Publié dans Bouquinade, Roman historique

Le Chant d’Achille (Madeline Miller)

Ami du jour, bonjour !

Je continue mon exploration des titres que je vends le plus. Dernièrement, sauf si tu vis dans une cave (ou que tu t’en tapes des livres sur les réseaux et que tu ne lis que mon blog, petit veinard), tu as forcément vu passer Circé un peu partout. Circé, je l’ai en version papier dans ma PàL, j’ai donc décidé de me tourner vers Le Chant d’Achille pour l’audio.

Sarakontkoi ?
Si tu n’es pas familier avec la mythologie grecque et ses grands récits, tu auras peut-être tout de même entendu parler de la guerre de Troie, et du héros Achille (jure t’as pas vu Brad Pitt en petite jupe de cuir…). Ici, on suit l’histoire d’Achille, donc, dans le regard de celui auquel la mythologie aura donné le statut de « compagnon » : Patrocle. De leur enfance paisible auprès de Chiron le centaure, en passant par leurs premiers émois et la découverte de leur amour profond l’un pour l’autre, jusqu’à leur départ vers la gloire… et vers leur destinée funèbre. Car comme le dirait Thétis, mère d’Achille (dans Troie, tu l’auras compris, j’aime ce film) : la gloire n’a d’autre prix que celui de marcher aux côté de sa mort.

Tenpenskoi ?
J’ai aimé. Mais. Pas un gros « mais », bien entendu, cependant, je me dois de nuancer un peu les propos que j’ai pu lire et entendre. Le style de Madeline Miller est simple et léger. C’est une caresse, presque à fleur de peau. Les scènes intimes ont quelque chose de très charnel sans verser dans le voyeurisme, ni au contraire dans l’extrême pudeur. Les choses sont dites comme elles doivent l’être, avec beaucoup de tendresse et de sentiment. Pour moi, ça repose beaucoup sur le fait que c’est à travers les yeux de Patrocle, homme sensible dont la part de féminin est prédominante, que l’on suit les aventures d’Achille. En dehors de quelques instants particulièrement forts, j’ai du reste trouvé la narration très égale, presque linéaire et pourtant pas soporifique ; je dois l’avouer, je n’ai pas vu passer le bouquin.

Madeline Miller, sans se départir de l’aspect mythologique de la guerre de Troie, nous raconte surtout une histoire d’hommes. Les dieux sont présents, comme chez Homère, ils sont capricieux, fiers, presque humains. Mais ce sont les hommes dont les choix sont décisifs, douloureux. Le lecteur ne peut qu’assister, impuissant, à ce jeu d’échecs qui se déroule sous ses yeux. Les femmes, secondaires dans la vie d’Achille et de Patrocle, amants maudits, trouvent pourtant leur voix dans la peur de Thétis, dans la colère et l’impuissance de Deidamie, dans la douceur et la bonté de Briséis. Le personnage de Briséis notamment, dans son amour silencieux, s’est révélé pour moi sous un autre jour. Bref, si tu aimes les récits mythologiques à hauteur d’homme, je te propose cette revisite de la guerre de Troie. Si tu t’attends à de l’action et à une bonne dose de romance, tu peux passer ton chemin…

Pour info :
éditions Pocket, trad. de Christine Auché, 480 pages, 8.10€

Publié dans Bouquinade, Essai

S’informer, à quoi bon ? (Bruno Patino)

Ami du jour, bonjour !

On se retrouve pour une lecture inhabituelle chez moi, un très court essai publié sous forme de fascicule, dont le titre m’a immédiatement interpelée.

Sarakontkoi ?
Dans ce très court fascicule, Bruno Patino évoque la surinformation, la désinformation et surtout le besoin que ressentent aujourd’hui beaucoup d’hommes et de femmes de se couper de l’information (ce qui est mon cas).

Tenspenskoi ?
J’ai beaucoup de mal à lire de la non-fiction. Les essais, les biographies, je n’en lis que très rarement. Mais là, c’était court, c’était concis, et c’était clair. Bruno Patino quoi. J’ai « rencontré » ce monsieur (je parle bien sûr de rencontre littéraire) lors de mes études, puisqu’il avait été chargé, à l’époque en 2008, de rédiger un rapport sur le livre numérique (utilisation, législation, tarification, etc.). Perso, je le connais sous le simple titre de « Rapport Patino », mais je crois que son titre exact est Le devenir numérique de l’édition : Du livre objet au livre droit.

Pour recontextualiser le truc, Bruno Patino est l’actuel président d’Arte. C’est un homme des médias, mais surtout, c’est l’homme de la médiation en général, et de la médiation culturelle en particulier. Dans cet essai, il explique la fatigue liée à la surinformation, et aux doutes quant à la précision et aux sources. Il retrace brièvement l’histoire de la transmission de l’information et des médias, jusqu’à sa dématérialisation totale et sa vitesse de propagation au détriment de sa justesse. J’aurais presque eu envie de m’acheter Le Monde et de recommencer à m’intéresser à ce qui se passe autour de moi, tiens ! J’ai trouvé derrière ces quelques lignes un auteur incroyablement intelligent dans sa compréhension du monde dans lequel il vit, et de ses évolutions à venir. Bref, un texte qui m’a apaisée autant qu’il m’a alarmée, un excellent point de départ pour cette nouvelle collection au titre très moderne (Alt). Je regrette juste qu’on ne nous propose pas de ressources pour allez plus loin sur le sujet en fin de fascicule…

Pour info :
éditions La Martinière Jeunesse, collection Alt, 32 pages, 3.50€

Publié dans BD, Bouquinade

Lightfall, T1 : La Dernière Flamme (Tim Probert)

Ami du jour, bonjour !

Comme d’hab, je découvre un truc limite avant sa sotie française, comme d’hab, je mets des plombes à la chroniquer, comme d’hab ça fait le buzz et je chronique après tout le monde. Bienvenue dans ma lose.

Sarakontkoi ?
Imaginez un monde où le soleil ne brille plus, et où il a été remplacé par d’énormes boules de feu qui créent un jour perpétuel. Bea vit avec un cochon sorcier, qui l’a recueillie enfant et qui fait office de grand-père. Lorsqu’il disparaît au cours d’une livraison, elle part à sa recherche et tombe sur Gad, un étrange personnage d’un optimisme désarmant, dernier de son espèce, les Galduriens. Lui aussi cherche le cochon sorcier, seule personne à pouvoir lire les textes anciens qui pourraient l’aider à trouver d’autres Galduriens… commence une quête semée d’embûches, de trahisons et de terrifiantes créatures.

Tenpenskoi ?
Je vais te parler de deux choses : le dessin et l’histoire. On commence naturellement par le plus évident, le dessin. Tim Probert a bossé tout seul sur le scénario, le dessin et la couleur (ce qui n’est pas si évident dans la BD). Il faut dire que, directeur artistique d’un studio d’animation (et ça se sent), il n’a rien à prouver. Le dessin est vivant, expressif. Mieux que ça, il est lumineux. Si tu as regardé ma vidéo sur les lectures du mois de mars, tu m’as entendu dire que, si tu éteignais la lumière, tu pourrais t’éclairer rien qu’en ouvrant le livre. Et c’est vrai ! Un délice visuel à chaque page !

Du côté de l’histoire, on n’est pas en reste. La critique majeure que je fais aux bandes-dessinées, c’est de passer très vite sur leur sujet, parce que le nombre de pages est limité, qu’il faut équilibrer le discours du texte et celui de l’image, et que bien souvent, ça foire. À moins de faire des BD à sketch, donc avec une mini histoire par planche/double page, mais c’est un peu de la triche. Savoir raconter une histoire en BD, c’est très délicat. Et là, c’est parfait ! Je ne reste absolument pas sur ma fin ! Je suis une aventure, je ris aux traits d’humour, ma gorge se serre devant les injustices… bref, une grande réussite.

Le festival international de la bande-dessinée d’Angoulême lui a même décerné le prix jeunesse (8-12 ans) en 2022. Alors par contre les gars, je sais pas si vous avez lu la BD, mais on n’est pas sur du 8-12 ans, on est plus sur du 12+, et même un adulte y trouverait laaargement son compte. D’ailleurs, parenthèse : je l’ouvre encore une fois, mais les jurys de prix, est-ce qu’on pourrait voir les enfants et leurs goûts tels qu’ils sont au lieu de chercher des livres qui plairaient aux enfants tels qu’on les imagine ? Moi j’aimerais voir des gosses voter en fait… Mais je m’éloigne du sujet, et du message principal qui est : il FAUT lire cette BD !

Pour info :
Gallimard Bande-Dessinée, traduit de l’anglais par Fanny Soubiran, 256 pages, 19.90€

Publié dans Bouquinade, Litté de l'imaginaire (SF, Fantasy, Fantastique)

L’École du Bien et du Mal, T1 (Soman Chainani)

Ami du jour, bonjour !

Tu commences à me connaître maintenant, quand on joue avec les contes de fées, j’adore ça ! De fait, à force de passer devant cette série dans mes rayons, série qui me promettait de m’emmener là où on forme les méchants et les gentils de contes de fées, et suite à la sortie dudit roman en film sur Netflix, j’ai fini par craquer…

Sarakontkoi ?
Sophie et Agatha habitent le petit village de Gavaldon, perdu au milieu de la forêt. Régulièrement, des enfants sont kidnappés par paire, et la rumeur dit qu’ils intègrent l’école du Bien et du Mal, une école qui forme les gentils et les méchants des contes de fées. Sophie en est certaine, la prochaine, c’est elle. Elle s’est préparée toute sa vie à devenir une jolie princesse, à trouver son prince et à être secourue par lui. Elle a même fait amie-amie avec l’étrange et recluse Agatha, que le village traite de sorcière. Mais lorsque toutes les deux sont enlevées, que Sophie atterrit dans l’école du Mal et Agatha du côté du Bien, rien ne va plus…

Tenpenskoi ?
Ça s’est avéré beaucoup moins mièvre que ce à quoi je m’attendais ! J’ai relevé du bon et du moins bon… J’ai adoré qu’il s’agisse plus d’une histoire d’amitié que d’amour, qu’Agatha trouve sa place et révèle son potentiel, qu’elle reste fidèle à Sophie. J’ai aimé détester cette pimbèche de Sophie, qui pourtant semble avoir plus de profondeur que ce à quoi on s’attend. J’ai trouvé génial qu’on dise aux méchants d’être laids parce qu’une fois l’apparence oubliée, on peut se concentrer sur le reste. Bref, plein de trucs très cools qui zig-zaguent entre les clichés.

Par contre, je ne peux pas dire que l’écriture soit fameuse fameuse, ni qu’elle soit très précise. Et c’est le gros point noir de ma lecture. Je l’ai écouté en anglais, et plusieurs fois, je me suis demandé si j’avais bien compris. Je me suis référée au texte français qui au final ne m’a pas beaucoup aidée. L’imprécision du texte m’a chatouillée plus d’une fois. C’est désagréable, mais pas suffisamment pour que je sanctionne le texte entier.

Je vais donc continuer ma lecture, même si on me souffle dans l’oreillette que certains tomes sont moins bons que d’autres. Si tu as regardé l’adaptation Netflix, c’est pas mal. Le film prend quelques libertés, dont certaines sont les bienvenues… mais le personnage d’Agatha est assez fade, et je trouve ça très dommage, alors que Sophie y prend toute son ampleur. Bref, lecture récréative et très sympa.

Pour info :
traduit de l’anglais par Leslie Boitelle-Tessier
édition PKJ, 480 pages, 17.90€
éditions PKJ, 480 pages, 7.95€

Publié dans Bouquinade, Policier / Thriller

L’incendie (Jennifer Lynn Alvares)

Ami du jour, bonjour !

En voyant ce matin ce roman dans ma pile de romans chroniqués, j’ai gratté fort ma tignasse en me demandant si ma mémoire ne me jouait pas des tours. Pas moyen de retrouver sa trace sur les réseaux, c’est donc que je yoyotte et que je dois y remédier immédiatement.

Sarakontkoi ?
Cap Lake, Californie. Hannah, Luke, Mo, Drummer et Violet sont inséparables, si bien qu’on surnomme leur petite bande « les monstres », et passent tous leurs étés ensemble. Ce dernier été avant la fac promettait d’être inoubliable, mais au cours d’une dispute, le petit groupe déclenche un incendie meurtrier qui va ravager la ville et se propager rapidement à tout le comté. Pour couronner le tout, Violet disparaît quelques semaines après la catastrophe, et les souvenirs de ces derniers jours se sont effacés de la mémoire d’Hannah…

Tenpenskoi ?
On frôle le coup de cœur ! D’habitude, les bandes d’ados cools qui commettent un meurtre ou font une connerie, mais décident de se soutenir les uns les autres, avec tout ce que ça comporte de mensonges et de trahisons, c’est franchement pas mon truc. Genre Riverdale, c’est mort pour moi. Je partais donc un peu en traînant les pieds, mais c’est une lecture que je devais faire avec la copine Charlotte, alors je me suis un peu forcée. Bah heureusement !

C’est un thriller intelligent et franchement bien écrit dont je garde, une dizaine de mois après ma lecture, un excellent souvenir. Premièrement, il bénéficie d’une construction brillamment travaillée où se superposent plusieurs temporalités. Le roman est clairement coupé en deux. D’abord il y a l’incendie, ce monstre qui gronde et dévore, qui semble inarrêtable, et l’urgence de la survie. Cette partie, je l’ai presque rapprochée de Dry, de Neal Shusterman, que j’avais adoré. Et comme pour Dry, je ne peux que vous conseiller de garder une bouteille d’eau à portée de main. L’autrice manipule réellement les émotions de son lecteur et nous laisse complètement paumés, incapables de prendre parti pour un personnage ou un autre. Alors que les jalousies s’affutent, la peur et la méfiance s’installent. Les alibis se délitent. Les personnages sont plus que des fonctions, ils sont des boules d’émotions, d’espoir. Leur amour, puis leur colère et leurs déceptions, sont réels et m’ont crevé le cœur.

En plus de l’aspect psychologique, Jennifer Lynn Alvares assied son roman sur de solides recherches au sujet des incendies de forêt, la manière dont ils se propagent, la législation qui les entoure. Elle se base d’ailleurs sur une série d’incendies qui a bien eu lieu en 2017 de mémoire, et ont été extrêmement meurtriers et destructeurs. Donc une base solide pour rendre le récit encore plus crédible. Enfin, cerise sur le gâteau, histoire de bien nous impliquer dans la lecture, le roman commence par cet exergue : « À toutes les bonnes personnes qui peuvent commettre de mauvaises actions ». Du génie. Bref, un roman que j’ai peu vu passer, mais dont je recommande fortement la lecture.

Pour info :
éditions Albin Michel, trad. de l’anglais par Nathalie Huet, 504 pages, 19.90€

Publié dans Bouquinade, Litté de l'imaginaire (SF, Fantasy, Fantastique)

Les Douze d’Aritsar, T1 : La Vengeance de la Dame (Jordan Ifueko)

Ami du jour, bonjour !

Il est temps aujourd’hui de sortir un peu des sentiers battus, de ces romans vus et revus. Réjouissons-nous que les SP arrivent parfois à l’improviste… dernièrement, c’était plutôt pour le pire. Là, c’est pour le meilleur.

Sarakontkoi ?
Tarisaï est la fille de la Dame, une femme froide et énigmatique qu’elle ne voit que rarement. Elle vit à l’abri du monde extérieur dans une maison au milieu des steppes verdoyantes de Swana, où elle reçoit la meilleure éducation. Puis elle est envoyée à la capitale de l’empire d’Aritsar afin d’être sélectionnée pour faire partie du Conseil du futur empereur. Une fois consacrée par le Rayon, une puissante magie qui l’unira à l’empereur et aux onze autres membres du Conseil, le vœu que la Dame a formulé est que Tarisaï tue le prince héritier. Mais comment tuer celui qu’on a juré de protéger ?

Tenpenskoi ?
Voilà un moment que je n’avais pas été aussi agréablement surprise, pour ne pas dire déstabilisée, par un roman de fantasy ! Tu découvres, dès les premières lignes, un univers riche et profond dont les parfums exotiques chatouillent tes sens de lecteur. Un brin exigeant sur le début — parce que nous avons très peu l’habitude de ce genre de fantasy, il faut le dire — le roman pose les bases d’un univers cohérent (et c’est plus que bien des lectures que j’ai faites dernièrement) et profond, gouverné par d’anciens mythes, croyances, et autres malédictions. On évite cependant l’écueil de la prophétie (dieu merci) et du personnage tout puissant pour nous dessiner, en négatif, le portrait d’une jeune fille intelligente, forte, mais effrayée et en constante demande d’amour et d’approbation. Un personnage qui, entre la première et la dernière page, aura entamé une impressionnante transformation, jusqu’à se retourner contre son essence même.

Au-delà des personnages, réels porteurs de sens, je salue la fluidité de la plume qui, sans s’encombrer de jolies fanfreluches, parvient à nous transporter dans son esquif sur la rivière paisible de son récit. J’arrête ici les métaphores ampoulées pour clarifier mon propos : je l’ai déjà écrit, j’aime les auteurs qui savent raconter des histoires, ceux qui se mettent en retrait pour mettre leur plume non au service de leur propre personne, mais à celui de leur récit. C’est simple dans la forme pour donner au fond tout le pouvoir d’envoûter son lecteur. De fait, tout le roman a presque une portée de conte, de fable, qui nous enseigne… Et bien entendu, cerise sur la Garonne, les sujets de l’émancipation, de la réalisation, du dépassement de son image, sont au centre du roman. Le tout magnifiquement traduit par Anne Delcourt, dont je salue le travail. C’est bien la première fois que je ne fronce pas le nez sur une épreuve non corrigée, parce que les seuls erreurs que j’y ai rencontrées sont de petites coquilles. Je n’ai pas râlé sur le style, sur des platitudes, ni sur des erreurs de registre ou de vocabulaire. Que du bon donc, que je vous recommande vivement !

Pour info :
éditions Nathan, trad. de Anne Delcourt, 464 pages, 19.99€

Publié dans Bouquinade, Litté de l'imaginaire (SF, Fantasy, Fantastique)

Sorcery of Thorns (Margaret Rogerson)

Ami du jour, bonjour !

Amoureuse des romans audio en VO, je me suis récemment prise au jeu de la fantasy YA (« Young Adult », maman, ça veut dire jeune adulte) et je cherchais quelques titres en one shot (sans suite donc) que j’avais dans mes rayons. C’est ce titre qui m’est venu à l’esprit parce que j’en avais entendu pas mal de bien, et que j’étais curieuse… grand bien m’en a pris !

Sarakontkoi ?
Elisabeth, jeune orpheline recueillie par la directrice d’une des Grandes Bibliothèques d’Austermeer, a grandi au milieu de dangereux grimoires capables de chuchoter à votre oreille ou de se transformer en monstre. Elle n’a pourtant qu’une envie : devenir à son tour gardienne. Lorsqu’une nuit, après la visite du jeune sorcier Nathaniel Thorn, la bibliothèque est attaquée et la directrice assassinée, Elisabeth est désignée coupable…

Tenpenskoi ?
J’ai écouté ce roman en parallèle de ma lecture de A Forgery of Roses… eh bah c’est vachement mieux ! Déjà, ça parle de bouquins. Et ces bouquins, ils ont leur petit caractère, et apportent bien souvent au roman une touche d’humour et de fraîcheur. Les personnages ne sont pas en reste. Elisabeth évite les écueils du personnage féminin surpuissant et surdoué de la mort qui tue et s’avère être une jeune fille un peu paumée qui cherche sa place et n’a pas peur de se salir les mains. Nathaniel a ce petit quelque chose de polisson, un sourire en coin et une façon de ne rien vouloir prendre au sérieux que je trouve assez chou (mais OF COURSE il cache un passé douloureux qui le rend mystérieux quand même). Et Silas, le démon de Nathaniel est… attachant et taquin. Bref, une belle brochette.

Le complot est bien ficelé, même si l’histoire en elle-même ne propose rien de très original dans le dénouement. Je salue la performance d’avoir fait entrer dans un roman sans suite un univers cohérent et riche en même temps qu’une intrigue travaillée. Je n’ai pas de réelle critique à faire, ni sur le style, ni sur l’histoire. Ma préconisation : si vous avez envie d’un bon divertissement, bien travaillé, agréable à lire, porté par des personnages très cools, ce roman vous tend les bras !

Pour info :
éditions BigBang (trad. de l’anglais par Vincent Basset), 576 pages, 16.90€

Publié dans Bouquinade, Litté de l'imaginaire (SF, Fantasy, Fantastique)

Monsters of Verity, T1 : This savage song (V. E. Schwab)

Ami du jour, bonjour !

Si tu suis un peu le blog, mon amour pour le roman La Vie invisible d’Addie Larue ne t’a pas échappé. Est ressortie de ma lecture une certaine curiosité pour les autres textes de l’autrice que je vois souvent passer sur les réseaux… Par conséquent, lorsque je suis fortuitement tombée sur son dernier roman sur NetGalley, j’ai sauté dessus.

Sarakontkoi ?
Une catastrophe a bouleversé le monde. Depuis, chaque crime donne naissance à un monstre. Les monstres sont divisés en trois catégories : les Corsais et les Malchais s’apparentent à des goules et à des vampires, les Sunais, plus rares, s’emparent de l’âme de leurs victimes par la musique. V-City, la capitale de Verity, est coupée en deux. Au nord, Callum Harker monnaye la sécurité des citoyens, au sud, Henry Flynn combat le mal par le mal en utilisant trois Sunais, qu’il élève comme ses enfants, pour éliminer la menace des monstres. Lorsque Flynn envoie son plus jeune « fils », August, espionner Kate, la fille de Harker, il est loin de s’imaginer que les rouages d’un complot mortel se mettent en marche…

Tenpenskoi ?
Le rythme est très saccadé. Parsemé de passages carrément haletants, le roman sait pourtant ralentir, se poser, et nous raconter. J’ai lu le roman avec Marilyn, qui apprécie de devoir pêcher les révélations au fur et à mesure du récit. Je dois dire que le début, très énigmatique, m’a pour ma part laissée perplexe. L’intrigue ne se dévoile que par touches, tantôt des souvenirs, tantôt des réflexions, et on ne commence à appréhender l’étendue du merdier que vers le milieu du livre. La deuxième moitié est d’ailleurs plus centrée sur l’action, sur la fuite.

Au-delà de ça, j’ai trouvé mon compte dans la dualité des personnages (le roman est à deux voix, celle d’August et celle de Kate). Le roman explore la nature profonde de l’être, la réelle question étant : qu’est-ce qu’un monstre ? August, torturé par sa nature de Sunai, de monstre, n’a de cesse de refouler ce qu’il est, parce qu’il n’aspire qu’à être humain. Les humains, eux, ne questionnent jamais leur nature, blâmant les monstres qu’ils créent pourtant eux-mêmes par leurs actes.

Le style fluide et la maîtrise du texte et des personnages rendent la lecture extrêmement agréable. Il s’agit d’un tome 1 qui, même s’il ne m’a pas touchée autant qu’Addie Larue, soulève d’intéressantes thématiques (visiblement chères à l’autrice) et tire assez bien son épingle du jeu. Une lecture que je conseille pour ceux qui cherchent peut-être autre chose qu’un page turner… La suite vient de sortir début février.

Pour info :
éditions Lumen, trad. de l’anglais par Sarah Dali, 400 pages, 17€

Publié dans Bouquinade, Litté de l'imaginaire (SF, Fantasy, Fantastique)

L’Orage qui vient (Louise Mey)

Ami du jour, bonjour !

Parfois, il y a des bouquins, tu ne te serais jamais retourné(e) dessus s’ils ne s’étaient pas imposés dans ta vie. Et pourtant, ils ont mis un sacré coup de pied dans ton joli postérieur ! Je pense notamment aux livres que l’on t’a offerts (coucou Comme un roman), prêtés en te faisant promettre de les lire (hello Dix petits nègres). Et puis, depuis que je suis libraire, il y a les services de presse…

Sarakontkoi ?
Mila, 15 ans, vit avec une poignée d’autres femmes et enfants au Hameau, un minuscule village perdu au cœur de la forêt. Depuis la Rétractation, puis la Reconstruction, hommes et femmes ont dû réapprendre à vivre simplement. Une fois par saison, quelques femmes se rendent en ville pour se procurer des biens essentiels qu’elles ne peuvent pas fabriquer elles-mêmes. Cette fois, elles n’en reviennent pas seules, et cela risque bien d’éveiller les secrets les mieux gardés du Hameau.

Tenpenskoi ?
Je ne savais pas trop à quoi m’attendre. Je connais l’éditeur, La Ville Brûle, notamment grâce à ses albums (généralement) engagés, que je reçois régulièrement à leur sortie. Alors les écrits engagés, moi, ça me plaît, surtout s’ils ont un goût de post-apo. Cela dit, point trop n’en faut. Et surtout, il y a « engagé » et « engagé » ; l’engagement demande un certain doigté — oserais-je parler de subtilité ? — afin de rester digeste. Et j’arrête de tourner autour du pot, ici, l’assaisonnement est parfaitement dosé. C’est au travers de la vie de ces femmes, de leur organisation, de leur quotidien que l’on comprend tout l’engagement de l’autrice.

Un engagement féministe ? Je dirais humaniste. Responsable. Un brin minimaliste. Fataliste ? On aime l’ambiance dans laquelle baigne cette petite communauté… tout en ressentant une sorte d’urgence, de peur sourde, comme un sixième sens qui anticipe l’orage qui vient. Et puis il y a Mila. Mila qui sait, Mila qui protège, Mila qui atteint un potentiel qui l’effraie et qui effraie les femmes avec qui elle vit. Et enfin, l’acceptation de ce changement interne, de ces bouleversements extérieurs. Ce fut à la fois une lecture étouffante et libératrice, apaisante et éprouvante, révélatrice, servie par style épuré, et une narration au présent et à la première personne. En un mot comme en cent : efficace.

Pour info :
éditions La Ville brûle, 208 pages, 15€

Publié dans Bouquinade, Policier / Thriller

Inheritance Games : trilogie complète (Jennifer Lynn Barnes)

Ami du jour, bonjour !

Souviens-toi, je te parlais d’un presque coup de cœur sur le tome 1, la question est la suivante : que donne la trilogie complète ? Je te donne la réponse de suite mon petit !

Sarakontkoi ?
Si tu as la flemme de cliquer sur le lien que je t’ai donné pour relire le résumé, le voici. Avery Grambs n’a plus rien. Sa mère est décédée, son père joue les hommes invisibles depuis toujours, elle crèche chez sa demi-sœur et son copain violent… c’est à se demander si elle pourra même terminer le lycée. Tout change lorsqu’elle apprend qu’elle est l’héritière d’un milliardaire dont elle n’a jamais entendu parler, au détriment de ses propres enfants et petits enfants. Seule condition : vivre un an dans l’immense demeure du défunt, sous le même toit que les héritiers déchus. Entre jeux de séduction et intimidations, Avery se trouve plongée dans un incroyable jeu de piste. Mais est-elle un joueur ou un pion ?

Tenpenskoi ?
Eh bah sa maman, ça déménage ! On a rarement un instant de répit. Là où je disais à propos du tome 1 qu’Avery était un personnage assez fade et passif, dans les tomes 2 et 3, elle se prend complètement en main, pour notre plus grand plaisir. Tu te doutes qu’une adulescente au milieu de quatre jeunes héritiers, c’est une bonne recette pour un triangle amoureux, qui pourtant assoit le personnage d’Avery et lui donne presque de la profondeur. Parce que j’aime qu’elle fasse des choix, et qu’elle les assume (oui oui, je te regarde L’Été où je suis devenue jolie, genre je suis amoureuse d’un frère, je me contente de l’autre, mais je reviens sur mon premier amour quand il veut bien de moi…).

Je ne prétendrai pas que j’ai compris quoi que ce soit à leurs jeux de pistes, parce que, comme dans une partie d’escape game, même en essayant de réfléchir, je trouve ça tiré par les cheveux. C’est une logique particulière tout de même, à laquelle je n’adhère pas. Cela dit, comme la trilogie est restée cohérente, je me suis simplement laissé guider, sans réellement tenter de réfléchir aux énigmes en elles-mêmes (t’en fais pas, tout reste plausible). J’ai aimé qu’aucun personnage ne soit réellement hors de cause, tout blanc, qu’ils soient tous ambigus. C’est drôle, on a un peu le contrepied de la relation Dumbledore/Harry. Je m’explique : Dumbledore, dans le dernier tome, paraît avoir trahi Harry, et l’avoir élevé pour qu’il meure au bon moment. Ici, le choix du vieux Hawthorn de léguer sa fortune à une jeune inconnue pouvait soit relever d’un secret de famille, soit cacher un dessein plus élaboré. Oublié le petit vieux qui contrôle tout, j’ai aimé voir sa faiblesse dans son choix.

Bref, une intrigue bien menée qui s’améliore au fur et à mesure des tomes. Je n’aurais pas craché sur un arbre généalogique au début du dernier tome, parce que les révélations s’enchaînent et qu’au bout d’un moment, j’ai eu du mal à suivre, et j’ai dû chercher un résumé détaillé du tome 2, que j’avais lu plusieurs mois auparavant. Excellente trilogie donc, qui, dans sa globalité comme pour le premier volume, frôle le coup de cœur.

Pour info :
Tome 1 : éditions PKJ (trad. de l’anglais : Guillaume Fournier), 449 pages, 18,90€
Tome 2 : éditions PKJ (trad. de l’anglais : Guillaume Fournier), 432 pages, 18,90€
Tome 3 : éditions PKJ (trad. de l’anglais : Guillaume Fournier), 456 pages, 18,90€