Publié dans Le mot du jour, Madame Je-Sais-Tout

Le mot du jour… quand t’as la flemme !

Ami du jour, bonjour !

Il souffle sur mon été comme un vent de flemme, une douce langueur, une envie de farniente. Et, tandis que je m’auto-traite de feignasse, je me demande si je suis plutôt dans la catégorie…

Le mot du jour : fainéant / feignant.

En soi, la réponse est dans la question : quelle est la différence entre un fainéant et un feignant ? Bah pour la faire courte, t’as un fourbe, et l’autre qui assume de ne rien foutre.

Laisse-moi t’expliquer. Le fainéant, comme son nom l’indique fait néant, donc que dalle. Il ne fait rien.

Mais le feignant, lui, c’est celui qui feint (du verbe feindre = faire semblant). Donc, c’est le gars que tu crois qu’il est toujours occupé alors qu’il en fout pas la rame… et toi, t’es dans quelle catégorie ?

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Publié dans Le mot du jour, Madame Je-Sais-Tout

Le mot du jour : scrogneugneu

Ami du jour, bonjour !

Aujourd’hui, je te parle d’un truc vital : j’ai enfin découvert que ma frangine et moi étions des génies quand nous étions gamines ! Jill, ma biche, je lève le voile sur une partie de notre enfance, avec une pensée émue pour cette pauvre poupée mannequin moche (en tout cas, pas assez belle pour avoir le beau rôle dans nos scénarios de princesse-forte-mais-en-danger-sauvée-par-le-prince-et-on-dit-pas-ce-qu’il-lui-fait-après !) Bref…

Le mot du jour : Scrogneugneu

Ou dans une forme moins esquintée : sacrégnongnieu. Pourquoi, me demanderas-tu, faire appel à mes souvenir d’enfance, en nous targant d’avoir été, ma sœur et moi, des enfants douées ? Eh bien dis-toi que dans nos jeux d’enfants (faits de poupée Barbie et pas Barbie, mais surtout pas Barbie), la plus moche d’entre elles (qui avait une choucroute moche sur la tête => en même temps, les bains à répétition l’avaient tuée) jouait le rôle d’une servante dont le sobriquet n’était autre que Scrogneugneu… ne sont-elles pas merveilleuses ces enfants ?

Tout ça ne nous dit pas ce que ça signifie. N’as-tu jamais grondé un enfant, ou bien été grondé toi-même, parce que tu poussais ce juron, entendu au cours d’une conversation : « sacré nom de Dieu » ? Scrogneugneu, ou Sacrégnongnieu, en est la version escamotée qui t’évitait (ou l’aurait pu en tout cas) le revers de main de ta grand-mère. C’est une sorte de marmonnement émis du fond de votre gorge, qui te permet de jurer en toute tranquilité. Et c’est le nom de cette poupée, paix à son âme, qui n’aura jamais été que la moche qui n’avait pas de vêtements. Et pour elle : VDM.

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Publié dans Le mot du jour, Madame Je-Sais-Tout

Le mot du jour : smaragdin

Ami du jour, bonjour !

Je ne serai pas longue aujourd’hui, mais je viens d’apprendre un mot qui me met en joie. Peut-être tu sais, peut-être tu sais pas, mais moi, j’aime le vert. Le beau vert des prairies, le vert sapin, le vert bouteille, moins le vert pomme, mais surtout, j’adore le…

Le mot du jour : smaragdin.

Le vert émeraude quoi. Dis-toi que pour mes 30 ans, ma chère petite sœur et mon mari que j’aime avaient — eux qui me connaissent si bien — préparé un jeu, dans lequel j’aurais dû deviner la définition de mots compliqués. Ca ne s’est pas fait, pour diverses raisons. Mais pour info, j’en connaissais un sur les dix ! (Qui fera peut-être l’objet d’un futur billet.)

Là, c’est un mot chelou ET ça veut dire vert quoi ! L’éthymologie n’est pas folichonne, puisque le mot est directement tiré du grec smaragdos, qui veut dire… émeraude, le choc ! Juste, ça veut dire vert. Et je te laisse là-dessus, poète du dimanche qui recherche toujours de nouveaux mots à faire rimer…

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Publié dans La pensée qui panse, Madame Je-Sais-Tout

La pensée qui panse #20

Ami du jour, bonjour !

J’ai un million de trucs à partager avec toi, mais pour aujourd’hui, je ne me ferai que passeuse d’info. Ce week-end, j’ai fêté mes 30 ans (youpi !) autour d’un BBQ le samedi midi. Le soir, après un repas de restes improvisé (et je parle des restes de bouffe, pas des restes d’amis) nous avons philosophé jusqu’à pas d’heure autour d’un saladier de pastèque et de quelques bougies à la citronnelle.

Flo, Alex, Fanny, Maëlle, Aurel, Joann, Jean-Noël et moi avons beaucoup échangé sur divers sujets, notamment sur Youtube et ses vidéos. Vous savez que les vidéos des Booktubeurs et autres Youtubeurs sont mes compagnes de travail, je vous le répète assez. Il nous a été conseillé de jeter un œil à ce qu’il se passait sur la chaîne de Et tout le monde s’en fout. Et là, je dis OUI !

Mon très cher époux a cru bon ce matin de faire une petite sélection et m’a envoyé la vidéo ci-dessous. Le gars s’appelle Axel Lattuada. Et là, il te parle d’émotion et de sentiment. Et il t’explique qu’en fait, tu n’es pas victime de tes émotions, mais que c’est ton corps qui te parle, et essaie de te faire AGIR ! Tu n’es donc pas passif, puisque du moment où tu décryptes les messages de ton corps et que tu fais quelque chose pour y remédier, bah il te fout la paix, et tu es heureux. C’est pourquoi il est urgent de commencer à s’écouter.

Moi, je te file le lien, et je t’encourage vivement à regarder cette vidéo de quelques minutes. Ca ne mange pas de pain, et ça pourrait changer ta vie 🙂

Publié dans Bouquinade, Roman

L’extraordinaire voyage du fakir qui était resté coincé dans une armoire Ikea (Romain Puértolas)

Ami du jour, bonjour !

Aujourd’hui, je diminue la pile mentale des livres que je n’ai pas lus. Celui-ci m’a été offert par Chéri, et il est sorti de la poussière de mes étagères sur proposition de mon amie Laura. J’avoue avoir pensé à toi, Charlotte, qui as trouvé ta voie, comme Ajatashatru.

Cher lecteur, chère lectrice, je te propose de partir en voyage avec moi. Loin, mais tout près, entre ici et là. Alors ouvre bien grand ton esprit, vérifie ton parachute et suis-moi dans cette belle aventure.

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Sarakontkoi ?
Ajatashatru Lavash Patel, fakir Indien (un brin arnaqueur) de son état, arrive à Roissy, rien que pour acheter chez Ikea le tout dernier lit à clous spécial fakir. Sans rien d’autre sur lui qu’un faux billet de 100€, qu’il réserve à l’achat de son lit, il se voit contraint de passer la nuit clandestinement dans le magasin. Et quel meilleur endroit qu’une enseigne d’ameublement avec cafétéria ? Mais rien ne se passe comme prévu et Aja, caché dans une armoire victime de l’inventaire nocturne du magasin, s’apprête à vivre la plus improbable des aventures.

Tenpenskoi ?
Je l’avoue, en lisant les premières pages, j’ai trouvé cette espèce de comique de répétition qu’utilise l’auteur légèrement lourd. Et j’ai failli me fermer comme une huître. Mais qu’aurais-je manqué alors ? Il faut juste faire confiance à Romain, il sait visiblement ce qu’il fait.

Toi, tout le long du bouquin, avec ta tête d’adulte, tu te dis « mais n’importe quoi le gars ! » En fait, quand tu fermes le livre, tu as juste l’impression qu’un enfant — qui a mieux compris que toi ce qu’était la vie — vient de te faire un cours magistral. Et c’est ce qui rend ce récit si exceptionnel. Et si parfois tu secoues la tête, que tu luttes, avec ta logique de grand, le bouquin te regarde droit dans les yeux et te dit : « ah ouais ? Prouve-moi que c’est pas possible ! » Et tu peux juste pas.

Touchant, drôle, absurde, mais tellement vrai, il te raconte une histoire. Celle d’un rêve, d’un espoir, d’une destinée. Une de ces 1001 histoires du soir que Shéhérazade raconte à son roi perse. Et petit à petit, tu t’apaises et tu te laisses porter. Parce que le monde n’est pas compliqué. Il est simple comme un bonjour, comme un bout de quatre-quarts partagé à l’arrière d’un camion avec des réfugiés, comme un roman griffonné sur une chemise louée pas cher, comme une rencontre à Ikea. Il est simple comme un oui. À mettre entre toutes les mains.

Tu veux goûter ?
Ajatashatru s’imagina les Africains bondissant comme des félins hors de la nuit et montant dans tous ces camions en marche qui avaient jalonné leur chemin jusqu’ici. […] L’Indien venait de comprendre qu’il avait devant lui les vrais aventuriers du XXIe siècle. Ce n’étaient pas les navigateurs blancs, dans leurs bateaux à 100 000 euros, leurs courses à la voile, leurs tours du monde en solitaire dont tout le monde se foutait sauf leurs sponsors publicitaires. Eux n’avaient plus rien à découvrir.

Pour info :
Le Livre de Poche, 312 pages, 7.90€

 

Publié dans Madame Je-Sais-Tout, Sors ta science

Sors ta science #12

Ami du jour, bonjour !

Point de mot du jour, ni de point lecture pour aujourd’hui. Ma collègue Fred revient de vacances, et là, entre deux chargements de pneus, elle me raconte ses soirées, ses voyages. Et v’là t’y pas qu’elle me cause d’un débat auquel elle a assisté lors d’une soirée entre amis. Le sujet : l’écriture inclusive.

Mais keskecé ?

Pour commencer, sache que je n’ai pas l’intention de te faire un cours magistral, je suis loin d’être une experte en la matière. Mais ça existe, et c’est important de le savoir, d’en parler.

Dans 1984, George Orwell avait très bien compris que le langage était la clef du pouvoir. Oui, tu peux être riche, intelligent, beau. Mais rien — et je dis bien rien — ne remplacera un bon talent d’orateur (cf. le swag de Tyrion Lanister, toi-même tu sais). Parce que les mots ont un pouvoir. Et le pouvoir, l’homme — que dis-je, l’immortel académicien — s’en est emparé il y a bien longtemps, notamment au XVIIe siècle en particulier, en masculinisant bon nombre de mots (des professions surtout). Là-dessus, j’arrête l’historique, j’aurais peur de m’avancer et de dire une bêtise. Mais si le sujet t’intéresse, tu peux lire Non, le masculin ne l’emporte pas sur le féminin d’Éliane Viennot.

Bref, tout ça pour te dire qu’aujourd’hui, on essaie de rebattre les cartes, et de redonner à la femme une place dans la société. Là encore, je ne m’étends pas sur le féminisme et ses combats, je te laisse maître de tes opinions. Toujours est-il que l’écriture inclusive fait partie des armes que l’ont sort au nom de l’équité entre hommes et femmes. Et je m’en vais t’expliquer de quoi il s’agit.

Selon le site www.ecriture-inclusive.fr, il s’agit de « l’ensemble des attentions graphiques et syntaxiques permettant d’assurer une égalité des représentations entre les femmes et les hommes. » En gros, donner une place au féminin dans le mot et la phrase, même lorsque celui-ci se mêle au masculin. On te propose quelques solutions :

  1. Accorder en genre les noms de fonctions, grades, métiers et titres
    Exemples : « présidente », « directrice », »chroniqueuse », « professeure », « intervenante », etc.
  2. User du féminin et du masculin, par la double flexion, l’épicène ou le point milieu
    Exemples : « elles et ils font », « les membres », « les candidat·e·s à la Présidence de la République », etc.
  3. Ne plus mettre de majuscule de prestige à « Homme »
    Exemple : « droits humains » ou « droits de la personne humaine » plutôt que « droits de l’Homme »

Et pour la petite histoire, sache que les Allemands, comme d’hab, sont super en avance sur nous, parce que, eux, ils ont déjà intégré l’écriture inclusive, et sans bouder, oui Monsieur-dame ! Non contents de féminiser toutes les professions en ajoutant le suffixe -in, ils proposent également un pluriel mixte en insérant un -i- majuscule avant la marque du pluriel. Ainsi :

der Lehrer : le professeur
die Lehrerin : la professeure
die Lehrer : les professeurs (masculin)
die Lehrerinnen : les professeurs (féminin)
die LehrerInnen : les professeur.e.s

Comme dirait l’autre, ça ne mange pas de pain, et on sait de quoi on cause. À bon entendeur/-se, cher.e.s lecteurices…

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Publié dans Bouquinade, Roman

Les Petites Reines (Clémentine Beauvais)

Ami du jour, bonjour !

Aujourd’hui, point de mot du jour, mais un roman que j’ai terminé hier soir, et qui m’a beaucoup touchée, dans le sens premier du terme, puisque j’ai été victime des moqueries et des quolibets de mes camarades de classe. Et c’est bien ce dont il va s’agir ici… mais pas que. Allez, tu viens ?

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Sarakontkoi ?
Mireille, 15 ans, est étonnée : voilà 2 ans qu’elle est élue Boudin d’or de son lycée, et cette année, elle n’est que Boudin de bronze ! Parce que oui, son (ex-)meilleur ami d’école a décidé d’organiser un concours sur Facebook afin d’élire les filles les plus moches de son lycée. Intriguée, Mireille mène l’enquête et fait la connaissance des deux jeunes filles qui l’ont détrônée… et entreprend avec elles un voyage à vélo en direction de Paris, pour le moins insolite puisqu’elles vendront, je te le donne en mille : des boudins !

Tenpenskoi ?
Pour le coup, j’ai vraiment besoin d’organiser mes pensées. Je vais te raconter plein de trucs sur moi, entre autres, et quand le sujet me touche aussi personnellement, j’ai du mal à faire preuve d’objectivité.

D’abord, le sujet. La différence, et le harcèlement scolaire qui en découle. Pour se faire accepter des caïds de son lycée, l’ami d’enfance de Mireille n’hésite pas à entrer dans le jeu de la moquerie. Parce que c’est facile. Et parce que si tu n’es pas la copie conforme de ce que les magazines montrent de la norme, alors tu es un outsider. Et tu en prends plein la tronche. Surtout lorsqu’il s’agit de physique. Personnellement, je me souviens très bien de la petite Charlotte Rai (oui, je te cite, Charlotte) qui aimait rire avec ses amis en m’appelant la Grosse alors que d’une, je n’étais pas grosse, et de deux, je ne lui avais jamais rien fait ! Au pire, elle me terrifiait… c’est comme les chiens : quand ça sent la peur, ça mord. Et là, tu te rends compte que ce genre de remarques de merde détermine l’image que tu as de toi. Tu te vois grosse, c’est l’image de toi-même que tu t’imposes. Alors, parfois, tu finis par le devenir. Merci Charlotte. Heureusement qu’aujourd’hui, je peux promener ma cellulite sur la plage, sans en avoir quoi que ce soit à foutre de ce que les Charlotte du monde entier peuvent bien penser de moi. Et tu sais ce qui est pire ? Si un jour je la croise, elle se souviendra peut-être vaguement de moi, mais absolument pas de ce qu’elle m’a fait.

Ca, c’était le premier point. Le second, c’est que personne ne semble vouloir agir. Dans le livre, la principale du lycée a été mise au courant, et n’a pas pu faire arrêter ce concours, ni même sanctionner le jeune homme en question. Peur ? Indifférence ? Faut-il qu’un enfant se sente acculé au point de vouloir en finir pour que ce soit l’affaire de tous ? Et on passe les menaces physiques, les coups que reçoit Mireille lorsqu’elle refuse céder à la terreur. (Coups que j’ai également reçus… bon, en moins grave, je l’avoue).

Le troisième point, c’est que certaines gamines sont reconnaissantes à ce concours de leur avoir ouvert les yeux, et permis de voir qu’elles devaient prendre soin d’elles. Et sur ce point, Clémentine Beauvais a touché dans le mile, en montrant la passivité des victimes, qui pensent que c’est leur faute, qu’elles doivent changer, maigrir, se maquiller, porter des fringues à la mode. Moi, j’aime Mireille. Mireille à qui il aura fallu 3 ans pour dire non au relooking, parce que, merde, elle est ce qu’elle est.

Mireille, en plus de ce petit souci de concours de Boudins, a beaucoup de mal à mettre de l’ordre dans sa vie personnelle. Parce que son père biologique, l’époux de la Présidente de la République qui a fauté avec son élève de fac 15 ans auparavant, ne sait pas qu’elle existe. Elle a beau avoir le meilleur beau-père du monde, elle ne peut pas se faire à l’idée que son père ignore qui elle est. Alors elle décide d’aller à sa rencontre à l’occasion du 14 juillet. Quoi de mieux que de s’incruster à une fête présidentielle pour y taper un scandale ? Et elle embarque avec elle ses co-Boudins, qui deviennent des amies, et le frère de l’une d’entre elles, qui a perdu ses jambes lors d’une mission militaire. Au-delà d’un dépassement de soi, c’est aussi le besoin de pardonner. De se pardonner. De s’accepter, et de voir tout ce que la vie nous offre. En oubliant gens haineux, qui te jugent, peuvent te détruire et t’enchaîner à cette victime que tu n’es pas.

Alors oui, le bouquin est drôle, il est mordant, il est poignant. Mais surtout, il est vrai. Il a serré ma gorge, et le cœur de cette gamine de 12 ans, que j’avais enfermée dans un cocon de peur, et de haine. J’ai aussi une pensée pour ma petite sœur, qui était, et sera toujours, une petite Mireille, qui parle fort, semble n’avoir peur de rien, mais qu’ils sont détruite à l’intérieur. Prenez soin de vous. Faites lire, et lisez, ce bouquin. Offrez-le à votre fille/fils/nièce/neveu. Et dites-leur qu’ils sont beaux. Pas brillants et lisses dans leur tête et dans leur corps, comme les pages d’un magazine. Mais, après tout, qui aime randonner sur les autoroutes ? Moi, je préfère mes montagnes. Ses valées, ses lacs, ses forêts. Soyez une belle balade, pas une autoroute. Merci Clémentine, merci Mireille.

Pour info :
éditions Sarbacane, collection Exprim’, 270 pages, 15,50€

 

Publié dans Le mot du jour, Madame Je-Sais-Tout

Le mot du jour : Nike

Ami du jour, bonjour !

J’ai bien reçu toutes tes propositions de mot du jour, et elles feront l’objet d’un billet prochain, mais je pensais que ce billet, aujourd’hui, serait particulièrement approprié. Et pour ceux qui se demandent si je me suis miraculeusement mise au sport, ou bien si j’ai décidé de taguer le mur de ma voisine d’obsénités, ce n’est pas le cas. En revanche, je vais bien te parler d’une célèbre marque de vêtements de sport…

Le mot du jour : Nike

Tu la connais, cette petite virgule qui ornait les baskets de ton copain de 4e (oui, pas les tiennes, toi, t’es comme moi, tu étais peut-être plus Décathlon). Quel meilleur nom — et quel meilleur emblème — pour une marque de sport que celui de la victoire ? Le rapport, me demandes-tu ? Eh bien, avant de se donner un genre en s’offrant une prononciation à l’anglaise, Nike (prononcez Niké), c’est une déesse. Et pas n’importe laquelle, tu l’auras deviné : celle de la victoire.

Elle est de noble lignage. On citera ses frères et sœurs Cratos (la Puissance, le pouvoir, comme dans démocratie, le pouvoir au peuple), Bia (la Force, mais là, je n’ai aucun exemple) et Zélos (l’Ardeur, comme celle dont vous faites preuve lors de vos excès de zèle). Mais surtout, elle orne le sceptre d’Athena sur grand nombre de représentations. Lorsque c’est le cas, Athéna se prénomme Athéna Nikê, qui guide vers la victoire.

Petite histoire sympa : si tu t’appelles Bérénice (ou Véronique, son penchant latin, qui veut dire « porteur de victoire »), Nicolas, Nicodème, ou simplement que tu vis à Nice, etc., la victoire est avec toi. (Si tu t’appelles Victor aussi, mais là n’est pas la question, nous sommes sur les origines grecques, et non latines).

Et la petite virgule, que tu connais bien, représente en faite une aile, celle de la Victoire de Samothrace, une statue de marbre blanc aujourd’hui exposée au Louvre, représentant la déesse Nikê ouvrant ses ailes (regarde en-dessous), ainsi nommée parce qu’elle a été découverte sur l’île de Samotharce.

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Voilà pour la petite histoire de ton polo, de tes baskets, de ton jogging, et que sais-je. Et ça me permet de surfer sur la vague sans même avoir à te parler foot ! Ou pas 🙂 Et comme j’adore cette nana, je propose de découvrir cette vidéo de la chaîne C’est une autre histoire (et toutes les autres, cette fille est géniale ! Et elle en a fait le sujet de sa thèse.)

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Publié dans Bouquinade, Roman

Au bonheur des Dames (Emile Zola)

Ami du jour, bonjour !

Tu auras remarqué qu’en ce moment, je poste nettement moins… Eh bien, c’est que je cherche des trucs sympas à poster entre deux lectures… et franchement, c’est pas évident ! Alors, si d’aventure tu avais envie de me proposer un mot du jour, une expression rigolotte, ou un truc « waouh, je savais pas ! », je t’en prie, je suis preneuse !

En attendant, on poursuit avec le #challengezozo lancé par Lemon June sur Instagram, toujours en livre audio pour moi. Là, on s’attaque à une ambiance un peu plus légère, quoi que… sur conseil de Lemon, bien entendu !

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Sarakontkoi ?
Paris, fin XIXe. Denise arrive à la capitale avec ses deux frères suite à la mort de son père. Elle répond ainsi à l’invitation d’un oncle, qui lui avait promis de l’aide après ce tragique événement. Mais les affaires vont mal, il ne peut nourrir autant de bouches supplémentaires, ni embaucher qui que ce soit dans sa petite boutique. En effet, un nouveau grand magasin a ouvert en face, tuant à petit feu les commerces du quartier.

Tenpenskoi ?
Qui l’eut cru ? Qui aurait pensé de cette nana, qui ronflait rien qu’en pronoçant le nom de Zola, aurait ainsi dévoré pas un, mais deux Zola d’un coup ! Bon, ok, c’est du livre audio. C’est plus facile. Mais qu’est-ce que j’ai aimé celui-ci ! Je ne vais pas t’exposer encore une fois le contexte dans lequel Zola écrit, ni sa démarche, que j’ai déjà évoqués dans mon précédent billet. Encore une fois, Zola nous dépeint sans filtre son sujet. C’est plein de descriptions (merci le livre audio, qui me permet d’imaginer une ambiance, plutôt que de m’endormir sur des pages et des pages d’inventaire, de topographie des lieux, etc.), c’est vivant.

J’aime beaucoup son héroïne, forte face à l’adversité, pourtant si simple, honnête et sincère. J’aime ces riches mégères, ces pauvres demoiselles baffouées, ces complots de couloirs. Mais surtout, j’aime la clairvoyance de Zola quant à l’évolution du consumérisme. Il a vu venir le truc : les prix qui baissent à outrance, la pression sur les fournisseurs, l’achat en gros, les offres promotionnelles, les retours gratuits et illimités… le client (et surtout la cliente) est roi. En gros, toutes les techniques de vente que tu peux croiser quand tu vas aux galeries Lafayette, tu en vois la naissance dans la tête de Mouret, le directeur du Bonheur des Dames. Et c’est génial ! Il développe aussi ce fameux paternalisme de l’employeur, proposant toujours plus de services à ses salariés. Et, pas fou le gars, il a pigé que c’est Madame qui tient les cordons de la bourse du ménage, que ce soit pour la tenue stricte des comptes, mais aussi les dépenses frivoles.

En bref, je voue un culte sans fin aux livres audios qui me permettent de découvrir avec beaucoup moins de peine les grands classiques que j’aurais dû lire au lycée. Si un prof passe par ici : si vous voulez que vos élèves lisent, lisez d’abord avec eux. Lisez pour eux même ! Et pensez à leur parler des livres audios. Ils sont libres de droits pour la plupart des classiques étudiés. Surtout, lisez Daniel Pennac (rien à voir, mais c’est un must).

Pour info :
Le livre de poche, collection Les classiques de poche, 542 pages, 4,50€

Publié dans Bouquinade, Roman

L’Assommoir (Émile Zola)

Ami du jour, bonjour !

Si tu me connais un peu, tu sais que moi, la littérature classique, ce n’est vraiment pas ma tasse de thé. Tu sais aussi que j’expérimente quelques lectures, de ci, de là, en commençant par les classiques anglais, qui ont un côté plus… romanesque. Jane Austen, les sœurs Bontë, Oscar Wilde (bon, qui est irlandais en vrai).

Mais pour tenter de nouvelles expériences, rien de tel qu’un passionné qui vous propose de vous accompagner dans votre découverte. Cette Youtubeuse aux citrons, vous la connaissez, alors, bon j’arrête de vous la présenter. Ou de parler d’elle. Mais ça va être compliqué. Lemon June a donc lancé le #challengezozo. Moi, je lis déjà 1 million de livres en même temps. Mais plutôt que de travailler avec Youtube dans les oreilles, bah, j’ai opté pour un livre audio. Et, franchement… c’est le pied !

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Sarakontkoi ?
Paris, fin XIXe. Gervaise Macquart est une toute jeune femme. Elle a déjà deux enfants d’un dénommé Auguste Lantier qui la quitte du jour au lendemain, la laissant seule à Paris avec les deux marmots. Gervaise finit par céder aux avances de Coupeau, jeune zingueur, et l’épouse. Mais suite à un accident, leur vie bascule. Gervaise subvient seule aux besoins du ménage, essuyant les humiliations, les coups durs, la violence, les ravages de l’alcool. Jusqu’à l’issue fatale à laquelle, d’après Zola, sa condition la destinait.

Tenpenskoi ?
Ouah, je l’ai fait ! Et je suis trop fière ! Il faut être averti : Zola, c’est pas de la tarte. Et je l’ai dit plusieurs fois au cours de ma « lecture », je ne sais pas si j’aurais pu le lire. L’écouter, c’est différent. Zola construit ses romans d’un millier de petits détails, ce qui fait que le livre, très dense, est en fait constitué d’une quizaine de scènes majeures décrites à outrance, replacées dans un contexte soigneusement dépeint. Zola se revendique naturaliste.

Pour bien comprendre la portée de L’Assommoir, il faut comprendre le mouvement naturaliste. En effet, Zola fut de ceux qui ont voulu pousser plus loin le réalisme en lui appliquant la méthode expérimentale des sciences humaines : observer l’évolution d’un sujet mis dans une situation donnée par l’auteur. L’auteur se fait alors « scientifique », observateur. Par exemple : l’auteur prend un sujet (l’alcoolisme), émet une hypothèse (l’alcoolisme est héréditaire et/ou dû au milieu social) et place ses personnages dans cette condition.

Et c’est exactement ce que fait Zola. Bien que je ne partage pas totalement son point de vue sur l’influence de l’hérédité et du milieu sur la misère et l’alcoolisme, je ne peux que saluer son travail. Il n’épargne rien à ses personnages : la violence, la misère, la faim, la honte. Tout est cru, réel, sans filtre. Et comme dans la vie, ça ne finit pas forcément bien. Ce qui m’a choquée, c’est l’opposition entre les messages (trop) positifs du self-made man qu’on nous sert aujourd’hui, et celle, fataliste, que nous sert Zola. Pour moi, le tout-beau-et-mielleux, c’est un peu too much. Mais dire qu’on ne peut pas se battre contre son milieu, je tique aussi.

Ceci dit, pour conclure, j’ai été bouleversée par ce bouquin, qui me donnait pourtant envie de ronfler. Et si, comme moi, vous avez peur (n’est-ce pas maman), écoutez-le ! En cuisinant, en faisant les papiers… et vous découvrirez un autre monde. Merci Lemon, merci à tous les participants, et à ceux qui prendront le train en route, de partager cette aventure 🙂

Pour info :
Le livre de poche, Les Classiques de Poche, 566 pages, 4€