Publié dans Bouquinade, Roman

Les yeux jaunes des crocodiles (Katherine Pancol)

Amis du jour, bonjour !

J’espère que les fêtes vous furent agréables. Pas d’indigestion de chocolats ? Peut-être encore quelques aiguilles de sapin qui traînent sous les meubles, ou alors, vous vous dites qu’il serait sans doute temps de défaire le sapin. Quoi qu’il en soit, nous voilà au recommencement, une nouvelle année, de nouveau projets, des crises, les grèves de mai qui se préparent, et les épidémies de grippe en septembre. Nous sommes réglés comme des horloges, prévisibles… Bref, ne faisant jamais rien comme tout le monde, me voilà à lire un best-seller qui date de 2006 (purée, 8 ans déjà !). Un livre conseillé et prêté par ma collègue Natacha.

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Sarakontkoi ?
Joséphine, la quarantaine passée, est à un tournant de sa vie. Sa mère la méprise, sa sœur ne l’appelle que lorsqu’elle en a besoin. Elle se néglige autant que son mari se désintéresse d’elle. Sa plus grande fille a peu d’estime pour elle. Son métier de chercheur sur le Moyen-Âge, et plus particulièrement le XIIIe siècle, est tout ce qui lui reste. Lorsqu’elle apprend que son mari la trompe, elle le met dehors. Une décision qui aura l’effet d’une chaîne de dominos qui s’écroulent, sur elle et sur son entourage.

Une décision, un coup de pied dans une fourmilière. La décision de Jo de prendre sa vie en main va non seulement bouleverser son existence, mais aussi celle de sa mère, de son beau-père, son mari, sa sœur et ses filles. En réalisant l’un de ses rêves, en mentant pour couvrir sa sœur et en acceptant la femme qu’elle est, elle va voir sa condition s’améliorer, et découvrir les secrets de son entourage.

Tenpenskoi ?
Katherine Pancol. Je me souviens qu’on ne parlait que de ses bouquins au titre étrange quand j’étais à la fac. N’ayant pas envie de lire ce que tout le monde lisait, je n’en ai pas fait grand cas. Mais après les conseils insistants de ma très chère collègue, je me suis dit « ne mourons pas bête et jugeons par nous-même ». (Oui, je me nounoie parfois.) Une vie normale de femme normale, saupoudrée de complots, assaisonnée de mensonges, de découragements chroniques et d’échecs. Facile à lire, à suivre, agréable et plein de rebondissements, voilà  un bouquin qui peut toucher un public extrêmement large. Bref, à lire !

Pour info :
Version grand format : Albin Michel, 651 pages, 22,80€ chez votre libraire
Version poche : Le livre de poche, 672 pages, 7,90€ chez votre libraire

Publié dans Albums, Bouquinade

Les fantastiques livres volants de Morris Lessmore (William Joyce / Joe Bluhm)

Un dernier billet pour ce soir, et pas des moindres, puisqu’il s’agit d’une petite révélation. Oui oui, littéralement. Il me semble que c’est mon très cher Harold qui m’avait montré la vidéo du court métrage issu du bouquin, court-métrage dont je posterai le lien à la fin de ce billet. Pour info, ma maman a pleuré en lisant le livre. Âmes sensibles, à vos mouchoirs !

morris lessmore

Sarakontkoi ?
Morris Lessmore consigne dans son livre tout son savoir, ses espoirs. Et par dessus tout, Morris Lessmore aime les histoires. Mais le vent qui souffle emporte tout, même les mots. Il ne reste plus rien. Et le livre de M. Lessmore se retrouve vide. Alors, M. Lessmore part, son livre vide sous le bras. Mais au détour d’une rencontre, Morris fait la connaissance d’un livre fort aimable, qui va le conduire là où nichent les livres…

Tenpenskoi ?
Une histoire magnifique, éblouissante par sa simplicité, émouvante par sa vérité. Un hymne à l’amour. À l’amour du livre et des mots, mais aussi à l’amour du partage. Parce que les livres ne peuvent exister sans nous, mais que nous aussi existons à travers eux, en y laissant un peu de nous : un morceau d’ennui, une larme de tristesse, un frisson d’amour ou une tache de confiture. Par dessus tout, les livres vivent parce que nous les lisons et que nous les partageons. Ils font de nous des passeurs de mots. Les histoires sont immortelles, et les homme, grâce aux histoires, sont immortels. Le voyage au-delà du temps, la vie en dehors du monde. Bref, un livre.

Des phrases courtes, un texte simple, des illustrations qui parlent autant que le texte, cet album est un petit chef-d’œuvre qui émouvra (si si, ça existe) les grands et les petits. Et comme promis, le court métrage, primé aux Oscars en 2012.

http://www.youtube.com/watch?v=EGgo1-1QBok

Et pour vous prouver que je ne suis pas la seule à aimer :
http://www.aymerix.com/les-fantastiques-livres-volants-de-mr-morris-lessmore/

Pour info :
Bayard Jeunesse, 56 pages, 12,90€ chez votre libraire.
Aussi disponible sur iPad.

Publié dans Le mot du jour

Le mot du jour

Allez, j’essaie tout de même de me rattraper. Même si se faire pardonner un lâche abandon n’est pas chose si aisée ! Alors, histoire de changer un peu, un mot du jour. Et comme il faut rendre à Jules ce qui est à César, je remercie Camille, jeune amoureuse des mots et grande copine de ma petite sœur Lou pour sa sympathique proposition. Petit aparté : Camille, les grands esprits se rencontrent, j’ai posté chleuasme il y a quelques temps déjà.

Le mot du jour : nidoreux.

J’adore quand WordPress souligne les mots un peu compliqués ou peu usités. On voit que la rumeur selon laquelle on n’utilise que quelques centaines de mots couramment est vraie. Bref.

Nidoreux donc : emprunté au latin nidorosus — qui signifie selon le TLFI « qui dégage une odeur de brûlé », nidoreux décrirait plus particulièrement une odeur d’œuf pourri. Nidor signifiant, toujours en latin, « vapeur, odeur, relent », on peut se demander le rapport avec l’œuf pourri. Eh bien, je pense qu’on peut le comprendre en lisant Le Manuel de médecine pratique de C. Geoffroy (1800, c’est pas tout jeune), qui parlait de « rapports nidoreux, comme d’œufs pourris ». La langue française a simplement fait l’amalgame entre l’adjectif nidoreux et la spécification de Geoffroy.

Personnellement, je préfère me dire que nidoreux est une contraction de nid- et -odeur. Qui sent le nid… et le nid pas frais, genre chambre d’ado pigeon.

Soit dit en passant, nidoreux sied parfaitement à l’odeur d’œuf pourri que dégagent les gaz volcaniques (déformation professionnelle). Merci Camille.

Publié dans Albums, Bouquinade

La sorcière Rabounia (Christine Naumann Villemin / Marianne Barcilon)

Amis du jour, bonjour !

Mais puis-je encore vous apostropher de la sorte quand je vous ai laissé tomber au profit des tribulations de ma vie de couple naissante ? Même mon compte WordPress m’a regardée d’un œil perplexe quand j’ai entré mon mot de passe et mon identifiant. Genre : « t’es qui, on se connait ? » Ah, les copines en couple, c’est plus pareil ! Je prends quand même le temps de poster quelques chroniques de livres lus sur le pouce, des albums, comme un goût de sucres d’orge avant les froides vacances de Noël…

La-sorcière-Rabounia

Sarakontkoi ?
Rabounia vit tranquillement sa vie de sorcière dégoûtante, sagement posée dans les quelques pages de son histoire. Pas un super duplex, mais quand même un petit 10 pages carrées, suffisamment confortable pour sa vie de solitaire. Un jour, entre deux limaces et une potion magique qui sent la crotte de nez (j’exagère à peine), elle entend une plainte. « BOUHOUHOUHOU ! » couine une petite voix pas très loin de là. Alors Rabounia fait ce que des générations de sorcières lui ont dit de ne surtout pas faire : elle sort de son histoire pour faire taire ces sanglots insupportables…

Tenpenskoi ?
Moi ? Sortir d’un espace culturel ou d’une librairie sans un bouquin ? Impossible. Je mangerais des pâtes tout un mois plutôt que de me priver de cette petite friandise (l’avantage de la vie à deux, c’est qu’on partage le loyer, eh eh). Du coup, quand j’ai des coups de cœur comme ça, eh bah je me gère plus. Un petit coup d’œil sur les illustrations — le trait au crayon de papier, le dessin qui sent le vrai, le fait main, et la peinture aquarelle — le vernis sélectif de la couverture et la typo super sympa du titre, il n’en fallait pas plus pour que le livre finisse dans mon petit panier.

Rabounia, c’est la sorcière par excellence. Elle est moche, elle ne sent pas bon. Mais les sorcières aussi, elles ont un cœur, même si elles ne le savent pas. Un album loin de faire peur, une histoire courte à raconter aux marmots avant d’aller dormir le soir. Bref, un moment qui sent bon la Soupline du doudou et les chocolats chauds…

Pour info :
Kaléidoscope, 30 pages, 13,50€ chez votre libraire

Publié dans Bouquinade, Litté de l'imaginaire (SF, Fantasy, Fantastique)

Animale (Victor Dixen)

Chers amis du dimanche, bonjour ! (oui, on était dimanche quand j’ai écrit le premier jet…)

La grasse-matinée hebdomadaire doit être terminée à cette heure-ci, et vous grognez probablement à l’idée de reprendre demain le chemin des pupitres et bureaux. Du moins une partie d’entre vous. Quant à moi, j’entame dès ce soir ma première semaine de vacances depuis bien longtemps. Et je signe pour un VDI (« Vacances à Durée Indéterminée »). En bref, je cherche du boulot. Les longues files d’attente de Pôle Emploi, les heures à rédiger des lettres personnalisées, à me justifier de mes diplômes et de mes expériences… ah, j’en salive ! Pour l’heure, parlons bouquin, nom d’une pipe en bois. Un conseil avisé de mon amie libraire, pas Pierrot (blague pourrie), mais Charlotte !

animale

Sarakontkoi ?
Fin du XVIIIe, début du XIXe. Blonde, 16 ans, vit une vie léthargique dans un couvent où elle ne voit la vie qu’à travers les verres bleus des lunettes que les sœurs l’obligent à porter. Éduquée avec les jeunes filles de son âge, qui jalousent sa magnifique chevelure blonde, elle ignore tout de ses origines. Jusqu’à ce qu’un jeune sculpteur la prenne pour modèle et révèle son corps et ses sens à la lumière ; le dossier de police sur l’étrange disparition d’une jeune noble 16 ans auparavant porte alors Blonde sur le chemin de ses origines, semé de monstres, de légendes, et d’amours profanes.

Quelle épopée ! Du genre qu’on n’a pas envie de lâcher. Les premier chapitres nous plongent directement dans une quête d’identité, et le changement de point de vue (de la jeune fille au sculpteur pour revenir à Blonde) nous plonge dans les méandres d’un mystère qui demande résolution. Quelque chose d’épique, comme un combat, une fougueuse envie de vivre, d’amour et de reconnaissance flotte sur ce récit. Pas toujours sous la forme où l’on s’attendrait à les trouver, mais le tout n’en est pas moins extrêmement émouvant.

Tenpenskoi ?
Première impression, en voyant la couverture : mon dieu, encore un de ces machins bâclés pour ados, lecture prémâchée au style simplet. Genre Anne Robillard. FAUX ! On a déjà parlé de réécritures de contes par le passé, notamment celles de La Belle au bois dormant et La Belle et la Bête. Des contes populaires transposés sur fond d’actualité sociale. Ici, rien à voir : on conserve le côté historique, les capes et les épées, et on saupoudre de folklore étranger exotique. Bam ! On a une version de Boucle d’Or vachement plus rock’n’roll que la version originale, sans la morale à la fin et tout le bla bla.  Essoufflant, mais à lire !

Pour info :
Gallimard Jeunesse, collection Grand format littérature, 400 pages, 17,90€ chez votre libraire.

Publié dans Bouquinade, Roman

Treize raisons (Jay Asher)

Amis du bon matin, bonjour !

Ce matin, en ouvrant mes rideaux occultants, quelle ne fut pas ma surprise de ne pas entendre les gloussements des adolescentes et les interpellations au français approximatif des jeunes lycéens du quartier. Mais oui m’sieur-dame, notre belle France est en vacances. Enfin, pas la France qui bosse, l’autre 😉 Trêve de plaisanterie, ce silence me fait du bien, alors avant de partir au boulot, un billet sur un bouquin que j’avais sur mes étagères depuis un bout de temps…

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Sarakontkoi ?
Hannah Baker s’est suicidée. Mais, loin des suicides empâtés de pathos de ceux qui ont baissé les bras, elle laisse à des camarades soigneusement choisis 7 cassettes. 13 faces qui expliquent les raisons de son geste. 13 faces qui pointent un doigt accusateur sur les piques anodines, les rumeurs adolescentes, les gestes et paroles déplacés que l’on dispense sans vraiment y prêter attention. 13 faces qui vont changer la vie des 12 personnes à qui elles sont destinées. Clay Johnson est l’une de ces faces, et, l’espace de quelques heures, il suit Hannah dans son dernier enfer.

Tenpenskoi ?
Tout d’abord, laissez-moi vous dire que pour moi, ce livre n’a pas été évident à aborder. Je ne m’étendrai pas là-dessus, mais le suicide est un acte que je ne connais pas et que je ne comprends pas. Avant de lire ce livre, il s’agissait pour moi d’une manière de baisser les bras, une ultime tentative d’attirer l’attention et un geste d’un égoïsme sans nom. C’est dur à écrire, dur à entendre et à comprendre. Aujourd’hui, je n’ai pas changé d’avis. Parce que le suicide d’Hannah Baker est différent. Il n’est pas un acte de lâcheté. Il est un acte. Sur ses détracteurs, Hannah pose un regard condescendant, et plein d’ironie. Et cette décharge d’accusations nous fait du bien. Un peu comme une catharsis, on évacue nos propres frustrations.

Même si l’idée de départ est morbide, le fond est mordant, et on a du mal à croire que cette jeune fille cynique, drôle et d’une intelligence si juste sur ses cassettes ait décidé de mettre fin à ses jours. C’est comme si, consciente qu’elle allait disparaître, elle osait enfin recracher tout l’acide qu’elle avait avalé. Ce qui, en fait, est le cas. Cela dit, je comprends la démarche, la détresse, mais toujours pas le geste final, quand ce que cette jeune fille décrit est certes atroce, mais pas pire que ce qu’endurent chaque jour des milliers d’hommes, de femmes, d’enfants. Je sais en tout cas que ce roman ne m’a pas lâchée (oui, c’est lui qui me tenait). Cela dit, j’entrevois à présent comment l’idée du suicide, une fois implantée comme une possibilité dans un esprit fragile, peut germer et faire son chemin pour s’imposer comme une nécessité. Bref, à lire !

Pour info :
Pour la première édition : Albin Michel, collection Wiz, 288 pages, 13,70€ chez votre libraire.
Pour l’édition poche : Le livre de poche, 320 pages, 6,90€ chez votre libraire

PS : pardonnez-moi si mes propos ont paru injustes ou cruels à certains. Je ne fais que donner une opinion, qui est la mienne. Le suicide est un sujet sensible. Le débat reste ouvert cela dit, et je suis consciente que le fait que certains aimeraient vivre et ne le peuvent pas n’oblige pas les autres à profiter de leur vie… et pourtant !
Pour vous illustrer mes propos, voici un bouquin que je n’ai pas lu, mais que je pense me procurer très vite : Je veux vivre. L’histoire d’une jeune fille condamnée par la maladie, qui veut tout vivre avant sa mort. Voici le lien http://www.pocketjeunesse.fr/site/je_veux_vivre_&100&9782266217149.html.

Publié dans Bouquinade, Policier / Thriller

Le dernier ours (Charlotte Bousquet)

Amis du soir, bonsoir !

Rien de tel qu’un peu de détente après avoir passé la journée à flipper parce qu’on a braqué ma bagnole. Ces cons ont explosé ma vitre arrière et m’ont  volé mes flèches et un paquet de chewing-gum vide… Tout ça pour ça, on voit l’intelligence ras les pâquerettes des gens aujourd’hui. Bref, merci Carglass… Je suis donc heureuse de vous retrouver ce soir. Et pour commencer, un livre conseillé (et le mot est faible) par Clour, que vous commencez à connaître maintenant, et que vous avez peut-être, pour les plus malins d’entre vous, commencé à rattacher à mes lectures Rageot… 😉

Le_dernier_ours

 

Sarakontkoi ?
Au Groenland, en 2025, la situation politique est tendue. Privé d’une pseudo indépendance politique, le Groenland est officieusement rebaptisé « New Danemark ». Dans les méandres de ce conflit, les natifs de l’île refusent le joug du continent, quitte à vivre dans la pauvreté. Le père de la petite Karen est de ces résistants. C’est d’ailleurs pour toucher une belle prime qu’il abat une ourse et vend ses oursons au zoo. Karen a tout vu. Karen se sent liée à ces deux oursons, à Anuri en particulier. Elle devient la sœur de l’ours. Adulte, sa soigneuse. Un lien étrange les unit. Un lien qui n’aurait rien de naturel ? Karen le découvrira dans sa fuite pour sauver Anuri d’une mort injuste. Pour découvrir sa véritable identité.

Tenpenskoi ?
Une lecture éclaire lors d’un aller-retour Clermont-Paris. Je n’avais que ça à faire, certes, mais que cette lecture est prenante ! Pas seulement du point de vue de l’histoire, mais aussi au sens littérale. Ce genre d’histoire haletante, qui vous prend la gorge et le souffle. Un rouleau compresseur qui écrase un asphalte puant et malsain. On découvre le Groenland, île oubliée dans nos cours de géo-politique du lycée, que l’on confond souvent avec cette émission stupide dans laquelle faire caca dans la rue entre deux voiture représente le summum de l’humour (oui, je parle de Groland). Une histoire qui pourrait devenir réalité si l’homme continue à vivre selon son adage « quand on peut savoir, on doit savoir », ce qui, d’un point de vue moral, le rend presque insupportable.

En bref, personnages humain et animaux attachant, au caractère fort. Des paysages grandioses dans leur beauté, dans leur hostilité, dans l’horreur de ce que l’homme en a fait. La plume de Charlotte Bousquet, qui fait tout passer, comme le morceau de sucre qui aide la médecine à couler. Et avant même que vous ne vous en rendiez compte, vous avez terminé et digéré le bouquin. Ne vous reste plus qu’à savoir quoi faire de tout ça. Un texte humain, touchant, loin des discours moralisateurs et sans fin de Yann Arthus. Une mise en garde. Un appel à l’aide.

Pour info :
Rageot Éditeurs, collection Rageot Thriller, 272 pages, 9,90€ chez votre libraire

Publié dans Bouquinade, Litté de l'imaginaire (SF, Fantasy, Fantastique)

La passe-miroir, livre 1 : Les fiancés de l’hiver (Christelle Dabos)

Amis lecteurs / blogeurs, bonsoir !

Les jours raccourcissent, il fait de plus en plus froid. Avant même l’orgie de bonbons d’Halloween, on reçoit déjà les catalogues de Noël. Alors, la seule chose dont on ait vraiment envie en ce moment, c’est de se caler devant un feu de cheminée avec un bon bouquin. Bon, d’accord, je parle surtout pour moi. Mais croyez-moi, ce bon feu de cheminée, vous l’apprécierez d’autant plus avec le bouquin qui arrive ! (Vous avez vu ce titre ?)

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Sarakontkoi ?
Un monde, que l’on suppose être le nôtre, a explosé en plusieurs morceaux, appelés des Arches. Sur chaque Arche, un esprit de famille, sorte de Dieu immortel et vestige de l’ancien monde, règne en maître sur les habitants. Ophélie, jeune fille frêle et effacée, s’occupe tranquillement de son musée sur Anima. Sa spécialité ? Lire les objets, c’est à dire voir le passé de leur ancien propriétaire. Du jour au lendemain, elle se retrouve fiancée à un haut dignitaire d’une Arche hostile et glaciale, le Pôle. Elle devra y suivre son fiancé dans le flot perpétuel des complots de cour. Mais elle découvrira qu’elle n’a pas été choisie au hasard…

Tenpenskoi ?
Lauréat du prix du premier roman Gallimard Jeunesse, quelle aubaine ! Finaliste du choix du jury, choix final du public, c’est donc le premier tome d’une (probable) quadrilogie que vous avez dans les mains. J’avoue que j’étais sceptique au départ : encore une série ? Encore de la fantasy ? Encore des histoire d’amour prémâchées ? Sceptique quant au titre. Mais aussi à l’histoire. Tous ces trucs d’uchronie futuriste un peu fantasy, ça devient d’un banal… Et puis, en fait, vous vous retrouvez avec des personnages bien plus profonds qu’il ne semblent l’être, des complots plus sombres, plus compliqués que ne le laisse présager le synopsis.

Au final, on tient dans ce tome (et quel tome ! plus de 500 pages) : une intrigue bien ficelée, des personnages atypiques, une conspiration, et un univers extrêmement plausible, avec ce quelque chose de familier, mais de totalement nouveau aussi ! Tout ça emballé dans un style léger et très simple, de ceux qui portent, sans qu’on en voie réellement les mots, les plus grandes histoires. Mais c’est que ça laisse présager de très longues heures de plaisir à dévorer les tomes suivants ! À lire !

Pour info :
Gallimard Jeunesse, collection Grand format littérature, 528 pages, 18€ chez votre libraire !

Publié dans Bouquinade, Policier / Thriller

La vie sexuelle des super-héros (Marco Mancassola)

Chers amis lecteurs,

Après l’avant-première que j’ai postée il y a deux jours, me revoici avec plusieurs chroniques. D’abord parce qu’entamer 50 bouquins fait qu’on a de grandes chances de les finir tous en même temps. Et ensuite parce que je n’ai pas pris de le temps de les faire dès que j’ai eu terminé de lire tout ça. Et pour commencer la saga, un billet un brin meurtrier. Du genre de celui que j’avais posté sur La Couleur de l’âme des anges. Comme quoi, trouver un titre et une couv’ sympas, ça ne fait pas tout.

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Sarakontkoi ?
On suit plusieurs histoires à la fois, entre les années 70 et aujourd’hui, des scandales qui touchent des super-héros, en l’occurrence : Mister Fantastique, Batman et Mystique. De nos jours, ils se sont tous reconvertis. Plus aucune aura de mystère ne les entoure. Ils sont tantôt scientifiques, tantôt stars d’un show TV. Le lien qui les unit ? Les messages d’adieu anonymes qu’ils reçoivent, et la position scabreuse, ou la situation gênante dans laquelle ils se trouvaient avant de mourir.

Tenpenskoi ?
Et vous pensez, d’après le titre, que vous tenez le fin mot de l’histoire ? Qu’il s’agit, comme c’est indiqué sur la 4e de couverture, d’atteindre les héros à travers leur sexualité ? Eh bien non, tout ce bruit pour rien (autant vous dire que le gars qui a fait la 4e de couverture s’est chié dessus pour être polie). Des scènes de sexe, vous allez en trouver, ça oui. Mais le style est lourd. L’intrigue est mal développée, et la fin laisse un goût de « et alors ? » Les scènes de sexes, qui visiblement tendaient à pimenter l’intrigue, à la rendre plus profonde, plus intime, à faire tomber les héros de plus haut, sont vulgaires et inutiles. Et l’auteur joue sur la technique de l’élastique : il étire affreusement les dénouements des scènes, pour au final ne pas arriver à grand chose. Et puis, rien n’est vraiment approfondi. Bref, toute cette débauche probablement pour illustrer la décadence de la grande Amérique, la chute de l’époque de la grandeur et de l’honneur… des valeurs après le drame du 11 septembre. Mouais.

Attention, on a tout de même quelques passages intéressants, notamment lorsque le corps est mis en scène, les sensations décortiquées. Parce qu’un héros ne se réduit pas à son seul pouvoir, il est aussi un corps qui porte toutes ses facultés. Un corps qu’il ressent et qu’il subit. Et certaines histoires ont de la profondeur. Personnellement, j’ai trouvé le bouquin long et sans grand intérêt. Même le style n’est pas topissime. D’ailleurs, l’auteur parle lui-même d’un livre dans le livre en ces termes : « l’habituel mélange de ragots, de suppositions morbides et d’écriture bas de gamme ». C’est tout à fait ça, quelle mise en abîme ! Bref, il devait être écrit, je devais le lire, mais ça s’arrête là.

Pour info (sur l’édition que j’ai lue) :
Gallimard, collection Folio, 608 pages, 8,70€ chez votre libraire (s’il arrive à vous convaincre de l’acheter).

Publié dans Bouquinade, Litté de l'imaginaire (SF, Fantasy, Fantastique)

Mathieu Hidalf, tome 4 : La bataille de l’aube (Christophe Mauri)

Amis du jour, bonjour !

Je ne suis qu’une voix du passé — nous sommes le 2 septembre — et je viens de terminer le tome 4 des aventures de notre tête brûlée préférée. Oui, certains sont privilégiés. Le livre sort dans plus d’un mois, et je ne peux déjà plus attendre de lire le tome 5. Pour vous, en avant-première…

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Attention, SPOILER ! Si vous n’avez pas lu les tomes précédents, ne lisez pas le paragraphe qui suit !

Sarakontkoi ?
Mathieu a été banni de l’école pour avoir suivi les ordres qu’il pensait venir du capitaine Louis Serra. Il a fait l’indéfaisable : il a prononcé le Serment Noir pour sauver l’école, et a ainsi tué son arbre doré. Face à la douloureuse évidence qu’il ne sera jamais Élitien, Mathieu fait en sorte de sombrer dans un profond sommeil enchanté, dont il ne s’éveillera que sous une impossible condition… ou à sa majorité. Mais en faisant cela, il ignore le danger qu’il fait courir à son école bien aimée.

Tenpenskoi ?
Avant de commencer un nouveau tome de Mathieu Hidalf, je suis toujours un peu nerveuse. Pas que je n’aie pas confiance en Christophe, mais j’attends les réponses aux questions qu’il a semées dans les tomes précédents, et je me demande toujours s’il n’en oubliera pas une ou deux, genre questions improbables… Mais jamais il ne nous laisse tomber. Mathieu reste égal à lui même, comme dans chaque tome. Plus ça va, moins le personnage est centré sur lui-même, il commence à grandir. Il est également le bénéficiaire d’un présent qui va changer sa vie.

Un mystère de plus en plus épais entoure Mathieu et l’école. On se demande pendant tout le bouquin où sont les faux-semblants, et — chose que j’ai vraiment appréciée — on a quand même quelques réponses. (Oui, je trouve incroyablement chiants les bouquins où on n’apprend tout que dans le dernier tome). Et puis, c’est toujours aussi génial ! Tellement génial que j’ai piqué une crise quand j’ai cru avoir perdu mon tome 3 dédicacé, au point de râler après ma frangine à qui je l’avais prêté… Encore quelques jours de patience !

Pour info :
Gallimard Jeunesse, collection Romans Jeunesse, 320 pages, 13,50€, mais dans deux jours 😉