Publié dans Bouquinade, Roman

Mister Pip (Lloyd Jones)

Un conseil de ma consœur et grande copine Maëlle, avec qui j’adore parler bouquin (vous savez, le genre de personnes dont vous savez qu’elle vous fera découvrir des petites perles dont vous n’auriez jamais entendu parler, ou que vous ne seriez pas allé chercher par vous-même). Merci donc ! C’est à mon tour maintenant.

Crédits couverture : © Petra Borner    pour Michel Lafon

1991. Matilda est une jeune fille qui vit sur une île du Pacifique. Sa peau est noire, elle vit dans une case avec sa mère, et son père les a quittées pour aller travailler à la mine. 1870 environ. Pip est un jeune orphelin, il vit en Angleterre et gravit peu à peu les échelons de la société, oublie son passé pour se construire un futur meilleur. Matilda est réelle. Pip est le personnage d’un roman de Dickens. Mais lorsque Bel Oeil – le seul (et étrange) blanc du village – les introduit l’un à l’autre, Matilda reconnaît en Pip ses propres espoirs, ses craintes, et ses rêves. Grâce à lui, qu’elle considère comme son ami, Matilda réussit à s’évader de la réalité qui est la sienne – la guerre civile, le sadisme et la cruauté des soldats et des rebelles, les massacres perpétrés par soif de pouvoir -, à quitter son île, mais aussi (et c’est peut-être le plus compliqué) à y revenir.

Il est certaines personnes pour qui les livres sont une porte ouverte sur le monde, un moyen de pénétrer dans un autre univers, de sortir du quotidien, voire de l’oublier. Certaines personnes pour qui le livre devient un ami. Matilda est de ceux-là. Dans le monde de Pip, elle ose espérer un autre avenir, elle comprend ce qui la retient à sa terre, mais aussi ce qui pourrait la pousser à partir. Le livre est un refuge, un guide, et avant tout, il existe en dehors de son enveloppe de papier (tiens tiens, un petit échos aux débats quotidien, si on creuse…).

Une histoire magnifique, qui en dit long sur la nature humaine, qui nous pousse à nous demander : « et moi, j’aurais fait quoi ». Mais aussi le livre où un livre tient l’un des rôles principaux. À découvrir, et pourquoi pas à relire, afin de capter chaque nuance que l’auteur a peint dans son ouvrage.

Pour info :
Michel Lafon, 257 pages

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