Publié dans Albums, Bouquinade

La Princesse qui n’avait pas de royaume (Ursula Jones/Sarah Gibb)

Amis lecteurs, bonsoir !

Je vous parlais ce matin de la somme astronomique que nous avons dépensée, Chéri et moi, au salon du livre et de la presse jeunesse à Montreuil. Eh bien, il est temps de vous parler un peu de nos trouvailles. Et pour commencer, une illustratrice découverte grâce à un album de Raiponce chez Gallimard Jeunesse, redécouverte grâce aux conseils de mon amie Charlotte, libraire. J’ai nommé : Sarah Gibb.

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Sarakontkoi ?
Il était une fois (puisqu’il s’agit d’un conte), une princesse qui n’avait pas royaume. Pour vivre, elle livrait des paquets bizarres qui ne pouvaient être livrés par la Poste. Elle parcourait les villes et les villages avec sa charrette et sa jument Coquette. Les duchesses n’en voulaient pas pour leurs fils, les rois se la disputaient et les princesses, engoncées dans leurs lourds jupons, enviaient sa légèreté. Mais la princesse n’aspirait qu’à trouver son royaume. Et un royaume peut prendre bien des formes, et nulle part peut devenir partout…

Tenpenskoi?
Un conte moderne et plein de barbe-à-papa, porté par des illustrations délicieuses. La délicatesse du détail, la finesse des ombres chinoises parsemées de touches multicolores. L’auteure et l’illustratrice ne se refusent rien. Une poignée de Dragibus colorés, une brise chaude et légère au parfum de lilas qui s’engouffre à travers la fenêtre au printemps…

Pour info :
éditions Gautier-Languereau, collection Les petits Gautier, 5,25 EUR en version souple.
éditions Gautier-Languereau, collection Les beaux albums,14,95 EUR en version reliée.

Publié dans Bouquinade, Recueil

Ça m’agace (Jean-Louis Fournier)

Lecteurs du jours, bonjour !

Rien de tel pour raviver la flamme d’une librivore comme moi qu’un bon salon du livre. Merci Montreuil, merci les auteurs, merci cette entêtante odeur de papier glacé, mat, de colle et d’encre, de blister déchiré… Ah, ça fait du bien de rentrer à la maison… les sacs pleins et le porte-monnaie vide (et doublement vide, parce que Chéri est venu avec moi et s’en est donné à cœur joie). Paradoxalement, ce n’est pas par un livre jeunesse que je vais commencer, mais par une bonne dose de cynisme, merci à Florent, ancien conseiller, qui ne savait plus quoi faire de ce livre et me l’a donné.

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Sarakontkoi ?
Visiblement, M. Fournier est un râleur. La dédicace qu’il fait à sa belle-maman d’Arras, au début du livre, je l’entends régulièrement : « Jean-Louis, tu n’es jamais content, tu te plains toujours. » Sauf que moi, c’est Tery. Et M. Fournier, il n’aime pas les gobelets en plastique, les voisins qui passent le karcher le dimanche, les gens qui se jettent sous son train ; il ne voit pas l’utilité de souffler les feuilles mortes dans la rue, les bacs de poubelle à roulettes qui font tant de bruit, ni le moustique dans sa chambre la nuit…

Tenpenskoi?
Pas de pitch pour ce bouquin-là puisqu’il s’agit d’un recueil. Pas d’un recueil de poésie ou de nouvelles, pas non plus un recueil de contes. Quoi que la poésie ne soit pas absente des textes que nous propose M. Fournier. Il s’agit d’un recueil de doléances. M. Fournier, c’est un soupçon de Desproges poète, bourré d’ironie, voire parfois de sarcasme, dont la plume acérée lacère les mauvaises habitudes, mais jamais les gens eux-mêmes. Parce que râler, ce n’est pas tout voir du mauvais côté, c’est aussi voir le meilleur côté derrière la médiocrité facile. Se lit très vite, une mousse de fruit légère, un peu acidulée, après un lourd repas. Romain, ça devrait te plaire.

Pour info :
Éditions Anne Carrière, 192 pages, 15 EUR chez votre libraire.

Publié dans Le mot du jour

Le mot du jour

Amis de l’orthographe et de l’étymologie, bonjour !

Voici venir le retour du Mot du jour. Et pour commencer, un mot que nous connaissons bien, et sur lequel nous avons cessé de nous poser des questions, parce qu’on nous a dit que « c’est comme ça que ça s’écrit ». Voilà. Je ne m’étais donc plus interrogée depuis que j’avais eu tout juste à ma dictée, mais hier, Sœurette, Chéri et moi sommes allés voir le dernier pestacle de Gad Elmaleh, et il a soulevé de nouveau cette interrogation : mais pourquoi ça s’écrit comme ça…

Le mot du jour : …aujourd’hui.

Pour commencer, sachez que l’on dit aujourd’hui comme l’on dirait « en ce mardi ». Mais alors pourquoi ce « h » ? Pourquoi cette foutue apostrophe en plein milieu ? Et « hui », franchement, ça veut dire quoi, « hui » ?
Commençons par là justement : hui est, comme souvent, une contraction puis transformation d’une locution latine, hoc die, qui veut dire « ce jour ». Par la suite, hoc die est devenu hodie puis hui (qui était un vrai mot à part entière mais que l’on appelle aujourd’hui un archaïsme, un vieux truc quoi). La locution était donc au jour d’hui (au jour de ce jour), et est devenu, par commodité, aujourd’hui. Et ça peut vous faire sourire, mais accessoirement, on utilisait également la locution ce jour d’hui, puis cejourd’hui — qu’on a aujourd’hui laissé tomber.

Plus d’excuses et plus de moqueries à présent pour ce petit estropié de la langue française, il ferait plus de sens si nous n’étions pas les plus grands partisans du moindre effort à tout réduire à la facilité… Moi je dis ça…

Publié dans Albums, Bouquinade

Le petit loup rouge (Amélie Fléchais)

Amis du jour, bonjour !

Dites-donc, votre hôtesse, quand elle commence, on ne l’arrête plus ! M’enfin, je dois dire que ça me manquait beaucoup, et bizarrement, c’est revenu tout seul. Aujourd’hui, encore un cadeau de Chéri, pour ma promotion cette fois (oui oui, tout ça en 6 mois !). Et je peux vous dire qu’il partage ses lecteurs…

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Sarakontkoi ?
C’est l’histoire d’un petit loup qui porte un capuchon rouge. Sa maman l’envoie porter un lapin à sa mère-grand pour qu’elle en fasse son repas. Mais il se perd dans la forêt, et, seul, perdu et affamé, il mange le petit lapin. Son papa lui avait dit de ne pas s’aventurer dans le bois mort, qu’il abritait des Hommes. Mais quand petit loup croise une petite blonde à la bouille d’ange, il la suit sans réfléchir. Elle le ramène chez elle… pour le plus grand plaisir de son papa chasseur qui a visiblement une revanche à prendre sur les loups.

Tenpenskoi ?
Un beau retournement de conte, quoi qu’un peu tragique pour les plus jeunes (j’émets donc une réserve là-dessus). C’est un changement de point de vue intéressant, qui fait échos, de manière innocente, à bien des problématiques contemporaines. Le méchant n’est pas celui que l’on pense, et le chasseur pas si innocent que ça. Lorsque les humains amis des loups sont montrés du doigt et punis, lorsque les loups sont ceux qui fuient les fusils endiablés des humains… Une plume simple et affûtée portée par de magnifiques aquarelles et les grands yeux bleus d’une petite blonde et d’un petit loup encapuchonné. Une oxymore sur patte !

Pour info :
éditions Ankama, collection Étincelle, 80 pages, 15,90€ chez votre libraire.

Publié dans BD, Bouquinade

Les carnets de Cerise, tomes 1 & 2 (Joris Chamblain & Aurélie Neyret)

Amis du jour, bonjour !

À portée de plume fait sa rentrée, je dirais même son retour ! Une éternité que je n’ai rien mis à jour. J’en suis profondément désolée, mais les lectures personnelles furent rares ces derniers mois, et je n’ai recommencé à lire pour moi qu’il y a deux semaines. Les préparatifs de mariage, le déménagement… Bref, tout ça tout ça ! Mais me revoilà, avec 2 ou 3 petites choses… Pour commencer, deux BD jeunesse offertes par mon chéri pour la signature de mon CDI. Il en a des idées, chéri !

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Sarakontkoi ?
Cerise est une jeune fille à l’imagination débordante. Son passe-temps favori (au grand dam de ses deux meilleures amies) : enquêter sur la vie d’inconnus croisés dans la rue, qui attisent particulièrement sa curiosité. Son rêve : écrire des romans. C’est pourquoi sa maman lui a offert des carnets, dans lesquels elle peut librement consigner ses notes, remarques et indices. Dans le tome 1, elle s’intéresse à un mystérieux vieil homme qui s’enfonce chaque jour dans la forêt armé de pots de peinture et de pinceaux. Dans le tome 2, c’est une vieille dame qui emprunte toujours le même livre à la bibliothèque qui retient son attention. D’enquêtes secrètes en cachotteries, Cerise devra concilier son instinct de détective et sa vie de jeune collégienne. Pas toujours évident !

Tenpenskoi ?
Pour le coup, Chéri a eu du nez et a su donner à la libraire de bonnes indications, puisqu’elle l’a dirigé directement vers ces deux titres-là. La fraîcheur des illustrations n’a d’égale que la candeur du texte. Une héroïne qui n’a peur de rien, un peu boute-en-train,  attachée à son vieux chapeau et à sa veste en cuire trop grande pour elle. Des problématiques de petite fille, les copines qui comprennent pas toujours, une maman inquiète, une voisine romancière… bref, à conseiller aux bout’choux qui rêvent de plume et de papier ! Prix jeunesse à Angoulême en 2014.

Pour info :
Tome 1 : éditions Soleil, collection Métamorphose, 80 pages, 15,95€ chez votre libraire
Tome 2 : éditions Soleil, collection Métamorphose, 80 pages, 15,95€ chez votre libraire

Publié dans Le mot du jour

Le mot du jour

Amis du jour, bonjour !

Vous vous acquittez très certainement de vos dernières obligations de la semaine, coups de fil en retard, rapports à rendre au patron, derniers coups de pinceau, dernier rappel d’impayé… ah, les vendredis ! Ils ont comme un avant-goût de délectation week-endale ! Je me demande d’ailleurs si le vendredi n’est pas mon jour préféré de la semaine, si la proximité quasi-intime avec le week-end n’est pas meilleure que le week-end lui-même… Bref, trêve de plaisanterie, il est temps pour le billet de la semaine (parce que maintenant, WordPress me rappelle gentiment à l’ordre si je ne poste pas au moins une fois par semaine….). Et comme je n’ai pas terminé mon bouquin, eh bah ça sera…

Le mot du jour : épicène.

Vous avez remarque comme il est compliqué parfois d’utiliser un mot au féminin. Mme le maire / la mairesse ? Un auteur / une auteure ? Un écrivain / une écrivaine ? Sachez que certains mots peuvent s’utiliser indifféremment au masculin ET au féminin. C’est le cas, justement, de… tiens, « libraire » ! Un libraire / une libraire.
Mais épicène désigne également ces noms génériques « d’espèces » qui ne font pas référence au genre : « enfants », par exemple. Ou « perdrix ». Ou « gens »… Bref, vous en avez pas mal.

En parlant de genre, et puisque c’est le débat du moment, pitié, arrêtez de féminiser les noms ! Mairesse, c’est moche. Écrivaine, c’est moche. Pompière, c’est moche. Mesdames les féministes, franchement…

Publié dans Bouquinade, Litté de l'imaginaire (SF, Fantasy, Fantastique)

Le Passage (Louis Sachar)

Amis du jeudi, bonjour !

J’aime pas les jeudis, ils n’ont jamais eu bon karma chez moi. Mais là, on va faire un bon billet du jeudi, parce que je viens de (re)finir un bouquin que j’avais lu… mon dieu, il y a plus de 12 ans ! Je faisais alors partie du comité de présélection du prix littéraire du collège. Le Passage avait été un vrai coup de cœur. 12 ans après, il n’a pas pris une ride…

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Sarakontkoi ?
Stanley Yelnats est grand, il est gras, mais il n’est pas méchant ; pour preuve, la petite teigne du collège lui en fait voir de toutes les couleurs. Et Stanley Yelnats a le don de se trouver au mauvais endroit au mauvais moment, comme lorsqu’il reçoit sur la tête les baskets d’un grand joueur de baseball, volées quelques minutes auparavant alors qu’elle étaient destinées à être vendues à une vente de charité… Pour ce forfait, qu’il n’a pas commis, il est condamné à creuser, au camp du Lac Vert, des trous de 1m50 de large sur 1m50 de haut sous une chaleur torride. Point de lac, mais un désert, des coéquipiers pas toujours fair-play, et des bestioles dangereuses. Mais que cherche le directeur du camp ?

Tenpenskoi?
Je ne sais pas quoi dire sur ce bouquin. Peut-être commencer par : je l’ai AD-DO-RÉ. Pourquoi ? Eh bien parce que l’auteur vous tient dans sa main, à coup de flashbacks savamment éparpillés qui vous expliquent juste ce que vous devez savoir de la malédiction qui s’est abattue sur la famille de Stanley. Parce que les personnages EXISTENT sur ce foutu papier : attendrissants, détestables, minables, généreux. Parce que vous souffrez avec eux, vous craignez et vous espérez. Parce que la toile qui a été tissée est parfaite et sans défauts, que tout concorde. Parce que le tout est extrêmement bien rythmé. Louis Sachar est un sacré chef d’orchestre ! Un détail cependant : je trouve le titre de la version originale, Holes (« trous » en anglais), bien plus adéquat. Parce que des trous, il y en a !

Pour infos :
L’école des loisirs, collection Médium, 280 pages, 9,50€ chez votre libraire.

PS : j’avais même pas grillé que Disney en avait fait un film, La morsure du lézard, qui me semble un peu fade face au bouquin.

 

Publié dans Mini-interview

5 questions à… Christelle Dabos

Attention, mesdames, mesdemoiselles (oui, je le garde celui-là, c’est mon préféré), messieurs,

Aujourd’hui, sur Derrière mes binocles, une invitée de marque, j’ai nommé Christelle Dabos, l’auteur de La Passe-miroir, grande gagnante du concours Gallimard Jeunesse de l’an dernier. Encore une histoire extraordinaire, et pour votre plus grand plaisir, cette Cendrillon monomaniaque — qualificatif qu’elle emploie elle-même — vous entrouvre la porte de son havre paisible. Paisible ? Pas tant que ça. Bienvenue à vous, chers lecteurs (et mille merci à Christelle et son attachée de presse chez Gallimard) :

1- Bonjour Christelle, et merci de bien vouloir vous prêter au jeu. Pourriez-vous vous présenter brièvement ? Depuis quand écrivez-vous ? Pourquoi le concours Gallimard ?
J’ai eu le déclic de l’écriture sur un banc de la Faculté de Lettres de Nice. Non, non, absolument aucun rapport avec les cours, je n’écoutais pas le professeur quand ça s’est produit. J’étais même plutôt en train de piquer du nez, pour être honnête. Et voilà que soudain, une main m’a glissé une feuille de papier avec pour seule mention : « C’est l’histoire d’un professeur qui faisait la danse du loir pour hypnotiser ses élèves. Écris la suite. » À l’autre bout de la main, il y avait cette amie incroyable qui a tout de suite cru en mon imagination et qui m’a vue auteur bien avant moi. C’est ainsi que j’ai commencé à écrire : avec de petits textes comiques destinés à faire sourire cette amie pendant les heures de cours (étudiants consciencieux, ne suivez pas notre exemple).

Ce goutte-à-goutte s’est transformé en fleuve. Je me suis mise à écrire des dizaines de pages, puis des centaines. Je me suis amusée à écrire la suite très personnelle des Harry Potter quand le cinquième tome se faisait désespérément attendre. J’ai aussi écrit des histoires de femmes chevaliers lorsque Tolkien est redevenu à la mode, mais je ne parvenais pas encore à trouver MON univers. L’édition ? Je n’y songeais même pas. L’écriture était une passion que je ne partageais qu’avec un cercle très fermé d’amies et que je n’associais pas à l’idée de profession.

C’est quand j’ai quitté la Côte d’Azur pour la Belgique et que j’ai commencé à écrire les premières pages de La Passe-miroir que j’ai senti que je tenais enfin quelque chose qui me ressemblait. Et comme la vie n’est pas un long fleuve tranquille, c’est aussi à ce moment-là qu’on m’a diagnostiqué un cancer de la mâchoire. J’ai dû subir une opération très lourde, suivie d’une convalescence très longue. J’avais vingt-huit ans, pas de travail, plus de vie sociale. Encouragée par mon compagnon, j’ai repris l’écriture de plus belle. Je me suis inscrite à une communauté d’auteurs sur internet appelée « Plume d’Argent » : dès que j’ai commencé à leur soumettre les débuts de La Passe-miroir, ils ont été formidablement enthousiastes. J’ai écrit et réécrit en bénéficiant de leurs conseils et de leur exemple. Je leur dois tous mes progrès !

Ce sont ces plumes argentées, comme je les appelle maintenant, qui m’ont parlé du concours organisé par Gallimard Jeunesse et qui ont insisté pour que j’y participe. Après tout, j’avais déjà retravaillé le premier tome de La Passe-miroir, ça ne me coûtait rien d’essayer. Pourtant, je dois avouer que j’avais le trac. Je me sentais encore trop frileuse pour songer à l’édition. J’en ai discuté avec mon compagnon et je me suis finalement lancée… la veille de la clôture des candidatures.

Après tout, même si j’en avais perdu quelques unes en chemin, il me fallait enfin songer à mordre la vie à pleines dents.

2- Plutôt coin de table dans un café à la J.K. Rowling ou tisane et plaid sur votre canapé ? Comment écrivez-vous le mieux ?
Ah, ah, sans la moindre hésitation : plaid et canapé ! Et du chocolat chaud à intervalle régulier, s’il vous plait. J’ai besoin de calme quand j’écris, même si je voue une admiration éperdue aux auteurs capables de s’y mettre n’importe quand et n’importe où. De toute façon, il est préférable que je sois seule. J’ai tendance à baragouiner à haute voix quand je dois m’attaquer à un nœud dans l’intrigue ou à un personnage qui me donne du fil à retordre (souvent Thorn, tiens).

3- Comment écrit-on un univers comme le vôtre ? Il est étrange, à la fois post-apocalyptique et complètement fantasyste si je puis dire. Des influences particulières ?
J’ai toujours été attirée à la fois par les ambiances Belle Époque à la Marcel Pagnol et par les ambiances antédiluviennes à la sauce Atlantide et Tour de Babel. Il a fallu qu’une amie belge me mette À la Croisée des mondes de Pullman entre les mains pour que je me rende compte, émerveillée, qu’on pouvait concilier les deux dans un roman ! C’est aussi à la même époque que j’étais à pleine vapeur dans les Harry Potter et que j’ai découvert l’esthétique fabuleuse de l’adaptation filmique des Désastreuses aventures des orphelins Baudelaire.

C’est forte de toutes ces influences que je me suis imaginé un ailleurs où il n’y aurait pas de frontières bien définies entre la technologie et la magie, entre le passé et l’avenir, entre ce qui serait vraisemblable et ce qui serait impossible. Je ne me suis posé aucune véritable limite, je voulais juste donner de la matière à ce qui me faisait, moi, rêver.

4- Les personnages sont pour le moins atypique, tout cela me fait penser à un patchwork dont les pièces seraient dépareillées (aucune offense, au contraire !). Un quasi géant brutal, une maigrichonne fragile, une acariâtre, et une quasi-déesse… Quelle est la recette que vous suivez ?
J’aime bien quand chaque personnage possède une identité marquée et qu’aucun autre ne lui ressemble. C’est peut-être mon côté méridional qui s’exprime, mais j’adore exagérer et forcer le trait, tout en montrant au lecteur que ces apparences-là sont souvent trompeuses.

Pour La Passe-miroir, j’ai imaginé presque tous les personnages à partir d’Ophélie, l’héroïne-qui-paie-pas-de-mine. Je la voulais petite et empotée ; son fiancé, Thorn, devait donc être son parfait contrepoint. Berenilde incarne la parfaite dame de cour qu’elle est incapable de devenir. Quant à la tante Roseline, toute de tendresse pragmatique, elle lui permet de ne pas perdre le nord.

5- Après le dernier tome (d’ailleurs, combien de tomes prévus ?), avez-vous d’autres projets ? Une envie d’écrire autre chose ?
Je table sur quatre tomes pour La Passe-miroir. Et comme je suis monomaniaque, non, je n’ai absolument aucun autre projet, aucune autre envie pour le moment. Je me lève avec La Passe-miroir, je me couche avec La Passe-miroir, je mange avec La Passe-miroir, je respire avec La Passe-miroir. Ce monde est devenu une partie de moi-même et tant que je ne l’aurai pas exploré jusqu’au bout, je crois que je serai incapable de lui être infidèle.

Merci pour votre disponibilité !

Merci à « Derrière mes binocles » pour m’avoir donné la parole !

Publié dans Bouquinade, Policier / Thriller

La maison biscornue (Agatha Christie)

Amis du jour, bonjour !

Aujourd’hui, un livre tout court que j’ai mis un temps infini à lire. Attention, pas qu’il n’était pas bien ! Mais à ne lire que tard les soirs, on n’avance guère que deux pages par deux pages… celui-ci est une (très vive) recommandation de ma maman qui, depuis quelques temps, dévore les Agatha comme moi un bon saucisson, et c’est pas peu dire !

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Sarakontkoi ?
Milieu du XIXe. Charles rencontre Sophia en Égypte, tombe amoureux et promet de l’épouser lorsqu’il reviendra d’une longue mission au Moyen-Orient, si elle n’a rencontré personne. À son retour en Angleterre, deux ans plus tard, leurs sentiments sont restés inchangés. Mais le grand-père adoré de Sophia vient de mourir de façon très étrange. Sophia ne peut épouser  Charles tant que l’affaire n’est pas résolue, et elle semble persuadée que n’importe lequel des membres de sa famille peut avoir tué le vieil homme…

Tenpenskoi ?
Une enquête sans Poirot ni Marple, mais quelle enquête ! Comme dans Le Meurtre de Roger Ackroyd, le point de vue est singulier mais le lecteur, cette fois-ci, prend pleine part à l’investigation ; sans manquer, comme la police, de se faire traiter d’imbécile et d’incapable par le personnage de la petite Joséphine. Les apparences sont trompeuses, et la facilité un bien mauvais conseiller. Un livre aux multiples rebondissements, jusqu’au final, explosif comme d’habitude. Pour les amoureux d’Agatha, il ne paie pas de mine, mais n’hésitez pas !

Pour info :
Éditions Le Masque, collection Masque Christie, 240 pages, 5,60€ chez votre libraire.

Publié dans Le mot du jour

Le mot du jour

Amis du jour, bonjour !

Eh bien, nous y voilà, premier mot du jour de l’année. Tout est parti d’une visite au musée du chocolat, à Paris, avec ma coupine Maëlle, son Jules Romain (Romain tout court, hein !) et le mien, JN. Après d’innombrables vitrines où étaient exposés les outils mayas et autres ustensiles espagnols et décrets français, nous sommes arrivés devant une collection de tasses digne de celle de la reine d’Angleterre. Et là, un petit panneau a attiré notre attention. Il expliquait en quoi consistait l’invention française qu’est la…

Le mot du jour : trembleuse.

Imaginez : fin XVIIe, début XVIIIe, vous êtes une belle dame de la cour (ou un gentilhomme) et vous passez vos journée à traverser de luxueux salons, une tasse à la main, en prenant garde de retrousser vos narines lorsque vous croisez dans les couloirs un noble qui se soulage derrière un rideau. Vous faites un écart, et BOUM ! on vous bouscule, et votre robe est foutue, pleine de chocolat chaud ! La trembleuse est faite pour vous ! Il s’agit d’une tasse qui est retenue dans sa soucoupe grâce à un évidement plus ou moins important (une sorte de trou dans la soucoupe). Comme ceci :

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Comme ça, même les maladroits chroniques ont droit à leur chocolat ! Par contre, pour ceux qui n’ont pas de bras, c’est toujours pas ça !