Publié dans BD, Bouquinade

Collaboration horizontale (Navie / Carole Maurel)

Ami du jour, bonjour !

Aujourd’hui, une fois n’est pas coutume, je te parle d’un sujet pas trop rigolo. Mais avant de t’enfuir en courant parce que toi, les drames, c’est pas ton truc, assieds-toi, et écoute-moi (enfin, lis-moi). Oui, même toi, maman, qui n’aimes pas la BD.

Commençons par un peu d’Histoire. La collaboration horizontale, qu’est-ce que c’est ? Cette étrange expression désigne les femmes qui, pendant la Seconde Guerre mondiale, ont eu des relations (sentimentales et/ou sexuelles) avec des soldats allemands. Attention, la collaboration dans le sens de « troc de renseignements » est quelques chose de totalement différent, et ça a son importance, notamment dans certains choix graphiques. Ces femmes qui, à la fin de la guerre, ont fini rasées et moitié nues, humiliées sur les places publiques. Si le sujet vous intéresse, il existe quelques docus ou articles. Le document que je vais vous présenter aujourd’hui est une BD.

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Sarakontkoi ?
Le mari de Rose est prisonnier de guerre. Elle vit seule, avec son fils, dans son immeuble, entourée de ses voisins. Dans l’immeuble, tout le monde se connaît. Rose a fait le choix d’héberger et de cacher son amie Sarah, juive, afin de lui permettre d’échapper aux forces allemandes qui la recherchent. Mais visiblement, tout le monde dans l’immeuble n’est pas aussi muet que Rose puisqu’un soldat allemand se présente un jour à sa porte, à la recherche de Sarah.

Tenpenskoi ?
Il est extrêmement compliqué pour moi de trouver les bons mots pour parler de ce sujet, parce que j’évite de m’y confronter. Je suis tout à fait consciente de ce qui a été fait pendant et après la guerre. J’ai, comme beaucoup d’enfants, été traumatisée par Nuit et brouillard, qu’on nous a forcés à regarder trop jeunes. L’ignominie n’a pas de nom. D’un côté comme de l’autre.

Mais le point de vue qu’expose Navie, bien qu’évoqué plusieurs fois dans ma vie — j’avais vaguement entendu parlé de ces femmes rasées pour avoir entretenu une relation avec des Allemands — restait pour moi très vague. Dans cette bande-dessinée, je n’ai pas trouvé de parti pris réel de l’auteur quant à ce qu’il pouvait se passer d’atroce dans les camps. Non, l’histoire se concentre sur le quotidien. Celui d’hommes et de femmes qui vivent loin du front l’occupation Nazie.

Ces hommes et ces femmes qui sont les héros inconscients d’une guerre silencieuse. Rose aime un homme, pas un Allemand, pas un Nazi. Elle aime Mark. Et c’est là que les choix graphiques sont intéressants. Sur la couverture comme dans le livre, c’est le cœur qui dicte, qui prend le contrôle de la tête et du corps. On ne choisit pas d’aimer. Mark n’est dépeint ni comme un héros, ni comme un monstre. Mais les monstres se cachent dans le quotidien. Dans un oncle qui viole sa jeune nièce. Dans un père qui bat sa femme. Dans une amie qui trahit.

Alors qui est le traitre ? Celui qui trace un trait d’union, qui voit au-delà de ce que harangue la foule haineuse ? Le persécuté qui se retourne contre son protecteur sans essayer de comprendre ses choix ? La faible amie, qui au lieu de faire un choix courageux se montre couarde et égoïste ? Peut-être que certaines de ces femmes, ces « collaboratrices » ont su oublier la haine, la politique, la fierté, et simplement renouer avec l’humain pour tendre la main à une autre vie. Ces femmes ont payé cher leur courage, qui ne sera jamais reconnu comme tel. Je dois avouer que j’ai été prise au dépourvu, et que j’ai peut-être laissé échapper une larme ou deux.

Pour info :
éditions Delcourt, collection Mirage, 144 pages, 18,95€

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Le mot du jour : c’est cadeau ! #5

Ami du jour, bonjour !

Tu connais la chanson, le vendredi, c’est le billet de la flemme. Alors je te propose de sortir ton chandail, ta jupe plissée et tes souliers vernis, parce qu’on va (enfin, Biba l’a fait pour nous, j’ai juste pompé) remonter le temps, à la recherche de mots oubliés dont on pourrait subtilement saupoudrer nos interventions… c’est drôle, ça ne mange pas de pain, et au moins, ça te donne un certain style !

1/Acagner
Poursuivre quelqu’un en l’injuriant, comme un chien qui aboie après quelqu’un
Mise en situation : « Arrête de m’acagner de la sorte ! »

2/Une remembrance
Un souvenir
Mise en situation : « Ce mec a une très belle remembrance… »

3/S’ébaudir
S’étonner grandement
Mise en situation : « Je suis grave ébaudie »

4/ Rioter
Rire un peu, avec dédain.
Mise en situation : « Tu te crois fort, laisse-moi riote, ah ah ah. » (<= d’une petite voix perchée de Marie-Chantal)

5/Emberlucoter
Séduire en ayant recours à la ruse
Mise en situation : « Fais, gaffe copine, t’es en train de te faire emberlucoter par ce Dom Juan ! »

6/Jaculatoire
Mouvement intérieur qui se caractérise par un jaillissement ardent… comme un geyser par exemple.
Mise en situation : « Ta répartie est jaculatoire ! »

7/Postéromanie
Envie forte d’avoir des descendants (<= genre, mon cas en ce moment)
Mise en situation : « Allons assouvir notre postéromanie. »

8/ Croustiller
Manger léger
Mise en situation : « Après cette truffade, il nous faudra croustiller ! »

9/ Contre-aimer
Aimer en retour
Mise en situation : « Je te contre-aime »

10/ Margoullis
Embarras
Mise en situation : « Tu m’as mis dans un de ces margouillis ! »

11/ Muche
Jeune homme trop poli, dont on ne peut se débarrasser
Mise en situation : « Laisse tomber, ça n’avancera pas avec ce mec, c’est trop un muche. »

12/ S’acagnarder
Paresser, rester oisif
Mise en situation : « Junior ! Arrête de t’acagnarder, maintenant et range ta chambre »

Voilà ! Perso, je vais terminer ma journée de travail, rentrer chez moi, et essayer de terminer tous les livres que j’ai entammés. Oui, parce que, accessoirement, je pourrais te parler un peu plus bouquin, si seulement je ne commençais pas mes séries par le tome 2, ou pire, le 3 ! C’était trop mainstream pour vous de mettre l’ordre de parution quelque part dans le bouquin, ou, je sais pas… SUR LA COUV ! Après, j’ai cette désagréable sensation de rien comprendre en lisant !

Et là, tu te dis : « mais elle aurait simplement pu regarder sur Internet ? » Eh bien, cher lecteur, imagine-toi, si j’avais été dans ma campagne profonde sans Internet, sans rien, et que rien n’était indiqué dans le bouquin ? Alors arrête de faire le malin ! Si je dois aller chercher dans les mentions légales ou l’ours les dates de parution chaque fois que je veux lire un bouquin, on n’est pas sortis de la berge ! C’est un monde tout de même…

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Publié dans BD, Bouquinade

Mystery, journal d’un super-héros (Ced / Stivo)

Ami du jour, bonjour !

Tu en as assez de la grisaille quotidienne, des orages à répétition ? Le seul qui pense à t’envoyer des petits textos, c’est ton fournisseur d’accès pour te dire que couper ta box serait plus prudent (merde, et Netflix alors !) ? Tu as beau sortir ton joli parapluie et te dire qu’enfin les nappes phréatiques vont se remplir, ça ne te console pas pour autant ? Et enfin, ça fait 15 jours que tu ne peux pas tondre ton gazon, alors tu t’attends à trouver Tarzan dans ton jardin ? Welcome mon ami, bienvenue ! Je t’offre un moment de détente.

Allez, viens !

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Sarakontkoi ?
Chicago, 1938. Jerry est journaliste. Non, pour être plus exacte, il s’occupe du bulletin météo d’un grand quotidien… et il protège sa collègue, Miss Muffin, préposée au courrier, qui visiblement a écopé de toute la poisse du monde. Sa petite vie est tranquille ; il lui suffit de sauter au-dessus des nuages pour établir ses prévisions météo. Parce que, oui, Jerry a deux ou trois aptitudes inhabituelles… qui lui seront des plus utiles lorsqu’il se mettra à pleuvoir des dinos. Sa tranquilité chérie risque d’en prendre un coup…

Tenpenskoi ?
J’ai beaucoup ri. On a tout de même un super-héros qui décide de prendre pour emblème un point d’interrogation peint à la va-vite sur ton t-shirt… à l’envers, of course. Mystery se lit comme une intégrale de comics. Pour ceux qui ont lu les premiers Iron Man, c’est exactement ça ! Les couvertures des comics s’intercalent entre les différentes parties de l’histoire. Mon cher et tendre me faisait d’ailleurs remarquer que, comme dans les comics, la couverture fait partie intégrante de l’histoire.

C’est bourré d’humour potache et de jeux d’esprit. Les balbutiements d’un super-héros tout neuf, c’est un sujet qui s’y prête bien. Et puis, au-delà de ça, on a les références multiples, tant dans la narration que dans la mise en page, à l’univers comics. Le dessins est résolument moderne, coloré. Chaque personnage a sa voix, pour au final écrire une aventure unique. Un bel hommage à la BD de super-héros, et un bon moment de lecture.

J’en profite pour vous inviter à jeter un œil au catalogue de Makaka éditions, qui fait des BD extra, aux concepts souvent originaux, pour petits et grands. C’est souvent drôle, parfois mordant (au sens strict comme au figuré). En tout cas, c’est soigné, et ça change des 48 pages franco-belges.

La rédactrice n’a reçu aucun pot de vin pour cet éloge, elle ne connaît même pas ces gens d’abord (ndlr).

Pour info :
éditions Makaka, 96 pages, 17€

 

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Le mot du jour : antépénultième

Ami du jour, bonjour !

Aujourd’hui, il fait un temps merveilleux (c’est un jour merveilleux, je me sens si joyeux, ça ressemblerait presque à l’amour… Jill, si tu reconnais). Les oiseaux chantent, toussa toussa. J’ai mis une blouse à fleurs et des tennis… à fleurs. Bon, ça fait beaucoup de fleurs. Et je me rends compte que ma blouse est plutôt verte et mes tennis plutôt roses… arf, mes pieds sont planqués sous mon bureau.

Du coup, tout ça n’a rien à voir avec notre mot du jour (oausi, la feinte).

Le mot du jour : antépénultième.

Bon, si t’as vu mon joli post-it, l’effet de surprise est foutu. Mais je peux encore essayer de te surprendre… ou pas. Antépénultième, c’est l’avant-avant-dernier. Et pour que tu ne sois pas venu pour rien, je t’en donne un autre : pénultième ! Et je te le donne en mille, ça veut dire… avant-dernier. Voilà.

Du latin antepaenultima, le mot se compose de ante– qui veut dire avant (ça, tu le sais peut-être), de paene– qui veut dire presque et de ultima, qui veut dire dernier. Pénultième : presque le dernier. Antépénultième : celui qui est avant l’avant-dernier.

Ca va être compliqué de suivre Céline… si les derniers sont les premiers, les pénultièmes et antépénultièmes sont eux aussi sur le podium…

PS : le petit Yoda sur la photo m’a été offert par ma collèguounette Laure… fait à l’imprimante laser, pour que la force soit avec moi ! C’était l’info primordiale de ce billet.

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Le mot du jour : c’est cadeau #4

Ami du jour, bonjour !

Tu as l’habitude, maintenant, mais vendredi, c’est le jour où je te raconte ma vie… sans en foutre la rame. Une fois n’est donc pas coutume, je ne fous rien, et je laisse les autres avoir de bonnes idées.

Et comme je n’ai pas de petite anecdote à te raconter, je t’envoie directement sur ce site (<= vas-y, clique).

Tu y découvriras des mots tels que népuisé, énerfamé ou encore glandimancher. J’aurais aimé les créer moi-même ces mots, qu’on appelle des mots-valises (nés de la contraction de deux mots). En plus, c’est drôle. Voilà.

Et là, tu la sens la flemme du vendredi ? (J’ai quand même fait un super dessin sur un post-it).

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Le mot du jour : compendieusement

Ami du jour, bonjour !

Je passais par là, tout à l’heure, et je me suis dit : « tiens, est-ce que je pondrais pas un mot du jour ? »

La réponse est évidente, puisque tu es en train de lire ce billet. Et pour illustrer mon propos du jour, je vais être brève.

Le mot du jour : compendieusement

Et si je vous parle de brièveté, c’est parce que compendieusement veut ni plus ni moins dire… bref ! Le TLFI le définit ainsi :

En abrégé, mais sans rien omettre d’essentiel.

Exemple : Tu racontes à ton patron un énième bobard sur les raisons de ton retard, comment tu as marché sur un petit Légo, et que tu as dû amener le pauvre bonhomme aux urgences parce qu’il était tout jaune et qu’il lui manquait un bras, mais qu’il y avait au moins 20 mamies devant toi et que tu voulais pas laisser Bob (c’est le nom que tu as donné au Légo) tout seul, alors que tu te sentais responsable…
Une fois que tu es allé assez loin, termine par : « compendieusement, c’était une histoire de vie ou de mort ».

Il faut croire que Kyan Khojandi avait tout compris.

 

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Libres ! (Ovidie / Diglee)

Ami du jour, bonjour !

Aujourd’hui, j’ai peur que les mots me manquent. Pire, j’ai peur de la fadeur de ce que je peux dire au vu de l’étendue du sujet que je vais aborder. J’aimerais tellement pouvoir t’en parler, plutôt que de simplement attendre que tu tombes sur ce billet, en espérant que tu lises jusqu’au dernier mot ! Mais je ne suis faite que de petites lettres gris foncé sur l’écran de ton téléphone / tablette / ordinateur. Alors je compte sur toi.

Je vais me montrer très franche. Sache que tout ce que je vais écrire, je l’écris avec beaucoup de bienveillance. Alors je te demande à ton tour de faire preuve de bienveillance.

Aujourd’hui, je te parle de Libres !

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Sarakontkoi ?
Ceci n’est pas une BD. Ceci n’est pas un roman. Je dirais que c’est un manifeste. Ca parle de fille, de femme, de gonzesse. De chatte, de vulve, de sperme. De sodomie. De ton corps et du mien. De l’image que tu as de toi, et de moi.

Tenpenskoi ?
Tu l’auras peut-être compris, on parle de femme.

Laisse-moi te parler en quelques mots de ma position. Je ne me revendique pas féministe, je suis pour l’équité. Je ne suis pas indifférente aux combats menés, et je n’approuve pas les discours misogynes. Mais je n’aime pas les discours extrémistes. Je suis pour la diversité. Je veux que chacun trouve sa place dans le monde, quelle que soit son orientation sexuelle, sa couleur de peau, son poids, son sexe, sa religion. Pour moi, la tolérance, ce n’est pas stigmatiser une « minorité » et ensuite l’accepter dans une magnanimité glorifiée. C’est ne plus faire la différence entre un gros et un svelte. Ne plus se demander si c’est un homme ou une femme, gay ou hétéro. Et c’est une petite blanche rondouillarde hétéro qui te dit ça. Crois-moi, c’est facile pour moi de tomber dans l’écueil « les planches à pain, c’est moche » quand on t’a répété toute ta vie que tu étais grosse.

Pourquoi est-ce que je te dis tout ça ? Parce qu’en empruntant Libres !, j’avais peur qu’on me dise « arrête de te raser, de te plier à l’image qu’on t’impose, arrête de te maquiller, sois le chef dans ton couple, ne maigris pas, ne grossis pas » et j’en passe et des meilleures.

En fait, Ovidie m’a dit : fais ce que tu veux. Mais fais-le parce que tu as envie de le faire. Aime ton corps, parce qu’il est toi et que si tu ne t’aimes pas, alors à quoi bon ? Sois en accord avec tes choix, sache pourquoi tu les fais. Ne t’oblige pas à être sexy, à plaire à un autre qu’à toi. Sois-le si tu en as envie. Connais ton corps tel qu’il est, non tel qu’on te le montre. Épanouis-toi dans tes pratiques sexuelles. Ne te sens pas sale quand tu as tes règles, prude si tu ne suces pas, coupable si tu ne baises pas plus d’une fois par semaine.

Mais surtout, elle te dit : sois bienveillante avec les autres femmes. Celles qui préfèrent le conformisme, qui ont peur des cuisses qui frottent. Ou celles qui ne s’épilent pas le maillot. Ne te bats pas pour la liberté d’une femme voilée quand tu traites de salope la gamine qui passe en mini-jupe. Sois libre.

Ovidie et Diglee — l’une par la franchise de son texte, l’autre par la justesse de ses dessins — ont changé ma vie. C’est drôle. C’est vrai. Alors oui, c’est cru. Mais plus que Le Dico des filles, c’est ce livre qu’il faut mettre entre les mains de toutes les gamines qui entrent dans la puberté. Parce qu’on ne leur cache rien. Qu’on leur dit qu’on peut voir les choses autrement, mais qu’on peut aussi les voir comme tout le monde, et que ça ne fait pas de nous quelqu’un de foncièrement meilleur. Simplement, être libre, c’est aussi laisser les autres l’être. Après cette lecture, je n’irai toujours pas manifester avec les Femen, mais j’ai envie de vous dire : mesdames, vous êtes telles que vous devez être, et quels que soient vos choix, si ce sont vraiment les vôtres, je me battrai pour et avec vous.

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Pour info :
éditions Delcourt, collection TAPAS, 96 pages, 18,95€

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La sirène des pompiers (Hubert / Zanzim)

Ami du jour, bonjour !

La pile des BD empruntées à la médiathèque continue de baisser tandis que les articles ici s’accumulent. Du coup, soit tu aimes la BD (ou en tout cas, la BD titille ta curiosité) et tu te dis « ouah, chouette, elle cause un peu BD ! »… soit tu te dis « bah je reviendrai quand sa période monomaniaque sera passée ». Dans l’un ou l’autre des cas, je te présente une nouvelle BD que je viens de terminer.

Celle-ci, je dois avouer que je l’ai prise par curiosité. Je sais pas, le titre, la couverture. Je me suis dit : « tiens, sympa le jeu de mots ». Voilà.

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Sarakontkoi ?
Paris, fin du XIXe. Fulmel, critique d’art, a descendu en flèche le peintre Gustave Gélinet l’année passée. Il se trouve que le peintre en question a en fait connu un franc succès avec ses tableaux représentant des sirènes. Fulmel, humilié, est bien décidé à découvrir le secret qui se cache derrière ce succès…

Tenpenskoi ?
Comme je le disais un peu plus haut, cette lecture est un pur hasard. Nous n’avions que 14 livres en main après avoir fait notre tour de la médiathèque ; il nous restait donc une place. Ni une ni deux, le jeu de mot est rigolo, et c’est parti.

Vous l’aurez peut-être deviné, le secret de Gélinet, c’est qu’il cache une vraie sirène. Ce qui personnellement m’a plu, c’est les stratagèmes imaginés par Gélinet pour permettre à sa sirène de voir le monde en dissimulant son évident secret : sa queue de poisson. Certains clins d’œil au milieu de l’Art, ses courants, ses inspirations sont, je dois l’avouer, assez drôles. On y fait référence à « l’art pompier », plus communément nommé « art académique ». Il faut le savoir, parce que moi, je suis passée complètement à côté de la BD.

C’est d’ailleurs la principale critique que j’ai à faire : que personne ne vous donne de contexte. Moi qui n’avais jamais entendu parler de l’art pompier, je ne comprenais pas le jeu de mots du titre, ni toutes les références faites aux différents courants évoqués (notamment les petites remarques cinglantes des peintres entre eux). J’ai failli vous en dire du mal parce que je n’avais pas compris l’intérêt. Mais à la lumière de cette explication, je revois tout d’un œil différent. Je comprends l’humour (parfois noir) derrière le texte.

Reproche à faire à l’éditeur ou aux auteurs, je ne sais pas. En fin de BD, on a tout de même un cahier complet dédié aux croquis de Gélinet, mais à aucun moment on ne sort de la fiction pour réellement donner un contexte historique et artistique à l’histoire. En tout cas, c’est dommage de perdre un lectorat par pur élitisme. Du coup, si ça vous intéresse, vous pouvez lire l’article Wikipédia avant la BD, et vous entendrez peut-être ce qu’on a voulu vous dire.

Pour ce qui est du dessin, j’ai trouver certaines vignettes très jolies, mais le trait tremblant me rappelle celui de Joann Sfar, dont je ne suis pas une grand amatrice. Cela dit, les croquis de la fin sont superbes !

Je vous propose un article un peu plus complet ici.

Pour info :
éditions Dargaud, collection Poisson Pilote, 64 pages, 12€

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Dans les tartine-blocks

Salut les loulous !

L’autre jour, lors d’un de mes dialogues intérieurs, je me suis rendu compte que la colère m’avait quittée. Après en avoir parlé avec certains de mes proches, certains m’ont fait la réflexion suivante : tu as fait ton deuil.

Au début, je me suis dit « deuil, deuil, c’est un peu fort tout de même ! » Et puis j’ai compris. Il ne parlaient pas du deuil d’un espoir, d’une envie ou d’un projet, mais de celui du futur que je m’étais écrit. Parce qu’on ne peut pas tout planifier, et que laisser faire la vie, même quand elle vous contrarie, c’est essentiel.

Alors j’ai regardé d’un peu plus près les étapes du deuil :

  • 1 – Choc et déni => vous l’avez vu dans les premiers billets sur ce sujet, c’est toujours aux autres que ça arrive !
  • 2 – Douleur et culpabilité => mea culpa, mea culpa, mea culpa, j’ai dû faire quelque chose de mal !
  • 3 – Colère => je suis restée bloquée là un moment. Ce fut l’étape la plus difficile à surmonter pour moi.
  • 4 – Marchandage => Je dirais plutôt compensation. Moi, je voulais un autre chat à tout prix.
  • 5 – Dépression et douleur => effectivement, cauchemars, insomnies aussi.
  • 6 – Reconstruction => reprise en main de ma vie, de mon corps. Aujourd’hui, je lui dis que je l’aime tous les jours. Parce que même s’il ne me donne pas ce que j’attends, il se bat avec moi, et qu’il me subit autant que je le subis.
  • 7 – Acceptation => enfin, la vie peut commencer.

Hier, nous sommes allés voir le docteur. C’est pour août. Maintenant, j’ai peur. Pas parce que je ne suis pas sure de le vouloir, mais pour ce que je vais infliger à mon corps. Le docteur nous a expliqué.

D’abord, on va me mettre dans un état de ménopause artificielle. 30 jours. De bouffées de chaleur, de sauts d’humeur, de maux de tête. Maman, pardonne mon impatience le jour où ça t’est arrivé.

Ensuite, les piqûres. Tous les jours. Comme un diabétique. Et puis la stimulation ovarienne. Les échos. Re-stimulation. Re-écho. Stimulation. Echo. Vous avez compris le principe. J’ai une jolie feuille de route gribouillée par le docteur. Je crois qu’il essayait de rendre les choses plus claires. J’ai juste des grosses ratures au stylo sur mon papier.

Et puis, si mon corps réagit bien au traitement, on déclanche l’ovulation. Piqûre au milieu de la nuit. 2 jours. Puis ponction et prélèvement de sperme. Et la machine à bébé sera en route. Y’aura plus qu’à le mettre au chaud, à sa place. Si j’ai plusieurs œufs viables et que le premier ne prend pas la première fois, on peut les congeler pour éviter tout le cirque des piqûres. Donc, avec une FIV (protocole complet), tu peux faire plusieurs transferts (implantation d’embryons dans l’utérus). Le tout, c’est d’éviter les jumeaux. Moi, j’ai pas le droit.

Alors oui, j’ai les boules de ma vie. Mais Chéri me dit souvent : « arrête de regarder le sommet de la montagne, mets un pied devant l’autre, et avant que tu t’en aperçoives, tu auras fait la moitié du chemin ». Il a raison. Et je ne suis pas seule.

Mais maintenant, je dors. Et je comprends que ma vie vaudra le coup d’être vécue, quoi qu’il arrive.

Publié dans Madame Je-Sais-Tout, Sors ta science

Sors ta science #10

Ami du jour, bonjour !

Le billet est matinal, mes mains ne sont pas encore gonflées par la chaleur qui s’apprête à nous tomber dessus (mais tout va bien parce que Chéri, adorable, merveilleux qu’il est est passé chez L’Occitane pour me prendre un gel rafraîchissant à la Verveine que nous avait conseillé notre amie Laura… bref, toute une histoire).

Tout ça pour dire qu’on fait ça à la fraîche ce matin, ce qui vous laissera tout le loisir de déguster ce petit billet dans la journée.

Hier, nous étions en terrasse d’un bar d’avocats (enfin, une sorte de QG quoi) avec un couple de très bons amis : une avocate et un réalisateur (ouais, je me la pète, ouais !) Lambert nous parlait de projets à lui, et évoque un film d’une quarantaine de minutes. Dans ma naïveté, je lui réponds : « un moyen métrage quoi ». Quelle ne fut pas mon erreur !

Et pour comprendre la vive réaction qu’il a eue, il a dû m’expliquer d’où le court métrage (ou court-métrage) tirait son nom. Oui, parce que tu ne t’es peut-être jamais posé la question, mais court-métrage, c’est quand même très bizarre comme nom de film. Je veux dire, on ne parle pas de saut en longueur tout de même !

Eh bah… pas loin ! Court-métrage fait en fait référence à la longueur de bobine utilisée pour tourner le film. Cette longueur a été définie en 1964, et c’est encore celle que retient le CNC (Centre Nationale de la Cinématographie) aujourd’hui. Moi je n’y connais rien, mais Wikipedia me parle de 1600m en format 35 mm (pour ceux à qui ça parle), soit une durée de 59 minutes.

Bon, tu penses bien que chacun y met son grain de sel. Du coup, Gilbert Cohen-Séhat, dans son Essai sur les principes d’une philosophie du cinéma : Notions fondamentales et vocabulaire de filmologie, nous dit :

Quel que soit le contenu d’un film — ou sa nature — on appelle « courts métrages » les films dont la longueur est inférieure à 900 m (moins de 33 minutes, moins de 3 bobines, en 35 mm), et « longs métrages » les films dépassant 2 400 m (plus de 1 heure 28 minutes, plus de 8 bobines)

Du coup, entre les deux, on pourrait parler de moyen-métrage. Sauf si on est puristes. Comme Lambert. Et c’est cool aussi d’être puriste. Merci Lambert, merci Salomé, pour cet agréable moment passé en votre compagnie !

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