Publié dans BD, Bouquinade

Les Sœur d’Ys (M.T. Anderson / Jo Rioux)

Ami du jour, bonjour !

J’ai toujours beaucoup de mal à parler de graphique (bande-dessinée, manga, et compagnie) parce que je ne me sens jamais légitime. D’une part parce que j’en lis assez peu (tendance qui semble s’inverser dernièrement) et ensuite parce qu’il faut parler de style graphique. Et alors autant parler texte, je peux faire (oui oui, je pense après toutes ces années pouvoir juger des qualités intrinsèques d’un texte… pas de manière parfaite et absolue, mais je le peux). Autant tout ce qui est visuel m’est totalement étranger. Je vous présente donc mon humble avis, qui n’aura rien de très professionnel, en la matière.

Sarakontkoi ?
La légende de la ville d’Ys est un mythe fondateur des légendes bretonnes. On y découvre la ville d’Ys, protégée de l’assaut des eaux par une digue. Le roi de la ville a eu deux filles avec une fée venue d’un royaume nordique. Tandis que l’une se tourne vers la nature, les animaux et le peuple environnant, l’autre sacrifie son âme à la magie et au pouvoir. Mais aucun pouvoir n’est gratuit…

Tenpenskoi ?
La légende telle qu’elle nous est racontée dans Les Sœurs d’Ys est très différente de celle que l’on trouve dans les versions classiques, plus christianisée. Ces versions ne font état que d’une fille, Dahut, débauchée qui mènera la ville à sa perte. Ici, il est plus question de l’opposition entre le progrès et la nature, le pouvoir et la mesure. Les sœurs sont deux, Rozenn et Dahut, et représentent chacune une idéologie. Tels les Atlantes, les habitant de la cité d’Ys paieront cher leur arrogance et leurs abus.

On se détache de l’aspect hagiographique du mythe, c’est à dire de son rapport avec la vie des saints (saint Corentin en l’occurrence) pour partir du côté des légendes celtiques. Et c’est ce côté celte qui ressort beaucoup ici, à travers les couleurs et les motifs (d’ailleurs, les roux ont encore le mauvais rôle). Personnellement, cette mise en cases très floue, le dessin très rond aux courbes ondulées, tout ça me parle beaucoup (oui, ok, la couverture verte et dorée n’y est pas pour rien).

En bref, un mythe celtique (si on peut dire), servi par un dessin doux et violent à la fois, l’histoire d’une rivalité entre frangines, l’opposition du progrès et de l’opulence avec l’état naturel des choses… j’ai trouvé la revisite résolument moderne. Je me suis régalé les yeux, et j’ai découvert un petit morceau de folklore breton. Je recommande donc. Attention cependant : à ne pas mettre entre les mains des plus jeunes. Je sais que le graphisme est sympa avec toutes ces bouilles rondes et ces jolies couleurs, mais le propos est un brin violent.

Pour info :
éditions Rue de Sèvres, 220 pages, 20€

Publié dans Bouquinade, Roman

La Dernière Abeille (Bren MacDibble)

Ami du jour, bonjour !

On change un peu de registre, je te propose un joli roman, avec une jeune héroïne attachante, et qui porte un chouette message. C’est parti !

Sarakontkoi ?
Pivoine a 9 ans, presque 10. Avec son grand-père et sa grande sœur, elle vit dans une ferme fruitière. Elle rêve d’être une Abeille pour aller polliniser les fleurs sur les arbres. Parce que dans le monde de Pivoine, les abeilles ont presque disparu. Mais ses plans sont dérangés lorsque sa mère la force à la suivre en ville, pour travailler avec elle et « avoir un avenir et une vraie vie ». La ville enferme, la ville étouffe, et Pivoine ne pense qu’à une chose : retrouver sa ferme. Esméralda, la riche enfant gâtée, pourra-t-elle l’aider ?

Tenpenskoi ?
J’ai vu passer le roman sur les réseaux cet été, et je l’ai de suite mis dans un coin de ma tête. Outre le sujet essentiel qu’il aborde (l’écologie, et la mort des abeilles), le personnage de Pivoine avait l’air tout à fait délicieux. Et je ne me suis pas trompée ! Pivoine est une petite sauvageonne aux pieds nus et au caractère bien trempé, qui a mieux compris que bien des adultes ce qui est important dans la vie. Cette gamine, c’est une bourrasque printanière !

L’intelligence de ce roman, c’est de faire rencontrer à cette gamine qui est heureuse d’un rien une riche enfant que tout effraie. Le contraste entre Esméralda et Pivoine fonctionne à merveille ! Tandis que l’une ne pense qu’à quitter ses chaussures et aller courir dans l’herbe, la seconde a peur de tout et ne peut y poser un orteil. C’est l’échange entre les deux enfants qui rend le roman si riche. On y aborde d’ailleurs aussi le deuil, l’absence, et l’abandon.

Bref, un court roman, superbement orchestré et dosé, qui montre sans culpabiliser, et qui nous propose une autre façon de vivre. Je ne peux que vous le conseiller, quel que soit votre âge !

Pour info :
éditions Helium, 162 pages, 14.90€

Publié dans Bouquinade, Litté de l'imaginaire (SF, Fantasy, Fantastique)

Le Prince cruel (Holly Black)

Ami du jour, bonjour !

Allez, je suis prête à me faire taper sur les doigts, parce que je vais te causer d’un bouquin que je n’ai pas aimé, alors que les critiques ont été majoritairement dithyrambiques, et que certains attendaient même sa sortie en français depuis longtemps…

Sarakontkoi ?
Jude, sa sœur jumelle Taryn et leur demi-sœur Vivienne ont été enlevée enfants par le père de Vivienne, un cruel général fae, qui a tué leurs parents sous leurs yeux. Toutes deux humaines, Jude et Taryn doivent se battre chaque jour pour survivre à la cruauté de leurs camarades faes. Farouchement déterminée à prouver sa valeur, Jude n’hésite pas à défier le plus jeune prince du royaume, quitte à mettre les pieds dans un complot qui la dépasse et qui pourrait mettre tout le royaume en danger.

Tenpenskoi ?
Après l’avoir vu passer si souvent, avant même sa sortie en France mais surtout après avoir écouté les lectrices en pâmoison parler de la VO, j’ai décidé de donner une chance à ce roman. Une fois sur deux, c’est un désastre. Ici, c’est pas de chance, ce fut la cas.

J’ai trouvé le début tellement long ! On a compris que Jude était badass, qu’elle ne se laissait pas faire, qu’elle ne reconnaissait aucune autorité. Mais sur 1/3 du bouquin, c’est long. Et toutes ces intrigues qui s’entrecroisent, les faux-semblants, perso, je me suis complètement paumée ! Après, ce sont des intrigues de Cour donc, oui, forcément, c’est compliqué. Et puis, oui, c’est bon, j’ai capté que le prince était cruel, que toute sa famille l’était aussi. Que les faes étaient parfois très méchants. Mais franchement, me faire entrer l’info dans le crâne à coups de marteau, c’est un peu lourd. Même les relations entre les personnages ne sont pas très claires : ils s’aiment, se haïssent, se sont aimés…

Bref, beaucoup de clichés, de lieux communs et j’en passe pour une histoire trop compliquée à mon goût. La chronique est courte, mais je ne sais pas quoi dire d’autre. C’était pas une daube intersidérale. Mais clairement, je ne perdrai pas mon temps avec la suite.

Pour info :
éditions Rageot, 544 pages, 18.90€