Publié dans Bouquinade, Policier / Thriller

Marche ou crève (Richard Bachman)

Ami du jour, bonjour !

Si tu viens d’Instagram, alors tu as vu la photo du bouquin, et tu te dis que je suis en train de te bananer. Que nenni, jeune padawan ! C’est effectivement Stephen King qui est l’auteur de ce roman, mais je me dis qu’il doit avoir ses raisons pour l’avoir publié sous un pseudonyme, alors je respecte son choix. Et puis, j’aime bien que tu te sois posé la question !

C’est suite à plusieurs vidéos de Youtubers (dont, je l’avoue, Lemon June, oui, encore elle => sa vidéo ici) que je me suis dit qu’il serait peut-être temps que je lise du King. J’avoue que ça m’avait déjà tentée à la fac, quand, en cours de Litté moderne, on avait étudié un passage de sa bio. Mais je n’ai jamais sauté le pas (les clowns toussa toussa, yeurk). L’occasion, le larron, et hop, le tour est joué ! Et je ne pouvais me tourner que vers mon amie Laura, grande admiratrice de King devant l’Éternel, pour lui demander si elle n’avait pas ce titre en particulier. Par chance, elle en avait bien un exemplaire. Du coup, plus rien ne me retenait…

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Sarakontkoi ?
100 jeunes garçons (probablement entre 14 et 18 ans). Celui qui marchera le plus longtemps sans s’arrêter verra tous ses rêves réalisés. Attention : il ne faut pas s’arrêter, il ne faut pas descendre en-dessous des 6.5 km/h, il ne faut pas tenter de fuir. Sinon, tu prends ton ticket : un soldat pointe froidement son fusil sur toi et t’abat. Devant les autres. Devant la Foule qui hurle, se déchire pour acclamer son favori.

Tenpenskoi ?
Mais quelle intelligence dans cette écriture ! Pas d’indice sur l’époque (futur, présent ?), pas d’indice sur le contexte politique, à peine sur le contexte économique. Rien sur ce qui motive réellement ces garçons. Si ce n’est qu’ils ont passé les sélections, et qu’être riche, ça peut être sympa. Ni plus ni moins que toi, quand tu participes au casting de Questions pour un champion ou Le Juste prix. Un divertissement pour une Foule toujours plus avide de sensationnel.

D’ailleurs, très subtilement, King a parsemé ses débuts de chapitre de citations d’anciennes diffusions de divers jeux télévisés, dessinant ainsi un parallèle entre ce jeu qu’il nous fait vivre de l’intérieur et ces shows qui nous abrutissent. Panem et circenses, du pain et des jeux, une description en creux d’une société qui n’est présente que par ses cris. Toi, tu piges ce que tu peux.

Rien n’a motivé ces jeunes que l’espoir de gagner, comme lorsque l’on joue au loto. Mais ce qu’ils n’ont pas réalisé, c’est qu’ils jouaient leur vie. Parce qu’il n’y a pas de ligne d’arrivée. C’est à celui qui marchera le plus longtemps. Alors que faire ? Ne pas sympathiser ? Laisser la solitude nous faire devenir fous ? Créer des alliances ? Mais ensuite ? Il ne se passe en fait pas grand chose. Les gosses marchent. C’est tout. Ils sillonnent l’État, fendant la Foule hystérique, mangeant, pissant, chiant, mourant devant Elle. Dorment en marchant.

Cette marche ne peut avoir de fin, d’issu heureuse. Rien ne finit jamais. Une métaphore de la Vie. On n’arrête pas de vivre, d’aimer, de souffrir, une fois qu’on a atteint ses objectifs. Non, on se lève, encore et encore, tous les matins. On continue de marcher. Sans but, en se disant simplement qu’il faut le faire jusqu’à la mort. La Mort, impassible, incorruptible. Comme ces soldat, qui tirent l’ultime cartouche. Ca pourrait être ici et maintenant, ça pourrait être demain et là-bas. C’est effrayant de réalité. Ca te jette un tas de trucs à la gueule, auxquels tu es obligé de réfléchir. Et bien que rien ne se passe vraiment que la monotonie des heures de marche, toi, tu ne peux pas détacher tes yeux du bouquin.

Une tuerie.

Pour info :
éditions Le Livre de poche, collection Thriller, 378 pages, 7,60€

Publié dans BD, Bouquinade

L’anniversaire de Kim Jong-Il (Aurélien Ducoudray / Mélanie Allag)

Ami du jour, bonjour !

Tu la sens cette fin de semaine qui arrive ? Est-ce que tu entends les oiseaux chanter, est-ce que tu sens la brise fraîche du matin, qui malheureusement ne s’attarde pas ? Est-ce que tu savoures ce moment où tu quittes le boulot pour rentrer chez toi, pour ne pas être accueilli par ton chat parce qu’il a la flemme de bouger ses papattes du canap’, poser tes pieds nus gonflés sur le carrelage frais et aller faire ta vaisselle avant d’embrayer sur la popote du soir (et du lendemain parfois) ? Doux Jesus, cette phrase était interminable !

Bref, si tu vois de quoi je veux parler (et même si ce n’est pas le cas) je te propose de t’accrocher à tes petits bonheurs, parce que ce soir, on rend visite à une population nettement moins bien lotie que toi et moi…

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Sarakontkoi ?
Jun Sang a 8 ans, il vit en Corée du Nord. Il est né le même jour que Kim Jong-Il, son héros, le cher guide de sa patrie. Il fait partie d’une brigade de gamins dévoués corps et âme à ce « cher guide ». Dans son pays, en période de pénurie, la télévision explique que ce n’est pas bon de trop manger, qu’il faut réduire le nombre de repas à un par jour. Dans son pays, après l’école, c’est aux champs qu’il va travailler. Dans son pays, on hait ces chiens d’Américains et de Coréens du Sud. Comment remettre en cause la ferveur et l’amour d’un enfant pour son dirigeant lorsque la chance de fuir le pays se présente ? Jun Sang ne pensait pas qu’il vivait dans l’antichambre de l’enfer, et que ça n’était que le début.

Tenpenskoi ?
Bon, je vais être honnête : moi je n’y connais rien en géopolitique, je sais que la Corée du Nord est une dictature, qu’il n’y fait pas bon vivre, parce que les têtes tombent selon le bon vouloir du parti. Je sais aussi qu’une fois l’an, on rejoue le jeu de la Terreur, en nous faisant croire que Coréens du Nord et Américains vont nous faire sauter la tête. À part ça, je ne m’étais jamais vraiment attardée sur le sujet. Pas jusqu’à ce que — je te le donne en mille — Lemon June en parle sur sa chaîne Youtube (d’ailleurs, si tu veux voir sa vidéo, clique ici).

Je me souviens de l’état dans lequel l’avait mise sa lecture. Elle en était vraiment retournée. Moi, ça m’a touchée. Je veux dire qu’elle ne fait que mettre des mots et des images sur ce qu’on sait déjà plus ou moins. La Corée du Nord est une prison. Pas seulement parce qu’elle contrôle les mouvements de sa population (il faut une autorisation pour aller à la campagne… en Corée du Nord), mais aussi pour l’esprit ! La question qui me vient en tête, c’est combien de Coréens du Nord sont endoctrinés, persuadés que leur leader est un héros et que le reste du monde est pourri ? Et combien sont simplement terrifiés au point de rester dans les rangs et de ne rien dire ?

Le dessin, simple, enfantin, tantôt coloré, tantôt en noir et blanc, contraste avec le thème grave de la BD, qui rend abordable pour le premier venu (moins, en l’occurrence) ce sujet pourtant très douloureux à appréhender. Parce que oui, ça existe encore. Et oui, on se sent impuissant. On est loin de docus comme Nuit et Brouillard qui te crache à la gueule toute l’horreur du monde. Ici, l’horreur est de voir tout ce qui peut se passer à travers les yeux innocents mais, avouons-le, endoctrinés, d’un gamin. Un gamin qui aime son quotidien, chérit sa patrie, et pourrait même renier son père Sud-Coréen. Là, tu te dis : au moins, je sais.

Bref, si tu te sens concerné par la question Nord Coréenne, ou si tu veux juste lire quelque chose de différent et de vrai, je te propose L’Anniversaire de Kim Jong-Il, c’est un bon début.

Pour info :
éditions Delcourt, collection Mirages, 128 pages, 17,95€

Publié dans BD, Bouquinade

Vingt-trois prostituées (Chester Brown)

Ami du jour, bonjour !

Tu vois, je me dis que la vie est super bien fichue tout de même. Hier, je te parle de BD, de sa place dans le monde du livre, et aujourd’hui, POUF, je te cause d’une BD qui vient justement illustrer mon propos ! Magique…

Celle-ci, c’est sur les conseils de Pénélope Bagieu, via ses chroniques de BD pour Madmoizelle, que je l’ai empruntée à la médiathèque. Parce que, franchement, je ne pense pas que je me serais arrêtée dessus. Et ça aurait été une erreur (rho, flûte, je spoile mon propre billet).

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Sarakontkoi ?
Chester Brown partage avec nous sa vision du couple, du mariage, du sexe, mais surtout, son point de vue sur la prostitution. Cet ouvrage est totalement autobiographique. Après sa rupture avec sa petite amie, Chester se rend compte qu’il ne souhaite pas de relation de couple. Mais si ce ne sont pas les relations amoureuses qui lui manquent, ce sont bien les relations sexuelles. Il ne souhaite pas s’engager émotionnellement, mais ne peut et ne veut pas renier ce besoin. Une solution s’offre alors à lui : faire appel à des professionnelles du sexe tarifé.

Tenpenskoi ?
La prostitution est un sujet qui divise. Et c’est un vaste sujet, j’ai peur de ne pas pouvoir dire tout ce que j’ai à te dire. Tu as beau avoir l’esprit ouvert, souvent, tu tiques. Chester Brown, ici, nous dépeint une simple réalité, un fait : il est seul, il ne souhaite pas s’engager. Il n’est pas pervers, simplement, le contact charnel lui manque. Est-il répréhensible de pouvoir, légalement (Chester vit au Canada), contre une rémunération correcte, assouvir cette envie ? Oui, parce que, au Canada, il faut savoir que la prostitution est légale (dans certaines conditions qu’il explique très bien).

C’est un ouvrage fort, qui ne crie pas au visage de ses lecteurs.

  • Le trait est simple, les visages peu expressifs : Chester Brown nous présente une froide réalité : la sienne, celle d’un homme pragmatique, droit dans ses bottes, et ça, j’ai aimé ;
  • le respect des femmes, de ses amis, pondère le sujet. Ces femmes, on ne voit pas leur visage, et on ne sait de leur vie que ce qui a un rapport avec la prostitution. Le secret est respecté ;
  • à la fin du livre, Brown nous propose des appendices, qui clarifient son propos, et qui éclairent notre lecture (loi, morale, opinion, etc.).

Je partage personnellement son point de vue qui consiste à dire que si une femme souhaite faire commerce de son corps, l’en empêcher va à l’encontre de ses droits fondamentaux. En dehors de la morale puritaine de ses détracteurs, la prostituée ne fait de mal à personne, et la stigmatiser ne fait que renforcer son insécurité, parce qu’elle se prive de l’aide des forces de l’ordre, de celle de ses proches, par peur des remontrances. Accompagner plutôt que d’accuser et de punir, c’est le B-A BA de ce qu’on apprend depuis tout petits.

Seule ombre au tableau : exposer un point de vue, je suis d’accord (d’autant que j’en partage certains aspects). Mais faire de son opinion une vérité universelle en induisant que ceux qui pensent comme tout le monde ont tort, je dis stop. Ce n’est pas aprce que Chester Brown ne croit pas en la monogamie et en l’institution du Mariage qu’il doit affirmer que l’homme n’est absolument pas fait pour ça. Lui ne l’est peut-être pas, mais si moi je choisis de vivre selon ce principe en mon âme et conscience, je ne suis pas pour autant un faible mouton de la morale.

Enfin, si le sujet t’intéresse (et même si tu souhaites ouvrir ton esprit), je te recommande grandement cette BD. D’ailleurs, je te mets la vidéo de Pénélope, histoire de…

Pour info :
Cornelius Editions, 280 pages, 25,50€ chez ton libraire (gratuit dans la médiathèque)

 

Publié dans Bouquinade

« C’est pas un livre, c’est une BD » et autres inepties

Ami du jour, bonjour !

Ajourd’hui, je suis énervée. Mais pas énervée genre t’as un trou dans ta chaussette. Non ! Je suis vénère comme le tonnerre, comme le dirait ma collègue Géraldine. Plusieurs choses.

La première : j’écoutais (en travaillant) les vidéos d’un Booktubeur (ceux qui parlent de livre sur Youtube… mais si, tu sais ! Même ma maman, elle sait…) Et d’un coup, mon sang n’a fait qu’un tour. Déjà, en termes de contenu, c’était pas ça, mais il a dit ce qu’il n’aurait JAMAIS dû dire. « Je vais vous présenter le prochain livre. Enfin, c’est pas un livre, c’est une BD ». STOP ! T’as dit quoi tête d’ampoule ? Prends ton dico. Allez ! Prends-le, bordel ! Cherche la définition de livre.

Je te la donne, et avec l’aide d’un dictionnaire qui déchire sa maman : le TLFI.
Livre (subst. masc.) : Assemblage de feuilles en nombre plus ou moins élevé, portant des signes destinés à être lus.

On fait la check-list.
Est-ce qu’une BD a des pages (ou des feuilles) ? Oui.
Est-ce ces pages sont assemblées ? Oui.
Est-ce que ça se lit ? Oui (et ça va même au-delà des signes, des mots et des phrases, tu peux lire les images !)

Une BD est donc un livre. CQFD. Et toi, qui lis des pavés des 1500 pages sur des sujets divers et variés, tu penses que tu lis mieux que celui qui vient d’avaler — au-delà des Astérix (parce que non, la BD ce n’est pa que ça, même si ça c’est cool) — la bio de Joséphine Baker, celle d’Olympe de Gouges et celle sur l’endoctrinement des populations en Corée du Nord ? Parce que oui, on peut parler de tout ça en BD. Et de tolérance, et d’équité, et de trucs vachement funs aussi. Donc lire de la BD, c’est lire, et c’est génial ! C’est avec des conneries de ce genre que, quand tu bosses en bibli, comme ça m’est arrivé, tu te retrouves avec des gamins, et pire, des adultes, qui ont honte de te rapporter la collection complète des Tintin ou des Walking Dead . Et ça me gave.

Second coup de sang (oui, oui, Booktube me rend folle). Certains Booktubeurs ont réellement un contenu et des propositions de lectures variées, et super intéressantes (on en parle bientôt) ! Mais, crotte-zut-flûte, quand tu causes de ton personnage principal, ne l’appelle pas « le protagoniste principal » ! Parce que le protagoniste, c’est DÉJÀ le personnage principal ! Et ça mon loulou, ça s’appelle un pléonasme. Comme monter en haut.

Voilà, je vais mieux. Je te fais de sincères poutous, en attendant de chroniquer les quelques bouquins sur lesquels je planche en ce moment.

Publié dans Le mot du jour, Madame Je-Sais-Tout

Le mot du jour : monstre

Ami du jour, bonjour !

Aujourd’hui, je déroge à ma flémingite aiguë du vendredi pour te faire un vrai billet, et te présenter une chaîne Youtube (oui oui, encore !) que je viens de découvrir.

Le mot du jour : monstre

Là, tu te dis : « sérieux, je sais ce que c’est ! » Mais tu sais aussi que je ne choisis jamais un mot au hasard, alors tu commences à être intrigué, d’autant que tu te rends compte que je suis en train de remplir une page de paroles totalement vaines. Donc, je reviens à mes moutons.

Si tu devais expliquer ce qu’est un monstre, que dirais-tu ? Prends deux minutes pour y penser et reviens au billet.

Tu parlerais probablement de laideur, peut-même de méchanceté. Monstruosité morale ou physique. Et tu n’aurais pas tort. Ce que je trouve intéressant, c’est l’origine du mot. On te parlera dans les dicos de ces différents sens (physiques, moraux), mais rarement clairement de son origine.

Du latin monstrum (de monere «avertir, éclairer, inspirer»), c’est d’abord un terme religieux : le prodige qui avertit de la volonté des dieux (quod moneat, dit Festus, voluntatem deorum). C’est aussi de là que vient le verbe montrer. Donc le monstre est celui que l’on montre. Parce qu’il a une particularité physique, bien souvent.

Le TLFI va même jusqu’à le définir comme « objet de caractère exceptionnel ; être de caractère surnaturel ». Celui que l’on montre parce qu’il est différent donc. Par extension parce qu’il ne présente pas les mêmes valeurs morales que nous. Et c’est là qu’intervient la chaîne Youtube le mock. Je vous propose la vidéo qu’ils ont fait sur le sujet : Que faire de l’œuvre d’un monstre ?

 

Publié dans Madame Je-Sais-Tout, Sors ta science

Sors ta science #11

Ami du jour, bonjour !

Nous ne sommes pas vendredi, et pourtant, je m’apprête à exploiter sans vergogne les travaux d’un autre. Attention, je ne m’attribue pas le mérite, mais comme l’info a fait tilt, j’ai vraiment eu envie de la partager avec toi.

Aujourd’hui, nous allons causer, toi et moi, d’une expression française : toucher le Pactole.

Alors déjà, tu te dis : « mais c’est quoi cette majuscule à Pactole ? » Relax, je vais t’expliquer. Tu es peut-être comme moi, tu te dis sûrement que Pactole est un mot issue de l’argot qui désigne un paquet… sous-entendu un paquet de fric. Toucher le Pactole = toucher un paquet de billets.

Bah nan, comme moi, tu n’es pas infaillible (et pourtant tu essaies) et tu te plantes. C’est en écoutant la vidéo de Manon, de la chaîne Youtube C’est une autre histoire, que j’ai appris mon erreur. Manon, elle est géniale, elle te cause d’Histoire et d’art, et c’est même pas chiant ! Pire, tu en redemandes ! (la rédation n’est en aucun cas rémunérée pour l’éloge qu’elle peut faire des Youtubeurs qu’elle admire, ndlr).

Revenons à notre Pactole. Tu connais le roi Midas ? Non, pas les garagistes, le gars qui a souhaité que tout ce qu’il touche se transforme en or (si tu as vu Aladdin et le Roi des voleurs, tu vois la référence à la main de Midas). Midas, c’est un roi de l’Antiquité grecque qui a rendu service à Dionysos (oui, celui qui boit du vin). Pour le remercier, le dieu lui a promis d’exaucer un vœu. Midas, dans sa c(st)upidité, a souhaité que tout ce qu’il touche se transforme en or. Eh eh, bonne idée à première vue. Et là, tu commences à réfléchir, et tu te dis qu’en fait, c’est peut-être pas si cool comme idée. Déjà, comment tu manges ? Midas a pensé comme toi. Alors il a demandé à Dionysos de lui retirer ce don. Dionysos l’a donc envoyé se laver les mains dans le fleuve, je te le donne en mille… Pactole ! Le sable qui composait le lit du fleuve s’est changé en or, Midas a été débarrassé de sa malédiction et TADAM on a hérité d’une superbe expression française, dont tu connais maintenant la signification.

Je te laisse la vidéo (je cale le départ en milieu de vidéo pour les besoins du blog, mais si tu veux écouter la vidéo entière, clique ici).

Publié dans Bouquinade, Litté de l'imaginaire (SF, Fantasy, Fantastique), Uncategorized

Jurassic Park (Michael Crichton)

Ami du jour, bonjour !

Un billet matinal, aujourd’hui. Rien de tel que d’écrire à la fraîche. Chéri est parti à une importante réunion de chasse (parce que oui, il chasse, mais pas les Bambi, non, eux il a plutôt tendance à les laisser filer). Je suis donc seule à la maison, et avant de m’atteler aux tâches ménagères (enfin, en attendant que la machine à laver ait fini de tourner), je prends 2 minutes pour te présenter ce chef-d’œuvre de la SF.

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Sarakontkoi ?
À moins de vivre sur une autre planète, tu sais déjà que ça cause de dinos. John Hammond invite en avant-première dans son nouveau parc les professeurs Grant (paléontologue) et Satler (paléobotanologiste => comme un paléontologue, mais spécialisé dans les plantes). Bref, ils étudient les dinosaures. Hammond a plus que jamais besoin d’un aval et d’un soutien scientifique pour convaincre ses actionnaires de le laisser ouvrir son parc révolutionnaire : un parc à dinosaures. Et croyez-moi, il ne s’agit pas d’animatronics…

Tenpenskoi ?
Je n’en ai pas dit beaucoup plus, parce que normalement tu as vu le film, et si tu ne l’as pas vu, tu en as entendu parler, tout de même. Sauf si tu as élevé les marsupiaux en Papouasie ces 25 dernières années. Chacun son truc. Moi, le mien, depuis toute gamine, c’est les dinosaures. Alors, quand j’ai vu que mon ami Flo avait dans sa bibliothèque un exemplaire de Jurassic Park, je lui ai dit : « mais, ils en ont fait un livre aussi ?! » Après quoi, il s’est esclaffé et m’a corrigée : « non, ils ont fait un film à partir du bouquin ! » La quiche. Je lui ai tout de même fait promettre de me le prêter une fois que j’aurais terminé ma lecture du moment.

Quelques semaines après ça, il rapplique avec un exemplaire poche dudit bouquin, trouvé d’occas’. Je ne te raconte pas l’euphorie qui s’est emparée de moi ! Mille mercis, Flo. Mais tout ça ne te dit pas ce que j’en ai pensé.

Toi, tu connais le petit vieux sympa habillé tout en blanc, tellement passionné qu’il en est émouvant, adorant ses petits enfants et peu avare quand il investit dans son rêve : monter un parc avec des dinos. Moi je vais te raconter celle d’un homme qui a fait une avancée scientifique majeure dans le domaine du clonage, qu’il est bien décidé à monétiser au moyen d’un parc sensationnel. Oui, il est beaucoup question d’argent.

Jurassic Park le livre m’a fait ouvrir les yeux sur Jurassic Park le film, parce que le (magnifique, merveilleux) Tyrannosaurus Rex (qui me fiche des frissons de bonheur à chaque apparition) a détourné mon attention du réel sujet du film, comme du livre. Est-ce parce qu’on peut le faire qu’on doit le faire ?

Le livre donne la part belle à toute une réflexion philosophique sur la Vie, la Nature, et sur la science, mais éclaire également le manque de contrôle, voire de législation, qui permet à des apprentis sorciers d’exploiter ces failles légales pour satisfaire leur égo en allant toujours plus loin. On nous pose une question d’éthique.

Au-delà de ça, je me suis toujours dit Jurassic World, la suite de la trilogie de films originale, était simplement une pompe à fric, où l’on nous montrait de plus gros dinos pour faire sensation. Mais pas du tout ! En lisant Jurassic Park, j’ai vu Jurassic World en filigrane tout le long ! Parce que Jurassic World est l’exacte concrétisation de ce que voulait faire John Hammond. Alors que son parc part en cacahouète tout au long du livre, il n’a de cesse de nous décrire sa vision des choses… qui correspond à la lettre à ce que nous montre Jurassic World. Donc, pour bien compléter l’expérience, je te propose de voir le film original (celui de 93) si ce n’est pas fait, de lire Jurassic Park, et de regarder Jurassic World.

Je te touche deux mots du style : ce n’est pas pour rien que Spielberg en a fait un film. Crichton écrit l’action. Si bien qu’une ou deux fois, il m’a une peu perdue tellement il avaçait vite, alors que moi, j’essayais encore de trouver mes repères. Mais ce n’est qu’un point de détail, tellement j’ai aimé le sujet de sa réflexion.

Je ne résiste pas à l’envie de partager avec toi le passage qui m’a le plus marquée. C’est Malcolm qui explique sa théorie. Dans le film, il s’agit de la scène où ils déjeunent après avoir nourri les raptors, à laquelle je n’avais jamais vraiment fait attention avant de la lire telle quelle :

Les scientifiques nous répètent à l’envi qu’ils cherchent à découvrir la vérité sur la nature. Il y a du vrai là-dedans, mais ce n’est pas ce qui les motive.[…] La véritable préoccupation des scientifiques est la réussite. Tout ce qui les intéresse, c’est de savoir s’il peuvent faire quelque chose, et ils ne prennent jamais le temps de se demander s’ils devraient le faire.[…] S’ils ne le font pas « eux », ce sera quelqu’un d’autre. Ils ont la conviction que les découvertes sont inévitables et essaient simplement d’être les premiers.[…] Toute découverte scientifique est un viol du monde naturel. Ce sont les scientifiques qui le veulent.[…] Ils ne peuvent se contenter de regarder, d’évaluer. Ils sont incapables de s’intégrer à l’ordre naturel des choses. Il leur faut provoquer quelque chose de non naturel.[…] Je voudrais que les gens se réveillent. La science moderne se développe depuis quatre siècles, nous devrions maintenant savoir à quoi nous en tenir et ce qu’elle peut nous apporter.

Merci Flo, ce fut une fantastique expérience de lecture.

Pour info :
éditions Pocket, 512 pages, 7,90€

Publié dans La pensée qui panse, Madame Je-Sais-Tout

La pensée qui panse #19

Ami du jour, bonjour !

Peut-être que tu es tombé, tout à fait par hasard, sur la page Facebook du blog hier, ou ce matin. Peut-être que tu as vu que j’avais rencontré, grâce à mon merveilleux époux, à la librairie Les Volcans, le président de l’Académie Goncourt, le maître des dictées (ma grande passion), l’amoureux des mots et des livres, M. Bernard Pivot.

Enfin, rencontré, c’est vite dit. Tu as toujours une montagne de choses à dire tandis que tu attends, que tes genoux s’entrechoquent et que ton cœur s’emballe. Et puis, tu es devant lui, tu lui sors un truc à peu près cohérent… qu’il n’écoute pas tellement il est occupé à signer ton foutu bouquin. J’ai eu 30 secondes avec lui, il m’a à peine vue passer. Et mon cœur saigne.

Mais enfin, j’en profite pour partager avec toi une petite morale sympa, que j’ai trouvée drôle, bien que très vraie.

Publié dans Highway to FIV

Don’t worry, be happy.

Salut les loulous !

Bon, je vous rassure (ou pas), rien de nouveau côté FIV ou bébé, on reste sur un top départ en août (pile pendant mes vacances, ça tombe super bien).

Simplement, je me faisais une réflexion. Hier, je suis allée voir mon osthéopathe, et je me suis rendu compte que quelque chose clochait. Aujourd’hui, je vais beaucoup mieux qu’au début de l’année. Je parviens à faire la part des choses (youpi pour moi) et même à être heureuse pour de vrai. Tu sais, pas juste le « ça va » agrémenté d’un sourire que j’espère suffisamment convaincant. Non, vraiment, je vais bien. Et ça me rend heureuse.

Mais (parce que, oui, il y a un mais) voilà, je me rends compte que ce n’est pas moi qui ne vais pas bien. Ce sont les gens autour de moi. Famille, amis. À de rares exceptions, leur inquiétude me concernant prend souvent le dessus sur leur optimisme. Je sais que certains d’entre eux ont souffert de me voir agoniser. Oui, quand je ne vais pas bien, j’agonise : je pleure, je hoquette, et je m’enferme dans mon mutisme. Et ils en chient des ronds de pendule ! Et comme je suppose qu’ils m’aiment, ils ont très mal aussi.

Alors quand ils me voient espérer à chaque retard de règles, ou être persuadée que tout va fonctionner, ils ne disent rien. N’encouragent pas mon enthousiasme. Surtout pas. Parce que quand je tombe, c’est de très haut, alors à quoi bon ajouter un tabouret et des échasses sur l’échelle que je vais dégringoler. Parents, amis, famille, je vous aime. Je vous aime très fort. Mais je préfère mille fois espérer, et vous voir espérer avec moi que de sentir vos regards gênés face à l’ardeur de mon espoir. Et si je tombe de haut, je me relèverai. Ca prendra du temps, ça prendra des larmes, et je tomberai sûrement de mon échelle-tabouret-échasses. Mais je préfère ça que de m’étouffer d’angoisse et de prudence. D’ailleurs, la prudence n’a rien à voir avec le bonheur.

Alors si vous aussi, vous connaissez des femmes dans ma position, abandonnez vos regards emplis de pitié, votre prudence, vos angoisses. On a déjà tout ce qu’il nous faut de ce côté-là. Vous avez le rôle le moins facile et le plus ingrat : soutenir inconditionnellement votre amie / conjointe / fille / femme, laisser derrière vous ce sentiment d’impuissance qui vous étreint, et lui donner toute l’énergie dont elle aura besoin. Et surtout, surtout, espérez aussi fort qu’elle, et ne la freinez pas. Mais vivez aussi votre propre bonheur, et partagez-le avec elle. Vous avez le droit d’avancer dans votre vie, d’avoir des enfants. Ne la laissez pas de côté, ne la laissez pas tomber… elle est si fragile, être une femme libérée tu sais c’est pas si facile.

Publié dans Le mot du jour, Madame Je-Sais-Tout

Le mot du jour : vaccin

Ami du jour, bonjour !

L’autre jour, je me baladais… sur l’avenue, le cœur ouvert à l’inconnu, j’avais envie de dire bonjour à n’importe qui. Non, rien à voir, je me baladais sur Instagram, et là, je tombe sur une story de Lemon June (oui, encore elle, mais qu’y puis-je si cette nana est géniale) qui faisait un compte-rendu de sa lecture en cours. Le livre en question parlait entre autres de l’avancée de la médecine en Espagne (il me semble) au XIXe de manière plus ou moins romancée. Au milieu de tout son enthousiasme, je capte 10 mots : « j’ai même appris d’où venait le mot vaccin ». STOP ! Quand une phrase commence comme ça, c’est forcément pour moi. Il ne m’en a pas fallu plus. Ni une ni deux, je me jette sur mon ordi, Google et Wikipedia sont mes amis, et me voilà.

Le mot du jour : vaccin

Toi, tu es comme moi, tu sais ce que c’est un vaccin : une piqûre désagréable qui te rend parfois malade. Et même que des fois, ça vient par trois, et ça laisse une jolie marque sur ton bras. Mais est-ce que tu sais pourquoi ça s’appelle un vaccin ?

Eh bien sache que Pasteur, qui a développé le vaccin contre la rage en 1885, n’a pas été le premier ni le seul à se pencher sur la question de la mithridatisation => bah oui, j’en ai déjà fait un mot du jour de celui-ci, mais si tu n’as pas suivi, alors clique dessus. Le vaccin, c’est la même chose : on t’inocule un virus moins fort, ou en faible quantité, pour forcer ton corps à créer les anticorps qui te défendront.

Le mot vaccin vient du latin vaccinus, qui veut dire « de vache ». Il faut savoir que d’importants travaux étaient menés sur la variole, parce qu’elle causait une importante mortalité à chaque épidémie (environ 20% de la population). Et là, je passe le flambeau à Wikipedia :

En 1769, le docteur Jobst Bose […] montre qu’une protection contre la variole peut être acquise via le lait de vaches malades. […]

Edward Jenner a théorisé que le pus présent dans les vésicules des trayeuses qui avaient contracté la vaccine (une maladie bovine semblable à la variole, mais beaucoup moins virulente), protégeait les trayeuses de la variole.

Voilà donc, bien qu’on ait donné la part belle au vaccin contre la rage, ce sont bien les travaux sur la variole et sont penchant bovin, la vaccine, qui ont donné leur nom à la célèbre piqûre.

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