Publié dans Bouquinade, Litté de l'imaginaire (SF, Fantasy, Fantastique)

La Quête d’Ewilan (Pierre Bottero)

Ami du jour, bonjour !

Je t’en ai parlé rapidement sur les réseaux sociaux, depuis quelques temps, j’essaie de ne pas chronique une série avant de l’avoir terminée. D’une part parce que c’est plus simple pour toi de suivre si les articles concernant les différents tomes ne sont pas éparpillés, mais aussi parce que résumer un tome 2 ou 3 peut divulgacher une partie de l’intrigue, alors qu’il est plus facile pour moi et plus sympa pour toi d’avoir un résumé global. Je te parle donc de ma lecture (ou plutôt de mon écoute, tu l’auras deviné à l’image ci-dessous) de la trilogie La Quête d’Ewilan, de Pierre Bottero, un must-read de fantasy jeunesse.

Sarakontkoi ?
La jeune Camille, 12 ans, surdouée, vit avec des parents adoptifs snobs et peu aimants. Elle étudie au collège du quartier, où sa seule consolation est son meilleur ami Salim. Mais un jour, alors qu’elle traverse la rue et manque de se faire renverser, elle effectue un pas sur le côté, un acte magique qui lui permet de se rendre en Gwendalavir, un monde parallèle au nôtre où la magie et les créatures enchantées existent. C’est aussi un royaume en guerre, au bord de l’invasion. Camille, accompagnée de Salim et d’une bande de (plus ou moins) joyeux compagnons, devra alors apprendre à se servir de son pouvoir, le Dessin, en allant le puiser dans l’Imagination. À sa quête de paix s’ajoutera très vite une quête d’identité, puisqu’elle se révèle être la fille d’un puissant couple de Dessinteurs, protecteurs du royaume, aujourd’hui disparus…

Tenpenskoi ?
C’est une lecture que je devais faire. Premièrement parce que c’est une des ventes les plus régulières à la librairie, mais aussi parce que j’étais curieuse. Personnellement, j’ai connu Pierre Bottero à travers la série A comme Association qu’il a co-écrite avec Erik L’Homme (du moins les premiers tomes, puisque son décès à forcé L’Homme à terminer seul). Comme dans A comme Association, Bottero écrit une protagoniste féminine (c’est aussi le cas dans la trilogie dérivée Ellana). Et c’est chouette ! Pour une fois qu’un personnage féminin n’est pas cantonné au rôle d’ado boutonneuse ou amoureuse, ni à celui de side-kick intello, ça vaut la peine d’être noté. Mais ça en fait également un livre très compliqué à conseiller aux jeunes garçons (ah, ces parents qui ne veulent pas de roman au protagoniste féminin pour leur viril bambin).

Ceci dit, c’est un récit rythmé et intelligent, plein de personnages hauts en couleur (parfois un peu caricaturaux, mais on passera l’éponge là-dessus tellement ils sont attachants). La trilogie en elle-même n’a pas la portée d’un Harry Potter par exemple, parce qu’elle se déroule sur un court laps de temps. Mais l’univers étendu, avec la seconde trilogie Les Mondes d’Ewilan et celle d’Ellana en font une œuvre riche. Et ça se lit vite et bien !

Bref, à conseiller aux filles comme aux garçons (oui oui, on peut faire lire aux garçons des livres avec des filles dedans… sinon, comme le dirait une collègue, on peut aussi cesser de faire lire Harry Potter aux filles hein…) qui souhaitent se lancer dans une belle aventure !

Pour info :
Tome 1, D’un monde à l’autre : éditions Rageot, 320 pages, 8.10€
Tome 2, Les Frontières de glace : éditions Rageot, 352 pages, 8.10€
Tome 3, L’Île du destin : éditions Rageot, 352 pages, 8.10€

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La Nuit des temps (René Barjavel)

Ami du jour, bonjour !

Si tu me suis sur les réseaux sociaux, et notamment sur Instagram, tu sais que je suis une fervente défen…seuse (?) de René Barjavel et de son œuvre. Probablement par nostalgie, parce que d’aussi loin que je me souvienne, ma maman m’a toujours parlé de Barjavel (c’est d’ailleurs elle qui me l’a fait découvrir). Mais aussi parce que je trouve que cet homme a une vision tout à fait intemporelle de nos sociétés. Le gars a compris, comme l’avaient fait Verne ou Huxley, où nous allions en se basant sur sa simple observation du comportement humain. Et j’aime sa clairvoyance et la fragile humanité qu’il insuffle à ses romans. J’ai donc prévu de développer un peu le sujet plus tard. Pour l’heure, parlons de ce chef d’œuvre qu’est La Nuit des temps.

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Sarakontkoi ?
En Antarctique, les expéditions vont bon train pour tenter de dévoiler les mystères de ce continent de glace. Les zones de recherche sont réparties entre les différents pays, mais ce sont les chercheurs français qui découvrent un signal envoyé par une sonde enterrée sous la terre. Ce signal les conduira à une découverte incroyable : des corps cryogénisés depuis plusieurs dizaines de milliers d’années, ceux d’un homme et d’une femme. En éveillant ces êtres venus d’un autre âge, le Dr Simon et l’équipe constituée de scientifiques du monde entier pourraient bien faire une découverte qui changera à jamais l’Histoire de l’humanité.

Tenpenskoi ?
D’aucuns diraient que Shakespeare a écrit l’une des plus belles tragédies lorsqu’il a donné vie à Roméo et Juliette. Je les trouve pourtant bien petits face à Elea et Païkan. Et c’est à travers les liens presque physiques qui unissent ces deux personnages que Barjavel, ce génie, parvient à dépeindre une société digne de la légende de l’Atlantide.

J’aurai beaucoup de mal à vous parler de La Nuit des temps, parce que c’est un roman qui se ressent plus qu’il ne se discute. C’est à la fois un huis-clos et un vertigineux voyage dans les limbes d’une civilisation inconnue, plus ancienne que tout ce que nous connaissons et qui remet en cause les fondements de notre Histoire. Et je dis Histoire, mais je pourrais parler d’histoire, puisque nous prenons connaissance, à travers le récit d’Elea, de l’universalité, et de l’individualité qui s’y cache.

Bref, Barjavel était un visionnaire, un homme de son temps qui a pourtant, comme d’autres grands auteurs, su lever les yeux vers l’avenir. Je m’arrête ici, et termine sur ce conseil : lisez ce livre. Voilà.

Pour info :
éditions Pocket, 416 pages, 7.60€

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Hunger Games : La Ballade du serpent et de l’oiseau chanteur (Suzanne Collins)

Ami du jour, bonjour !

Encore une fois, si tu me suis sur les réseaux, tu sais que je viens de finir le préquel de la merveilleuse et célèbre trilogie Hunger Games. Encore mieux, si tu me suis depuis un peu longtemps, tu sais à quel point j’ai aimé la merveilleuse et célèbre trilogie Hunger Games… Et si tu ne t’en souviens pas, je pose ça , et tu peux aller lire mon billet 🙂 Alors quand, plus d’une décennie plus tard, Collins rempile pour te faire une origin story du grand méchant, ça a de quoi te rendre curieux…

Sarakontkoi ?
Avant de devenir l’un des hommes les plus sadiques de Panem, Coriolanus Snow était juste un gosse de riche, dont les parents ainsi que la fortune étaient morts pendant la révolte des districts. Ruiné, il tente tant bien que mal, avec sa grand-mère et sa cousine, de vivre de la contrebande et de sauver les apparences. Alors lorsqu’on lui fait l’insigne honneur de lui attribuer un tribut lors de la 10e édition des Hunger Games — faisant ainsi de lui un des premiers mentors de l’histoire des jeux — il saisit l’occasion de se démarquer. C’est sans compter sur son tribut, une jeune femme nommée Lucy Gray Baird, qui fait naître en lui une véritable fascination. Amour ? Pouvoir ? Faux semblants ? Coriolanus devra faire des choix, et se révéler peu à peu comme l’homme qu’il deviendra.

Tenpenskoi ?
Je vais redire un peu ce que j’ai dit en story sur Insta, mais les préquels sont pour moi un exercice très dangereux parce qu’il y a deux écueils à éviter : le fan service et les raccords un peu trop évidents ou capillotractés avec l’œuvre originale. Malheureusement, sans être un échec cuisant, cette tentative-là n’y a pas échappé.

Personnellement, j’ai trouvé le récit bien trop centré sur Snow. Je sens bien qu’on tente d’en faire un personnage complexe. Cela dit, je me suis demandé tout au long de ma lecture si Snow était un pervers narcissique de base, ou s’il l’était devenu. OK, on nous montre les souffrances qu’ils a vécues pendant la guerre, mais ça reste insuffisant.

Le roman a beaucoup de longueur qui, d’après moi, tentent de recréer la tension pré-jeux du tome 1 de la trilogie originale. Mais la situation est différente : l’arène est bien moins développée, et les jeux ne sont qu’un ersatz de combat de gladiateurs dans une arène que j’apparenterais à un stade de foot. Alors pas de quoi nous pondre 300 pages. Idem pour les jeux en eux-mêmes. Ce que j’aurais aimé voir, c’est comment les arènes sont devenues aussi sophistiquées, et les tributs adulés (on a une ébauche dans l’épilogue sur 3 pages), comment le Capitole est sorti de la misère dans laquelle il était. Comment les habitants du Capitole sont passés de presque mandiants à des individus extravagants qui bouffent à s’en faire vomir… je veux dire, je peux deviner ce qu’il s’est passé. Mais j’aurais aimé qu’à un moment, on dézoome de Snow pour nous montrer un plan d’ensemble plus large, qu’on nous cause un peu politique, tactique.

Et pour finir, le fan service. On a essayé de raccrocher Lucy Gray et Snow à tous les symboles de rébellion qu’a créés Katniss, jusqu’à son prénom… Une bonne dizaine de fois, je me suis dit « comme par hasard… » ! Du coup, pas étonnant que Snow déteste Katniss si elle est la si parfaite incarnation du moment exact où tout a failli basculer dans sa vie… bref, on tire un peu trop sur les ficelles à mon goût, tout en me donnant des petits coups de de coude avec un clin d’œil complice, genre « hey, t’as vu, c’est Hunger Games hein ! ».

Bref, je ne dirais pas que j’ai détesté ma lecture. Disons, que j’ai bien aimé. Et bien aimé, pour un tome de la saga Hunger Games, c’est insuffisant. Pas mémorable, et peu utile dans le développement politique opéré dans la trilogie originale. C’est comme regarder un film d’actions avec Stalone. C’est sympa, mais c’est jamais très profond… (sauf Demolition Man, parce que j’adore Demolition Man… même si c’est pas très profond).

Pour info :
éditions PKJ, 560 pages (selon Amazon, parce que le mien en fait bien 600), 19.90€

Publié dans Bouquinade, Roman

La Longue Marche des dindes (Kathleen Kaar)

Ami du jour, bonjour !

Il est temps de ressortir les madeleines, comme je l’avais fait lors de ma relecture du roman Le Passage, de Louis Sachar. D’ailleurs, c’est également pour le comité de présélection du prix littéraire du collège que j’avais lu le petit bijou que je m’apprête à vous présenter ! Et maintenant qu’est venu mon tour de prescrire (oui parce que, si tu n’as pas suivi, je suis libraire jeunesse maintenant), je relis les livres qui m’ont marquée pour les placer entre les mains des jeunes lecteurs… et de leurs parents.

Sarakontkoi ?
Fin du XIXe siècle, Missouri. Simon Green, un jeune homme de 15 ans que tout le monde qualifie de simplet, ne parvient pas à dépasser ce qui s’apparenterait aujourd’hui à un niveau CM2. Tous les enfants de sa classe ont fini par recevoir leur diplôme. Alors lorsque son institutrice, Miss Rogers, le lui remet en lui expliquant qu’il est temps pour lui d’entrer dans la vraie vie, Simon Green se demande ce qu’il va pouvoir faire. Avec l’aide de Miss Rogers, il décide d’acheter un troupeau de 1000 dindes, et de les convoyer jusqu’à Denver, où leur valeur est plus de 20 fois supérieure. Il sera accompagné pour cela de M. Peece, un alcoolique notoire, pas mauvais bougre, qui n’aspire qu’à se repentir. Commence alors la longue marche des dindes, semée d’embuches, mais surtout, de rencontres.

Tenpenskoi ?
Tu imagines bien que si j’ai pris la décision de le relire, c’est que ce roman m’a fait forte impression. L’histoire d’un jeune homme dont le degré d’intelligence est défini par son échec scolaire ; de ce jeune homme en qui quasiment personne ne croit (et notez que je dis bien quasiment) ; d’une intelligence insoupçonnée, dévaluée, celle du cœur, et d’une logique il est vrai parfois très particulière. Simon est un incompris. Mais il est aussi une revanche. Une revanche sur cette uniformité de l’intelligence que notre société essaie de nous imposer.

Mais pourquoi ce roman nous accroche-t-il tellement ? Je dirais qu’il y a trois éléments essentiels : tout d’abord, les personnages. Ils sont attachants, certes, mais surtout imparfaits, bourrés de nos défauts. Ils ont des problèmes de personnages du XIXe dans une Amérique moitié esclavagiste en pleine ruée vers l’Ouest. Mais quand même. Ensuite, le rythme. Le roman, tu t’en doutes, se lit comme un marathon plutôt qu’un record du 100 mètres. L’action est suffisamment soutenue pour que tu continues de lire, les personnages suffisamment bien écrits pour que tu t’identifies. Et puis, comme Simon et ses compagnons, tu as des temps de repos. Enfin, outre le fait que cette histoire soit inspirée de faits réels (à savoir le convoi de volailles à travers l’Amérique du Nord), elle t’attrape, toi, gamin qui n’aimes pas lire, qui n’aimes pas l’école, te regarde dans les yeux et tel Barack Obama te dit « Yes you can », oui, tu peux lire, tu peux vivre, à ta façon, parce que tu as ta propre intelligence, ni supérieure, et surtout ni inférieure à celle d’Albert Einstein. Tu vois le monde à travers tes propres yeux. Et c’est bien. C’est pour ça que j’aime ce livre.

Pour info :
École des loisirs, collection Medium Poche, 263 pages, 6.80€

Publié dans BD, Bouquinade

Aubépine (Thom Pico – Karensac)

Ami du jour, bonjour !

Le billet d’aujourd’hui t’introduira à une bande dessinée que j’ai moult fois évoquée sur Instagram, si tu me suis. Sinon, c’est inédit. Dans tous les cas, ça ne change pas grand-chose à la chronique 🙂

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Sarakontkoi ?
Aubépine est une jeune fille (à laquelle je ne donne guère plus de 12 ou 13 ans, mais peu importe) contrainte par sa scientifique de mère d’emménager en pleine montagne pour étudier la migration particulièrement dévastatrice d’une espèce particulière d’oiseaux. Entre son père, qui la prend encore pour une gamine, sa mère, très occupée avec ses oiseaux, et son grand frère parti faire ses études en ville, Aubépine se retrouve souvent seule, sans WiFi et avec un accès limité à sa console. Elle décide à contrecœur d’aller explorer la montagne, où elle fait la connaissance d’une vieille gardienne de chiens laineux (parce que les moutons, c’est trop bête), sorte de gardienne de la montagne. Les 4 albums racontent ses péripéties, de sa rencontre avec un génie facétieux au courroux des esprits de la montagne…

Tenpenskoi ?
Encore une fois, si tu me suis sur Insta, tu as compris que j’avais aimé. Je m’en vais t’argumenter un peu tout ça. D’abord, c’est frais. Oui, je sais, le terme est bateau et un peu facile. Mais c’est vrai ! En lisant les BD, j’ai tour à tour senti la douce et pure brise du printemps, le froid revigorant de l’hiver… et moi qui suis casanière, j’ai eu envie de longues balades dans mes volcans ! La série Aubépine, c’est d’abord une ambiance, qui te file une envie irrépressible d’enfiler une vieille paire de jeans, ton sweat du dimanche, des vieilles pompes, et de sortir.

Et puis, il y a de la magie qui pimente un peu le game ! Ca donne naissance à des situations cocasses, souvent drôles, parfois ridicules. Aubépine, aussi bien que ses parents, sont des personnages très bien écrits. Les histoires sont simples sans être simplistes.

Et puis, on en parle des dessins ? C’est tellement chou ! Pas besoin d’en faire des caisses pour faire passer une idée, un sentiment, une sensation. C’est doux et coloré, c’est un trait qui n’en fait pas des tonnes (et qui n’en a pas besoin d’ailleurs) pour te faire comprendre où il veut en venir. Et il faut dire que le dessin participe grandement à cette envie de grand air, à la fraîcheur de la BD, et à ce sentiment de bien-être que j’ai ressenti en terminant chaque tome.

Bref, que tu sois grand, petit, que tu aimes ou non la BD, je te conseille Aubépine, rien que pour découvrir les personnages de Karensac, parfaitement mis en scène par Thom Pico. Avec un peu de chance, la fin du tome 4 laisse présager une possible suite… enfin, je l’espère.

Pour info :
Aux éditions Dupuis
1- Le Génie Saligaud, 104 pages, 9.90€
2- Le Renard furax, 112 pages, 9.90€
3- Pourquoi tant de laine, 120 pages, 9.90€
4- La fin de tout (et du reste), 128 pages, 9.90€

Publié dans Bouquinade, Litté de l'imaginaire (SF, Fantasy, Fantastique)

Artemis Fowl – Tome 1 (Eoin Colfer)

Ami du jour, bonjour !

Dernièrement, on m’a confié — et j’en suis la plus heureuse du monde — la gestion du rayon jeunesse à la librairie. Je vais donc tenter, dans mes prochaines lectures, d’étoffer ma culture de ce côté là (découvertes de romans inconnus ou lecture d’incontournables). Aujourd’hui, je te présente un roman jeunesse qui a fait l’objet d’une adaptation par Disney (disponible sur sa plateforme dans les mois à venir), et qui s’est déjà fait un nom dans le payage littéraire. Je veux parler d’Artemis Fowl.

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Sarakontkoi ?
Artemis Fowl est un tout jeune héritier d’une douzaine d’années. Son père a disparu, sa mère perd la tête, et ce qui se rapproche le plus d’une famille pour lui est son majordome Butler et la sœur de ce dernier, Juliet. La fortune familiale n’est plus, mais l’ingénieux Artemis Fowl n’a pas dit son dernier mot et il compte bien chercher de quoi remonter la pente du côté des légendes locales : le petit peuple des fées, elfes et autres trolls. Ainsi capture-t-il le capitaine fée Holly Short afin d’exiger contre sa libération une belle rançon. Les fées ne renonceront à rien pour sauver une des leurs, mais Artemis a plus d’une corde à son arc…

Tenpenskoi ?
Sur cette chronique, il va falloir faire la différence entre ce que je pense « objectivement » de ce roman, et mes goûts personnels. Dans l’absolu, le roman fait montre de grandes qualités narratives, l’univers est cohérent, le récit est rythmé, les personnages sont bien définis, et ont un certain relief. Le gamin insuportable qu’est Artemis est futé, drôle, mais aussi attendrissant par certains côtés. Si vous voulez le conseiller à un bambin qui aime l’espionnage, la magie les aventures, allez-y, il aimera.

Maintenant, personnellement, ce n’est pas un livre sur lequel je vais m’arrêter. La saga compte 8 tomes, j’ai lu le premier, et je vais m’en tenir là. Cela dit, en lisant les articles consacrés à la série, je vois que l’intrigue se complexifie dans les tomes suivants. Il est donc possible que je revienne dessus plus tard. Pour l’heure, je vais continuer de le proposer, et nous verrons plus tard pour la suite.

Pour info :
Gallimard Jeunesse, collection Folio Junior, 368 pages, 8.90€

Publié dans Bouquinade, Roman

L’Incroyable voyage de Coyote Sunrise (Dan Gemeinhart)

Ami du jour, bonjour !

Si tu me suis sur Insta, tu sais que la chronique que je m’apprête à écrire sera élogieuse. Et plus que ça ! Si tu ne me suis pas, laisse-moi recontextualiser la chose : quand l’éditrice du bouquin te dit « j’ai un gros coup de cœur sur le texte que j’édite, je pense que ça peut être un coup de cœur libraire », tu te dis « pourquoi pas ». Quand en plus tu as une confiance aveugle en cette personne en matière de littérature, tu fonces. C’est ce qu’il s’est passé ici.

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Sarakontkoi ?
Coyote, 12 ans, et Rodeo, son père, vivent dans un bus scolaire. Leur maison, c’est la route et Yageur, ledit véhicule aménagé par et pour eux. Ils roulent, vont où les portent leurs envies. La liberté, direz-vous… ou bien une fuite en avant, pour échapper au passé, à la douleur. Au fil des rencontres, le père et la fille s’ouvrent, se confient, apprennent à donner et à recevoir. Parfois, le voyage peut s’avérer plus important que la destination…

Tenpenskoi ?
Je ne peux pas dire que j’ai lu ce livre. Non. J’ai pris mon billet, répondu aux 3 questions que pose Rodeo à chaque nouveau voyageur avant de l’autoriser à monter dans le bus, et j’ai bouclé ma ceinture. J’ai aimé la simplicité du récit. Pourtant, y’avait de quoi faire des tartines et des tartines de larmichettes et de bons sentiments. Et là, non. Le bouquin passe son temps à te dire que oui, dans la vie, on doit surmonter des épreuves, mais qu’au final, le courage, l’abnégation, la générosité, et la gentillesse nous la rendent plus facile, cette chienne de vie.

C’est un merveilleux message, positif sans te jeter des paillettes à la figure, touchant sans te cracher le malheur au visage. La vie est ce qu’elle est, personne n’est parfait. Et toujours cette route, cette course contre la montre, vers le souvenir, vers l’identité. Vers l’avenir un peu aussi. Chaque personnage a son rôle à jouer dans l’histoire de Coyote, et Coyote a son rôle à jouer dans la leur. C’est un équilibre, un échange perpétuel. Et toujours la route, qui rythme, qui accompagne, qui guide.

J’ai beaucoup ri, parce que les situations sont souvent cocasses. J’ai aussi pleuré, parce que j’ai accompagné Coyote et Rodeo dans leur cheminement intérieur. Et j’en suis ressortie sereine. Alors lis-le, voyage avec Coyote, Rodeo, Ivan le chat, Salvador et Esperanza, Val, Lester, Gladys la chèvre. Écoute, apprends, et surtout, boucle ta ceinture, parce que le voyage à bord de Yageur risque de ne pas être de tout repos !

Pour info :
éditions PKJ., 416 pages, 18.90€

Publié dans Bouquinade, Litté de l'imaginaire (SF, Fantasy, Fantastique)

Phobos – Tome 1 (Victor Dixen)

Ami du jour, bonjour !

Le voici, le voilà, le fatidique billet… et pourtant, Dieu sait que cette lecture, je l’ai attendue. Maëlle se souvient encore de mes « et si tu peux penser au Dixen »… Tout avait si bien commencé. Enfin, pas tellement puisque tout commence par une dédicace manquée à Montreuil il y a deux ans (trop de monde). Depuis, j’étais obsédée par ce bouquin, je voulais le lire, le pitch était tellement alléchant. Quel potentiel il avait… mais je m’emballe. Place à la chronique.

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Sarakontkoi ?
Les USA sont maintenant un état surendetté. La politique du nouveau président est claire : vendre les biens de l’État, à commencer par certaines agences gouvernementales. C’est ainsi qu’un fonds privé fait l’acquisition de la NASA et transforme le programme d’exploration de Mars en télé-réalité à échelle mondiale en envoyant dans l’espace six jeunes filles et six jeunes hommes. Le but : enchaîner les speed-datings tout au long du trajet afin de former des couples dès leur arrivée sur Mars, le tout filmé à la Loft Story (pour ceux qui ont connu). Mais ce qu’on ne leur a pas dit, c’est qu’ils risquaient leur vie au bout de ce voyage…

Tenpenskoi ?
Comme je l’ai dit, il y avait vraiment moyen de faire quelque chose de chouette avec ce pitch ! Une vraie critique de la société qui consomme les images en masse, la manipulation des foules, une hyperlibéralisation de l’économie et de la culture, la monétisation de la vie privée, et j’en passe ! Et… plouf quoi. Et ce, pour deux raisons.

La première, c’est que Dixen se prend les pieds dans son propre tapis. La SF, et ici le Space Opéra, a souvent pour but de nous montrer les travers d’une société étouffée par la technologie, les médias et j’en passe (je dis « souvent »). Pour moi, Phobos faisait clairement partie de cette branche de la SF. Et non. Là, le personnage, certes un peu cliché, mais néanmoins rebelle rentre gentiment dans le moule (même si pour sa défense, elle semble vouloir en sortir à la dernière page du roman). Le méchant est très méchant, genre méchant comme sur cette vidéo. Et on le sait dès la page 110, donc à 1/5 du bouquin (sachant qu’on va nous le marteler encore et encore pendant touuuuuuut le roman), et ce grâce à une logorrhée (et pas un simple monologue, non) de méchante qui précise bien le contenu de tout le méchant rapport qui dit que la vie des participants est en danger.

Et ça, c’est le second souci majeur du roman. L’auteur prend son lecteur pour un teubé. Tous les éléments qu’il pourrait nous expliquer hors dialogue, sur la narration, par exemple, Dixen le fait dire à ses personnages. Ce qui fait qu’en plus d’être d’un cliché déconcertant, bah les phases de dialogue sont lourdes au possible. Et ça empire au fur et à mesure du roman. Un exemple tout bête : le fameux rapport qui explique que les astronautes en herbe sont en danger, on aurait pu nous le présenter hors dialogue, en nous expliquant que quelques mois plus tôt, le staff l’avait reçu et que les conclusions étaient ceci ou cela. Mais non, on fait dire à la méchante « mais vous savez bien qu’on ne peut pas parler du rapport qui dit bien que patati patata »… et c’est lourd, et ça manque de naturel ! Et surtout, tout est stéréotypé. On a des peaux blanches, des jaunes, des noires, de toutes les nationalités, mais tout le monde est beau (hormis, pardon, une cicatrice ou deux). Ce qui se veut un symbole de diversité ne fait qu’enfoncer les clivages. Même le type en fauteuil est une bombe, excusez-moi !

Enfin, j’ai passé ma lecture à soupirer, et à lever les yeux au ciel, pendant que Chéri me chantonnait ce jingle… Parce que c’est vraiment ce qu’il se passait dans ma tête dans ces moments…

Bref, une lecture très peu concluante, d’autant que c’est un best-seller… Dommage.

Pour info :
Grand format : éditions Robert Laffont, collection R, 448 pages, 13.90€
Poche : éditions PKJ., 576 pages, 8.20€

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La Rivière à l’envers (Jean-Claude Mourlevat)

Ami du jour, bonjour !

Je t’en ai causé, mais je t’en ai causé de ce bouquin ! Et je le vends toujours autant à la librairie. Ce qui est fantastique, c’est que par chez moi, il y a même des collèges qui l’étudient. Messieurs et mesdames les profs, ça vaut un Robinson Crusoé, je dis ça… Et là, je viens de spoiler toute ma chronique, c’est grillé que j’ai adoré ce bouquin, non ?

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Sarakontkoi ?
Tomek, un jeune garçon de 12 ans, tient l’épicerie de son village. Une épicerie où il vend tout… enfin, tout ce qui est nécessaire. Un jour, une jeune fille passe la porte de son épicerie et lui demande une chose qu’il n’a pas : de l’eau de la rivière Qjar, qui coule à l’envers, et qui empêche celui qui la boit de mourir. Tomek suit alors Hannah à la recherche de cette rivière. Mais leur périple ne se fera pas sans peine…

Tenpenskoi ?
À ton avis, j’en pense quoi ? Mais j’adore, il est dans mon TOP 10 ! Laisse-moi t’expliquer pourquoi : d’abord, c’est poétique sans être hermétique. Et ça, c’est très important. Parce que si tu écris des choses jolies que tu es le seul à comprendre, c’est problématique… Crois-moi, quand Mourlevat t’embarque, il ne te lâche pas. Et non seulement, c’est beau, mais en plus, c’est génial !

On ne s’ennuie jamais. Il n’y en a ni trop, ni trop peu. Tout ce qui doit être expliqué l’est avec une évidence toute innocente. Tout le superflu est laissé de côté. Tomek grandit au fur et à mesure de son voyage, et de jeune épicier, il devient un homme. Il apprend la patience, la résilience. Il apprend le deuil, avec toujours cette candeur qui fait voir le monde en couleurs. Et tout ça est d’une douceur extraordianaire ! À la base, le livre est sorti en 2 tomes (Tomek et Hannah). Moi, je n’avais lu, plus jeune, que le premier. Comme tu l’auras compris, ce premier tome raconte l’aventure du point de vue de Tomek, puisque c’est sans Hannah qu’il entamme son voyage. Le second tome raconte le voyage d’Hannah, qui commence bien avant sa rencontre avec Tomek. Là, PKJ a sorti une édition intégrale réunissant donc les 2 tomes, et je suis heureuse d’avoir pu découvrir les aventures d’Hannah.

Je ne peux que te conseiller — non, t’exorter –, quel que soit ton âge, de lire La Rivière à l’envers. Et franchement, je n’ai pas grand chose de plus à dire sur le sujet.

Pour info :
Tome 1 : Tomek => éditions PKJ, 191 pages, 5.95€
Tome 2 : Hannah => éditions PKJ, 160 pages, 5.50€
Intagrale : éditions PKJ, 384 pages, 11,90€

Publié dans Bouquinade, Roman

Sauvage (Jamey Bradbury)

Ami du jour, bonjour !

On change de registre aujourd’hui, et on repart sur les grands espaces (tu te souviens, je t’avais parlé de ce besoin d’air frais, de balades en forêt, avant même le confinement). Et pour le coup, on fait pas semblant. C’est un roman que j’ai failli acheter l’an dernier, mais la libraire m’avait mise en garde sur le contenu, disons, peu conventionnel du bouquin. À la place, et histoire de rester chez Gallmeister, j’avais acheté Fay, de Larry Brown. Mais là, Audible l’ayant mis en avant, je me suis dit : « l’occasion, le larron, toussa toussa… » Me voilà donc partie vers les grands froids de l’Alaska !

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Sarakontkoi ?
Trace est une adolescente de 18 ans. Elle vit avec son père et son petit frère. Sa mère est décédée dans un accident de voiture il y a peu. Trace vit également avec des chiens de traineaux. Mais depuis la mort de sa mère et son exclusion de l’école, les chiens restent dans la cour, et il n’est plus question de sortir les traineaux, encore moins de participer à des courses. Trace a un secret, un secret qu’elle partageait avec sa mère. En buvant le sang d’un animal, elle peut voir à travers ses yeux, le comprendre. Sa mère lui a fait promettre de s’en tenir aux animaux, de ne pas faire couler le sang d’un humain. Mais une rencontre dans les bois bouleverse l’équilibre fragile que Trace tente de construire.

Tenpenskoi ?
J’ai déjà évoqué avec toi le roman d’ambiance. C’est exactement ce dont il s’agit ici. Le roman est fait d’aller-retours dans le temps, un savant tissage de souvenirs, de sensations, et de présent. Le personnage de Trace a développé un lien très particulier avec la forêt, avec la nature sauvage. La chasse, le grand air sont des besoins vitaux pour elle. Et s’il est vrai que le roman évoque un rapport au sang très particulier, il n’en est pas gore pour autant. Il n’est pas question de vampirisme ou de canibalisme. Simplement du sang en tant que vecteur de vie, de mémoire, d’instinct.

Au premier abord, le lecteur pourrait faire une grimace écœurée, et c’est probablement ce que vous avez fait à la lecture de cet article (si si, ne mentez pas !). Mais j’ai trouvé que c’était au contraire un très beau cri identitaire, quelque chose de profond, de plus profond que ce que nos cultures occidentales ont puritainement voulu souiller. Le caractère de Trace est sauvage comme celui de Buck, dans L’Appel de la forêt, a pu l’être. Toutes les péripéties du livre ne font que la reconduire vers chez elle, vers ce foyer où elle ne peut vivre que seule, et en harmonie avec son environnement, au-delà de toute considération sur l’humanité. Je ne relirai pas ce livre, parce que je n’en ai pas besoin. Je garde en moi la sensation qu’il a fait naître, et ça me suffit. Mais si tu te sens de taille à affronter les grands froids de l’Alaska, et surtout si tu penses pouvoir suffisamment ouvrir ton esprit, je te conseille Sauvage

Pour info :
édition Gallmeister, collection Totem, 336 pages, 10€