespoir. Servir une cause, oui, mais comment contrôler un électron libre ?

Il m’a été impossible de m’arrêter après avoir commencé le premier tome. J’ai pleuré jusque dans les tunnels sombres du métro, dans l’atmosphère nauséabonde du RER. L’écriture à la première personne nous plonge dans le récit, et nous donne à voir toute l’horreur de ces massacres perpétrés au nom du pouvoir, de la vengeance. Rien ne nous est épargné, et l’incrédulité de Katniss face à cette horreur humaine laisse toute sa place à notre propre dégoût. Tout est dit, rien n’est dissimulé, et on se sent, comme Katniss, tour à tour utilisés, trahis, perdus, fous de rage. Un tour de magie exceptionnel. Bouleversant. Qui nous pousse à une remise en question de notre vision de la société.

Pour info :
Pocket, collection Pocket Jeunesse (18,15€ par bouquin, et ils en valent le coup !)
Tome 1 : 379 pages
Tome 2 : 378 pages
Tome 3 : 417 pages

Publié dans Le mot du jour

Le mot du jour

Et me revoilà pour une commande spéciale, histoire d’accorder un break à une certaine personne noyée sous les formalités administratives. Enjoy.

Le mot du jour : mâchicoulis

Ce mot, on l’a tous entendu sur les bancs de la primaire (l’école, rien à voir avec le parti socialiste), à l’époque où les cours d’Histoire étaient encore passionnants. On nous parlait alors de Moyen-Âge, de châteaux forts, d’armure, de chevaliers, de seigneurs et de serfs. On nous parlait de féodalité, et de guerres sanglantes. Et on nous parlait de mâchicoulis, ces ingénieuses structures défensives placées sur les contours des tours ou au-dessus des herses (grilles qui blocaient l’entrée du château, en général au bout du pont-levis). Ils sont formés d’une gallerie extérieure percée d’ouvertures servants à lâcher sur les pauvres chevaliers qui passaient en dessous toutes sortes de projectiles / liquides. Comme ceci :

Mâchicoulis du XVe siècle sur la collégiale de Candes-Saint-Martin, Indre-et-Loire
(Source : Wikipedia)

Mais savez-vous pourquoi on appelle ça un mâchicoulis ? Les origines sont un peu obscures, mais le terme viendrait du latin médiéval machecollum, composé de macher « battre, frapper, meurtrir » (issu d’une autre origine que mâcher « mastiquer »), et de col qui veut dire « cou ». Ce dispositif permettait donc de « broyer le cou » des assaillants.

Et on souhaite tous beaucoup de courage à ceux qui sont perdus dans leur montagne de papiers…