Publié dans Le mot du jour

Le mot du jour

Amis du jour, bonjour !

Je vous salue en ce lundi matin où je ne travaille pas. M’enfin, sachez que je viens d’enquiller 6 jours à la suite. Sympathique semaine à Vulcania (mon nouveau job) ! Bref, un nouveau mot pour aujourd’hui (en attendant que je poste enfin la chronique des 10 000 bouquins que je suis en train de lire). Comme quoi, on en apprend partout. Et encore, je vous fais grâce de ce que j’ai appris de termes scientifiques et de volcanologie pendant ma super formation. Le voici donc ce…

Mot du jour : lenticulaire.

Qui n’a jamais saisi une carte postale, un livre ou un marque page que l’on vend à la caisse au bureau de tabac, et ne les a fait tourner entre ses mains pour y voir une succession d’images « en relief » ? Mais si, ces fameuses images qui, selon l’inclinaison qu’on leur donne, sont différentes (exemple : un chat sur la première image, un poussin sur la seconde). Eh bien figurez-vous que ce procédé d’impression est qualifié de lenticulaire. En gros, par un procédé de lentille collée sur deux images découpées en bandes qui s’alternent (une bande du chat, une bande du poisson, une bande du chat, une bande du poisson, etc…), on a une impression de mouvement et de profondeur. Pour raccourcir tout ça, à Vulcania, on parle de lenticulaires tout court (ces belles images que l’on colle sur nos guides de visite et qui vous montrent des animaux fantastiques et autres volcans).

Le procédé entier est expliqué  ici : http://cerig.efpg.inpg.fr/memoire/2011/impression-lenticulaire-realite-augmentee.htm

Enfin un nom sur ces cartes / marque page / livres kitchounets que l’on aime remuer… ! Ah, ça soulage !

Publié dans N'importe quoi

Soir de deuil

Aujourd’hui, pas de mot, pas de livre. Aujourd’hui, un au revoir à un morceau de l’un des monuments les plus importants, les plus marquants de l’histoire de Berlin. L’atteinte à la vie d’un musée à l’espoir. Hier, dans la nuit, 6 mètres du mur de Berlin appelée East-Side Gallery, peinte sur un kilomètre de messages d’espoir imaginés par les plus grands artistes, ont été démantelés pans par pans au profit d’un projet immobilier.

La mairie de Berlin affirme que le mur reprendra sa place après les travaux. Avant d’être de nouveau déconstruit pour laisser la place à un pont et à une piste cyclable. Et si on interdisait les cadenas sur notre pont des Arts, qu’on démontait le dernier étage de la Tour Eiffel, si on interdisait les artistes sur la butte Montmartre ? Si on construisait des bureaux dans les jardins de Versailles ? Je vous laisse voir.

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Publié dans Bouquinade, Policier / Thriller

40 jours de nuit (Michelle Paver)

Amis du jour, bonjour !

Voilà voilà, de retour pour un nouveau roman. Désolée, j’ai mis un peu de temps à le terminer. Pas une question d’apprécier ou pas le bouquin, mais avec le boulot, je m’effondre un peu de fatigue le soir. Et comme j’ai dû vous le dire déjà, je me réveille à 4h du matin, le livre fermé à côté de moi et la lumière allumée. Donc j’y suis allée 3 lignes pas 3 lignes. Enfin, le résultat est là.

Crédits couverture : Lorette Mayon pour Hachette / BlackMoonimage : © Elizabeth Ansley / Arcangel Images
Crédits couverture : Lorette Mayon pour Hachette / Black Moon
image : © Elizabeth Ansley / Arcangel Images

Sarakontkoi ?
Hivers 1937. Jack vit à Londres. Sa vie se résume à une routine dans laquelle il n’est que trop heureux de s’enfermer. Un boulot sans gloire, pas franchement lucratif. Un logement miteux. Des études de physique qu’il n’a jamais pu terminer, faute de moyens. Lorsqu’on lui propose un poste d’opérateur pour une expédition dans l’Arctique afin d’observer le climat et la banquise sur place, son premier réflexe est de refuser. Mais bien vite, il se laisse gagner par le goût de l’aventure et embarque pour le Grand Nord. Deux de ses compagnons n’arrivent même pas jusqu’en Norvège, et c’est à trois — Jack, Gus et Algie — qu’ils débarquent sur la banquise et se préparent aux mois d’obscurité qui les attendent. C’est sans compter sur les superstitions du capitaine du navire, qui maintient qu’il n’est pas sain de s’installer dans la baie de Gruhuken…

Au début, on se dit « bien, le journal d’un explorateur, mais encore ? » Jack y consigne ses pensées, ses soupçons, ses peurs, ses réticences. Mais bien vite, lorsqu’un à un ses compagnons abandonnent l’expédition — qui semble maudite –, ce journal devient son seul compagnon, sans compter la meute de chiens qui l’accompagne. D’une routine scientifique, on assiste peu à peu à une montée de la terreur dans l’esprit de Jack, seul dans la nuit polaire qui durera plusieurs mois. Pires que les tempêtes, les instants de silence lui révèlent les secrets qui hantent la baie.

Tenpenskoi ?
Lorsque ma très chère Aurélia m’a dit que le bouquin était génial, je me suis dit « banco, j’achète ». J’ai même rencontré l’auteure, qui est franchement adorable (et dont, si le sort est avec moi, je pourrai poster une mini-interview sur le blog). En commençant à le lire, je me suis dit « mouais, enfin, les machins à la Cousteau, c’est pas mon truc ». Mais c’est très intelligemment que Michelle Paver distille la terreur dans son roman, pour arriver à une parfaite apothéose dans les derniers chapitres. Un coup de maître !

Pour info :
Hachette, collection Black Moon, 288 pages chez votre libraire

Publié dans Le mot du jour

Le mot du jour

Comme promis, le second billet de la journée. Un mot du jour que j’ai appris durant ma formation volcano(logie). Oui, pour ceux qui ne suivent pas (mais en ai-je parlé ?), je serai à Vulcania pour la saison 2013 (et comme je suis corporate, je vous invite vivement à y faire un tour, si vous êtes curieux). Je m’éloigne. Je disais donc… ah oui :

Le mot du jour : borborygme.

Mais qu’est-elle encore allée nous chercher ? De quoi ça s’agit ? Pour vous l’illustrer, je vais vous raconter un souvenir de lycée : j’étais dans une grande salle d’examen, en plein contrôle de physique, matière dans laquelle je n’ai jamais excellé. Déjà stressée par le contenu de l’énoncé du premier exercice (était-ce écrit en chinois ?), je me tordais de stress devant mon incompréhension. Quand soudain, vers 12h30 (le contrôle avait lieu entre midi et 2h), horreur, mon ventre se met à gargouiller. Mais pas les petits bruits sympas qui font rire les copains, non ! Plutôt du genre à résonner dans le silence total de la salle, si fort que mes voisins se sont retournés. Résultat : j’étais tellement occupée à essayer de contrôler ces borborygmes que je n’ai fait qu’un exercice, auquel je n’avais d’ailleurs rien compris.
En bref, le borborygme est la circulation d’air ou de liquide dans l’intestin, ce qui se traduit par ces petits bruits extrêmement gênants qui rythment les heures pré-repas au bureau. Cela dit, maintenant, vous pourrez toujours le prendre avec humour : « oh, excuse-moi Jean-Claude, ces foutus borborygmes font un boucan du tonnerre, on va casser la croûte ? » Et pour vous, jeunes lycéens, collégiens, étudiants, je vous conseille d’avoir des petites pastilles ou un bonbon à suçoter le temps de vous mettre à table, ça évite les situations gênantes !

Publié dans Albums, Bouquinade

Elza : C’est quand tu veux, Cupidon ! (Didier Levy / Catherine Meurisse)

Bonjour bonjour !

Un long silence, encore une fois. Quelles étaient mes bonnes résolutions, déjà ? Ah oui, poster plus souvent. Enfin, vous me pardonnerez j’en suis sure, parce que je reviens aujourd’hui avec non pas un, mais deux billets (le suivant étant un mot du jour, bande de petits veinards…). Bien, vous souvenez-vous de notre petite Elza, dont je vous avais parlé dans ce billet ? Eh bien, figurez-vous que je me suis fait plaisir en m’achetant l’intégrale sur le salon de Montreuil, il y a quelques mois !

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Crédits couverture : ill. Catherine Meurisse, © éditions Sarbacane

Sarakontkoi ?
Elza, notre jeune adolescente de 14 ans, revient, signe et persiste dans son style à elle. Elle n’en démordra pas, Robert-Louis, c’est pas son type, et Darius Mirouflet, ça va bien 5 minutes, mais faut pas trop pousser non plus. Entre ses lettres à Johnny Depp, et ses réclamations à Marylin Manson, elle trouve tout de même le temps de faire la belle, et de s’inventer des destins extraordinaires…

Tenpenskoi ?
Un éclat de rire en papier, voilà ce que c’est. On déguste les petites histoires de Didier Levy comme une Chupa Chups XXL avec un chewing-gum au milieu : on a hâte de finir pour le chewing-gum, mais on adore suçoter le bonbon ! Et je ne vous parle pas des illustrations de Catherine Meurisse, qui sont la cerise sur le gâteau. Moi j’ai bouffé ça dans le métro, et j’ai prié pour que ça ne finisse jamais.

Malheureusement, le Dieu des livres ne m’a pas écoutée : la série s’arrête, les petits exemplaires en format paysage sont épuisés et il ne reste que les grands formats (dommage). Pas de réimpression prévue, pour cause de réception assez tiède. Bah les gens, vous avez du caca dans les yeux ? C’est un petit bijou ! (Même toi, Romain, tu adorerais.) Penchez-vous dessus, vous m’en direz des nouvelles !

Pour info :
Éditions Sarbacane, 60 pages, 16€ chez les libraires chez qui il en reste (courez, même Amazon est en rade !)

Publié dans Bouquinade, Policier / Thriller

Vagabonde, tome 2 : Le gang du serpent (Hervé Jubert)

Bonsoir à tous !

Voilà un bout de temps que je n’avais pas posté de chronique de roman. Ne m’en veuillez pas, j’ai terminé Les Âmes Vagabondes (relecture rapide avant la sortie du film en avril). Et puis, je lis lentement en ce moment. Je suis épuisée, et je me réveille à 5h du matin, le livre sur le ventre et la lampe de chevet allumée. Mais puisque nous parlons de vagabondage, partons donc sur la piste de Billy Bird, dont vous pourrez trouver le premier tome des aventures ici.

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Sarakontkoi ?
Nous retrouvons notre jeune Billy au début des vacances d’été. Elle attend des nouvelles des ravisseurs de son paternel afin de connaître la teneur de sa prochaine mission. Lorsqu’elle la rate d’un micro-poil, elle n’a plus qu’une solution : trouver un élément qui éveillera l’intérêt des ravisseurs autant que ce pli qu’elle devait récupérer. Elle repart donc à bord de la Vagabonde en compagnie d’Octave, après avoir laissé le jeune Séraphin à son grand-père fantasque. Mais rien ne se passe comme prévu, et le voyage se transforme en une chasse au trésor géante qui les mènera sur les traces d’Alexandre le Grand, de Cordoue à Venise en passant par les Météores…

Tenpenskoi ?
Je ne referai pas les critiques que j’ai faites pour le premier tome. L’auteur signe de son style adulescent le deuxième tome des cette trilogie de plus en plus haletante. On en découvre un peu plus sur les personnages, et paradoxalement, ils sont toujours plus entourés de mystère.

Cette fois, l’auteur va au bout de son récit, dans le bon comme dans le mauvais. Des liens se créent, se renforcent, et Hervé Jubert n’hésite pas à sacrifier ses personnages sur l’autel de l’intrigue. En bref, un deuxième tome charnière, qui révèle juste assez d’éléments pour nous donner l’envie de sauter sur le troisième volume. Clouuuuuuuuuuuur, délivre mouaaaaaaaaaah !

Juste une info, en tant que résidente de la ville où fut rédigé le cahier des charges de la mythique auto, on ne dit pas « dodoch », mais « deudeuch » !!!

Pour info :
Rageot éditeurs, collection Thriller, 240 pages, 9,90€ dans votre librairie.

Publié dans Le mot du jour

Le mot du jour

Hey, bonjour chers amis !

Alors, remis de toutes ces roses, des Mon Chéri dégueulasses que — vous n’avez pas eu le temps de le lui dire encore — votre aimé vous a offerts, et de l’euphorie qui s’en emparée de nos rues en ce 14 février ? Bien, alors revenons aux choses sérieuses. Je viens de rechercher le mot « spécial » dans le dico, pour les besoins d’une prépa de copie, et je n’ai pu m’empêcher de sauter sur mon clavier en tombant sur…

Le mot du jour : spermophile.

Je vous laisse deviner ce qui est passé par mon esprit tordu. Et pour que tout le monde profite de la blague de mauvais goût que j’avais en tête, sachez que le suffixe grec -phile veut dire « qui aime » (ceux qui suivent le blog le savaient, eux). Vous pigez ? Bien. Alors laissez-moi vous détromper de suite, je ne fais pas dans l’éjaculation faciale, ni autre pratique sexuelle douteuse. Non, car le spermophile est… un rongeur ! Proche de la marmotte, il tire son nom de son mode de vie (rho, non, laissez-moi finir !). En effet, l’animal possède des bajoues volumineuses (qui peuvent donc contenir beaucoup de graines) et entasse lesdites graines dans le terrier où il vit.
Alors c’est quoi cette histoire de sperme ? Eh bien, sachez qu’en grec, sperma (σπερμα) qui veut dire la graine ! Oui, oui, on comprend pourquoi on dit que papa a mis la petite graine etc… mais on comprend aussi pourquoi ce grand gourmand de spermophile dévoreur de graines porte bien son nom !

Publié dans Le mot du jour

Le mot du jour

Amis du jour, bonjour !

Remontée de bretelles pour moi, je n’ai toujours pas posté mon mot du jour ! Il s’agirait plutôt de parler d’expression dans ce cas, pour laquelle je remercie mon amie Anne. Donc : merci Anne.

L’expression du jour : lever les suprêmes.

L’autre jour, Anne et moi déjeunions ensemble sur la table basse de mon salon — passage oblige de toute personne débutant dans la vie, sauf peut-être enfant de Rotchild — nous déjeunions disais-je, et discutions cuisine, en bonnes françaises que nous sommes (saviez-vous que nous étions certainement l’un des seuls peuples à autant parler bouffe à table ?). Anne me donne une recette facile de pâtes au saumon et aux clémentines. Et là, elle me dit « il faut lever les suprêmes ». Je la regarde de travers, en m’imaginant porter à bout de bras Diana Ross, Florence Ballard et Betty Travis. Je suppose qu’elle a compris ma perplexité, parce qu’elle m’a dit : « lever les suprêmes, c’est enlever la peau autour des pulpes de la clémentine ». Aaaaaaaah ! « Bien sûr, je me doutais bien que ça n’avait rien à voir avec Diana Ross ! », je lui fais. Tery, grosse menteuse.

En attendant, quand ma maman fait des salades au pamplemousse en me disant d’un air docte que si, je vais aimer, parce que quand elle enlève la peau c’est moins amer, et bah je lui réponds « c’est sûr, si tu lèves les suprêmes, le pamplemousse, c’est plus digeste. »

Publié dans N'importe quoi

Halte au manque d’hygiène… orthographique

Bonjour à tous !

Aujourd’hui,  j’ai quelques mots à vous faire découvrir, mais je les garde pour plus tard. Le sujet de ce billet-ci est sérieux, et va sûrement m’attirer les foudres de mes proches, et probablement de quelques lecteurs. « Intolérante », « élitiste », « crâneuse », va-t-on crier, en me pointant du doigt accusateur du peuple injustement flagellé.

Je ne vous flagelle pas, pas plus que je ne me sens supérieure, plus intelligente ou meilleure. Mais aujourd’hui, il devient vital pour moi de partager avec vous ce détail que chacun semble vouloir ignorer : tout comme vous détestez les pieds qui sentent mauvais, l’haleine de chacal de votre voisin (que vous évitez soigneusement lorsque vous empruntez vos escaliers) ou encore l’odeur de la transpiration de 3 jours de votre copain couverte par un Hugo Boss douteux, je suis dégoûtée par… le manque de respect aux règles orthographiques et grammaticales que j’observe au quotidien.

De la même manière que vous aimeriez que votre voisin adopte une hygiène buccale plus saine, j’aimerais que l’on adopte à mon égard un peu d’hygiène du langage.

Je vous parle souvent de ma maman, lorsqu’elle me conseille des bouquins, ou qu’elle me fait des remarques fort à propos sur tel ou tel sujet. Il est temps de vous la présenter telle que je la vois, telle que je suis fière de la connaître. Toute petite, ma maman n’avait qu’un rêve, un seul : devenir grande. Pas pour conduire, pour boire ou avoir le droit de rentrer à l’heure qu’elle voulait. Non, si elle levait vers les adultes son regard plein d’espoir et d’attentes, c’est parce qu’elle pensait qu’en grandissant, elle arrêterait de faire des fautes d’orthographe.

La peur, la terreur qu’elle ressent aujourd’hui à l’idée d’écrire une lettre n’a d’égal que la déception qu’elle a encaissée en découvrant que l’âge n’avait rien à voir avec les fautes d’orthographe. De la même façon que je ne peux comprendre les mathématiques par manque de logique, elle n’arrive pas à appliquer les règles de français qu’elle connaît pourtant sur le bout des doigts à force de nous les faire répéter. Et parce que cette peur des fautes l’empêche de vivre, elle a décidé que jamais ses enfants n’auraient à subir les humiliations qu’elle a connues. Ainsi, je raconte souvent en souriant qu’à deux ans, je savais déjà écrire le mot nuit. N-U-I-T. « T !!! » a souvent hurlé ma mère avant que je n’assimile l’orthographe tordue du mot qui me hante encore aujourd’hui. Mes sœurs et moi sommes donc fières de posséder ce don de pouvoir écrire sans craindre les moqueries de nos professeurs et de nos amis. Ce qui n’est pas le cas de ma maman, parce que des amis moqueurs, elle en a, qui ne se doutent pas de la lame qu’ils remuent en riant au fond du cœur de la petite fille terrorisée et honteuse qu’elle porte encore en elle.

« Errare humanum est » si vous me permettez l’expression : se tromper est humain. Même moi, par inattention ou par ignorance, je me trompe, et j’orthographie mal, ou bien j’oublie ou je rajoute des « s », je conjugue mal. D’ailleurs, en relisant mes billets, je suis parfois outrée par mes propres erreurs. Je ne juge pas ceux qui, comme ma maman, ne peuvent pas « écrire droit » (signification réelle de « ortho-graphe » en grec ancien). Je ne jette pas la pierre à ceux qui ne SAVENT pas écrire.

Mais pour les autres, comme vous demanderiez à votre voisin de se laver les dents, à votre pote de prendre une douche ou à votre aimé de ne pas enlever ses chaussures, je vous demande, si vous le pouvez, d’arrêter d’écrire n’importe comment parce que c’est plus rapide. Pensez à ce que vous écrivez (déjà, ça vous évitera de dire des âneries), et réfléchissez vraiment à COMMENT vous devez l’écrire. Arrêtez de m’envoyer « sava », lorsque ostensiblement je vous réponds « oui, ça va ». Ç-A espace V-A. Et même, si ça vous fait rigoureusement chier, ne mettez pas la cédille, c’est chiant à trouver sur la plupart des claviers de téléphone. Mais merde, le « s » au pluriel. « Si j’avais » au lieu de « si j’aurais ». De la même façon que les pieds de Jacques vous répugnent, moi c’est cette facilité et cette nonchalance qui m’agacent. Sommes-nous trop biens, trop occupés, trop pressés pour faire un effort d’orthographe ? Alors utilisez des abréviations — dsl, tkt, ms, etc. — mais STOP aux fautes. Si je vous poste des mots compliqués ici, ce n’est pas pour faire la maligne ou faire étalage de ma confiture de culture, mais pour prouver que les mots ne mangent pas, même correctement orthographiés.

Je me souviens avec nostalgie de mes 13 ans en revoyant ma sœur, quand on pouvait faire les malins parce qu’on écrivait en « langage SMS » et que ça faisait bien. Bordel de merde, on a pour la plupart plus de 20 piges, il est temps de grandir, et de prendre le temps de faire les choses correctement. Je ne serai plus le vilain petit canard d’intello qui écrit ses mots en entier. Je ne jugerai pas non plus ceux qui ne savent pas. Ne pas savoir n’est pas un crime. Mais dans notre condition d’humains, ne pas vouloir savoir en est un. Si vous demandez de mes nouvelles, faites-le en deux mots, et je ne quitterai pas mes chaussures dans votre salon. Faites-le pour moi, et faites-le pour elle aussi, ma maman.

Publié dans Bouquinade, Litté de l'imaginaire (SF, Fantasy, Fantastique)

Les Royaumes du Nord (Philip Pullman)

Amis du jour, bonjour !

Laissez-moi donc commencer par vous souhaiter à tous une bonne année, pleine de résolutions tenues (incluant la ponctualité, les régimes et l’abolition de la procrastination)… du moins jusqu’à fin janvier. Me voici me voilà, avec une surprise en revenant sur le blog et en jetant un œil aux stats : mais que vous est-il arrivé ? J’ai un pic monstrueux de visites le 2 janvier ! Plusieurs options :

– après les fêtes, je vous ai tellement manqué que la première chose que vous avez faite en vous relevant de votre indigestion d’huîtres au champagne (avec un peu de bûche glacée dans le vinaigre aux échalotes, ce que je vous pardonne, on n’a pas toujours les idées très claires après quelques verres), je vous ai tellement manqué, disais-je, que vous vous êtes jetés désespérément sur votre PC pour venir checker les nouvelles.

– on vous a offert le bouquin d’un sombre inconnu, vous avez tapé son nom sur Google histoire de voir un peu ce que c’est et de décider si vous allez le laisser croupir à côté de votre lit en vous promettant de vous mettre à lire (tiens, une autre résolution) ou bien vous créer un compte Priceminister pour le revendre (on sait jamais, un pignouf peut très bien être intéressé, lui).

– maman, l’ordi un 2 janvier, c’est pas cool !

Bref, toujours est-il que je vous remercie de la fidélité que vous avez témoignée en 2012. J’espère que notre petite communauté s’étendra, histoire de partager encore et encore ! Et ça promet, parce, eh, pendant les vacances, Super Papa a terminé la bibliothèque dans la maison de campagne familiale ! Un rêve de môme qui se réalise. Une. Vraie. Bibliothèque ! Bref, voici donc ma lecture de Noël, que j’avais sur mes étagères depuis un bout de temps, mais que ma coupine Maëlle et son amour pour Pullman m’ont plus ou moins poussée à lire. Si vous êtes arrivés jusqu’à ce stade du post, félicitations, attachez vos ceintures et c’est parti !

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Sarakontkoi ?
Dans une Angleterre quasi intemporelle, les hommes, les femmes et les enfants naissent avec un daemon, sorte d’appendice de leur âme qui se promène à leur côté sous la forme d’animaux. La jeune Lyra a grandi parmi les érudits de Jordan College à Oxford, sous la tutelle d’un oncle absent. Elle y a développé une grande curiosité et une assurance insolente, et commence à se poser des questions sur les nombreuses disparitions d’enfants. Lorsque son oncle revient à Jordan College, après une de ses expéditions dans le grand Nord, et parle aux érudits de ce qu’il appelle la Poussière, chacun semble mal à l’aise. Lyra ne comprend pas ce qu’est la Poussière, ni pourquoi la belle et brillante Mme Coulter s’intéresse à elle au point de l’emmener avec elle à Londres. Mais lorsque le manteau de charme et d’intelligence de cette dernière se déchire, Lyra s’enfuit pour un voyage dans le Nord, sur les traces de son oncle et des enfants disparus, accompagnée d’une troupe de gitans. Commence un périple semé de dangers, mais aussi de découvertes et de drames.

Je me souviens avoir vu le film il y a quelques années. « Une honte », s’est exclamée Maëlle lorsque je le lui ai dit. « Rien à voir avec le bouquin ». Alors je lui ai répondu que je le lirais. « Fais-le dans un moment de détente, pendant des vacances », m’a-t-elle suggéré. Pullman, c’est un de ses héros. Bref, me voilà donc à me lancer dans cette aventure (une trilogie dont je n’ai pour le moment lu que le premier tome). Je m’attendais à un roman pour enfants. Il n’en est rien, même si, comme vous pouvez le voir sur la couverture, Gallimard l’a publié dans sa collection « Folio Junior ». Je vous accorde cependant que c’est un roman dont le personnage principal est un enfant.

Tenpenskoi ?
On plonge en fait dans un univers un peu « steampunk » (genre révolution industrielle, charbon, vapeur, acier et machines volantes type Zeppelin), sans vraiment connaître l’époque. On explore de nouvelles croyances, une nouvelle façon d’aborder la religion, tellement proche de la nôtre par ses pratiques, mais dont le contenu est légèrement modifié. Et on fait avec les personnages des découvertes scientifiques majeures, effrayantes et captivantes. J’ai aimé les personnages, la fraîcheur de leur franchise, et leur diversité. J’ai aimé ces nouvelles croyances, à la fois proches des nôtres et pourtant différentes par leur contenu. J’ai aimé la complexité de ce monde aux règles étranges, cette idée d’un petit bout de nôtre âme que l’on ne contrôlerait pas. Bref, Maëlle avait raison, du concept à l’écriture, des personnages aux péripéties, ce livre a tout d’une grande épopée. Le tome 2 pour dans pas longtemps (là je suis plongée dans la relecture de The Host, de Stephenie Meyer).

Bisous mes choux (avec un x à la fin, parce que c’est comme ça que se pluralisent bijou, caillou, chou, genou, hibou, joujou, et pou).

Pour info :
Pour cette édition : Gallimard Jeunesse, collection Folio Junior, 504 pages, 8,40€ chez votre libraire !
Pour l’édition grand format : Gallimard Jeunesse, collection Grand format littérature, 360 pages, 17,80€ chez votre libraire.
Pour l’édition adulte : Gallimard, collection Folio SF, 533 pages, 7,50€ chez votre libraire.