Publié dans Albums, Bouquinade

Les fantastiques livres volants de Morris Lessmore (William Joyce / Joe Bluhm)

Un dernier billet pour ce soir, et pas des moindres, puisqu’il s’agit d’une petite révélation. Oui oui, littéralement. Il me semble que c’est mon très cher Harold qui m’avait montré la vidéo du court métrage issu du bouquin, court-métrage dont je posterai le lien à la fin de ce billet. Pour info, ma maman a pleuré en lisant le livre. Âmes sensibles, à vos mouchoirs !

morris lessmore

Sarakontkoi ?
Morris Lessmore consigne dans son livre tout son savoir, ses espoirs. Et par dessus tout, Morris Lessmore aime les histoires. Mais le vent qui souffle emporte tout, même les mots. Il ne reste plus rien. Et le livre de M. Lessmore se retrouve vide. Alors, M. Lessmore part, son livre vide sous le bras. Mais au détour d’une rencontre, Morris fait la connaissance d’un livre fort aimable, qui va le conduire là où nichent les livres…

Tenpenskoi ?
Une histoire magnifique, éblouissante par sa simplicité, émouvante par sa vérité. Un hymne à l’amour. À l’amour du livre et des mots, mais aussi à l’amour du partage. Parce que les livres ne peuvent exister sans nous, mais que nous aussi existons à travers eux, en y laissant un peu de nous : un morceau d’ennui, une larme de tristesse, un frisson d’amour ou une tache de confiture. Par dessus tout, les livres vivent parce que nous les lisons et que nous les partageons. Ils font de nous des passeurs de mots. Les histoires sont immortelles, et les homme, grâce aux histoires, sont immortels. Le voyage au-delà du temps, la vie en dehors du monde. Bref, un livre.

Des phrases courtes, un texte simple, des illustrations qui parlent autant que le texte, cet album est un petit chef-d’œuvre qui émouvra (si si, ça existe) les grands et les petits. Et comme promis, le court métrage, primé aux Oscars en 2012.

http://www.youtube.com/watch?v=EGgo1-1QBok

Et pour vous prouver que je ne suis pas la seule à aimer :
http://www.aymerix.com/les-fantastiques-livres-volants-de-mr-morris-lessmore/

Pour info :
Bayard Jeunesse, 56 pages, 12,90€ chez votre libraire.
Aussi disponible sur iPad.

Publié dans Le mot du jour

Le mot du jour

Allez, j’essaie tout de même de me rattraper. Même si se faire pardonner un lâche abandon n’est pas chose si aisée ! Alors, histoire de changer un peu, un mot du jour. Et comme il faut rendre à Jules ce qui est à César, je remercie Camille, jeune amoureuse des mots et grande copine de ma petite sœur Lou pour sa sympathique proposition. Petit aparté : Camille, les grands esprits se rencontrent, j’ai posté chleuasme il y a quelques temps déjà.

Le mot du jour : nidoreux.

J’adore quand WordPress souligne les mots un peu compliqués ou peu usités. On voit que la rumeur selon laquelle on n’utilise que quelques centaines de mots couramment est vraie. Bref.

Nidoreux donc : emprunté au latin nidorosus — qui signifie selon le TLFI « qui dégage une odeur de brûlé », nidoreux décrirait plus particulièrement une odeur d’œuf pourri. Nidor signifiant, toujours en latin, « vapeur, odeur, relent », on peut se demander le rapport avec l’œuf pourri. Eh bien, je pense qu’on peut le comprendre en lisant Le Manuel de médecine pratique de C. Geoffroy (1800, c’est pas tout jeune), qui parlait de « rapports nidoreux, comme d’œufs pourris ». La langue française a simplement fait l’amalgame entre l’adjectif nidoreux et la spécification de Geoffroy.

Personnellement, je préfère me dire que nidoreux est une contraction de nid- et -odeur. Qui sent le nid… et le nid pas frais, genre chambre d’ado pigeon.

Soit dit en passant, nidoreux sied parfaitement à l’odeur d’œuf pourri que dégagent les gaz volcaniques (déformation professionnelle). Merci Camille.

Publié dans Albums, Bouquinade

La sorcière Rabounia (Christine Naumann Villemin / Marianne Barcilon)

Amis du jour, bonjour !

Mais puis-je encore vous apostropher de la sorte quand je vous ai laissé tomber au profit des tribulations de ma vie de couple naissante ? Même mon compte WordPress m’a regardée d’un œil perplexe quand j’ai entré mon mot de passe et mon identifiant. Genre : « t’es qui, on se connait ? » Ah, les copines en couple, c’est plus pareil ! Je prends quand même le temps de poster quelques chroniques de livres lus sur le pouce, des albums, comme un goût de sucres d’orge avant les froides vacances de Noël…

La-sorcière-Rabounia

Sarakontkoi ?
Rabounia vit tranquillement sa vie de sorcière dégoûtante, sagement posée dans les quelques pages de son histoire. Pas un super duplex, mais quand même un petit 10 pages carrées, suffisamment confortable pour sa vie de solitaire. Un jour, entre deux limaces et une potion magique qui sent la crotte de nez (j’exagère à peine), elle entend une plainte. « BOUHOUHOUHOU ! » couine une petite voix pas très loin de là. Alors Rabounia fait ce que des générations de sorcières lui ont dit de ne surtout pas faire : elle sort de son histoire pour faire taire ces sanglots insupportables…

Tenpenskoi ?
Moi ? Sortir d’un espace culturel ou d’une librairie sans un bouquin ? Impossible. Je mangerais des pâtes tout un mois plutôt que de me priver de cette petite friandise (l’avantage de la vie à deux, c’est qu’on partage le loyer, eh eh). Du coup, quand j’ai des coups de cœur comme ça, eh bah je me gère plus. Un petit coup d’œil sur les illustrations — le trait au crayon de papier, le dessin qui sent le vrai, le fait main, et la peinture aquarelle — le vernis sélectif de la couverture et la typo super sympa du titre, il n’en fallait pas plus pour que le livre finisse dans mon petit panier.

Rabounia, c’est la sorcière par excellence. Elle est moche, elle ne sent pas bon. Mais les sorcières aussi, elles ont un cœur, même si elles ne le savent pas. Un album loin de faire peur, une histoire courte à raconter aux marmots avant d’aller dormir le soir. Bref, un moment qui sent bon la Soupline du doudou et les chocolats chauds…

Pour info :
Kaléidoscope, 30 pages, 13,50€ chez votre libraire