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Le mot du jour

Amis du jour, bonjour !

Un mot sympa pour ce matin, qui reflète parfaitement la grisaille parisienne du moment (dont je ne cesse de vous rebattre les oreilles, j’en suis consciente). Âmes sensible ou sortant tout juste de table, s’abstenir.

Le mot du jour : vomitoire.

Avertissement : ne cherchez aucune subtilité dans le choix de ce mot. Aujourd’hui, je ne sortirai pas de mon chapeau-dico un mot dont un sens courant dissimulerait une nuance quelconque, redéfinissant complètement l’utilisation que vous en faites (car je suis sure qu’en lecteurs assidus, vous vous appliquez à tenir compte de ces nuances après être passés par ici). Bref, comme je le disais, il ne s’agit pas ici de la jouer subtile.
Un vomitoire, en premier lieu, c’est comme son nom l’indique plus ou moins un récipient distribué dans les transports (en particulier avion, train et bus), dans lequel se soulagent les passagers souffrant de mal des transports. Jusque là, rien d’anormal.
Puis par extension, le vomitoire en est venu à désigner les larges issues des lieux publics « par où s’écoule la foule », précise le Petit onomastion. J’ai pensé à ce mot ce matin, lorsqu’en empruntant le vomitoire de la gare Saint-Lazare, je me suis retrouvée enlacée par une foule d’anonymes, avançant plus lentement qu’une tortue bloquée à un feu rouge, se balançant d’un pied sur l’autre pour se donner l’illusion d’avancer, et pataugeant dans le papier détrempé et grisâtre que sont devenus les quotidiens gratuits abandonnés à leur sort sur la chaussée innondée.
Enfin, et cette dernière définition me plaît assez, un vomitoire désigne un journal sans information de qualité, qui se cantonne à l’expression d’opinions partisanes. Autant dire 90% de la presse française. Suis-je donc injuste envers notre chère presse française, qui mâche et remâche les infos, et n’a de cesse de la transformer en une bouillie prédigérée dont on nous arrose à longueur de journée, pleine d’antivomitifs pour nous faire digérer la merde dans laquelle on patauge à la sortie des vomitoires de la gare Saint-Lazare (entre autres) ! Des infos McDo quoi.

Bref, sur cette note optimiste, j’espère que vous terminez tranquillement vos achats de Noël. Gare aux vomitoires des grands centres commerciaux, en cette semaine pré-Noël…

 

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Vango, tome 2 (Timothée de Fombelle)

Suite et fin des aventures de notre mystérieux héros. En refermant ce livre, des boum-boum plein le cœur (si si, j’assume), je n’ai pu que me demander : comment ? Comment a-t-il fait pour pondre cette OVNI ? C’est d’ailleurs la question que je lui ai posée, à laquelle il a répondu « on ne se rend pas compte de ce qu’on fait, c’est fait de petites avancées, on revient dessus, on assemble, et on se retrouve avec ça… »

À la fin du tome 1, nous avons laissé Vango aux côtés d’Ethel, sur le départ pour les États-Unis, à la poursuite de l’homme qui a tué ses parents. Son périple s’annonce long, et sa vie est menacée à chaque seconde. Dans cet univers où personne n’est vraiment ce qu’il semble être, fait d’identités secrètes, Vango comprendra qu’il est devant un choix difficile : s’entêter dans sa quête d’identité ou bien disparaître afin d’épargner la vie de ceux qu’il aime. Mais, bien qu’il ne soit pas spécialement philanthrope, la guerre qui gronde, la montée du fascisme, l’apparition de la résistance auront raison de sa retraite. Un voyage autour du monde, mais aussi dans le temps, au cœur de l’Histoire, des conflits politiques où nous guide le florilège de personnages qui gravitent autour de Vango.

Et encore une fois, on assiste à cette conjugaison parfaite de la grande Histoire – de cette Seconde Guerre mondiale si souvent traitée dans la littérature contemporaine – et de la fiction, la vie de Vango. Et, comme le jaune d’œuf sert d’émulsifiant dans la mayo (c-à-d. permet au corps gras et au reste des ingrédients de se mélanger), la griffe de Timothée de Fombelle est le petit coup de baguette magique qui permet à ces deux dimensions de porter les aventures de Vango. Une petite souris m’a dit qu’il manquait le bisou de la fin. Pas faux, mais après cette essoufflante course à la vie, la simplicité de la relation entre les personnages est une vrai bouffée d’air frais. J’aime !

Pour info :
Gallimard Jeunesse, collection Roman Ado / Grand format littérature, 400 pages

Publié dans Bouquinade, Litté de l'imaginaire (SF, Fantasy, Fantastique)

La Douane volante (François Place)

Depuis le temps que j’en entends parler, il fallait bien que je finisse par me forger ma propre opinion. Niune, ni deux, le bouquin est dans le bureau, j’en profite, je le subtilise et le rends aussi sec, ni vu, ni connu… Mais entre temps, j’aurais voyagé.

Gwen, un jeune garçon de 14 ans, vit dans un petit village breton. Malgré sa santé fragile, ses parents le poussent à travailler sur un bateau de pêche. Une tempête dont il ressort en piteux état lui vaut une toux permanente et incontrôlable, et le surnom de Gwen le tousseux. Bon à rien, Gwen part donc en apprentissage chez le rebouteux du village, que tout le monde craint (bien que chacun soit heureux de le trouver lorsque besoin est). À la mort du rebouteux, Gwen récupère sa maison. Un soir, alors qu’il dort, il entend le bruit d’une charette. C’est la grande Faucheuse qui vient le chercher, ça ne fait aucun doute… à son réveil, il se retrouve dans un pays étrange où une « Douane Volante », omniprésente, fait régner l’ordre d’une main de fer, et où on n’apprécie pas beaucoup les étrangers qui prétendent descendre de la charette de la Mort en personne…

Le voyage initiatique d’un jeune garçon à travers un pays aux mœurs étranges, l’histoire de rencontres, mais aussi l’occasion d’en apprendre plus sur soi. Personnellement, je me suis demandé, comme chaque personne qui a lu ce livre, où l’auteur pouvait bien vouloir en venir. Pas de grande quête, pas question de sauver le monde. Il s’agit simplement pour Gwen de rentrer chez lui, et la question que je me pose après coup est : pourquoi ? Rien ne le retenait en Bretagne, et même si ce monde étrange dans lequel il était arrivé peut paraître injuste, il réussit petit à petit à se créer une vie. Bref, on se rend compte à la fin que le but n’est pas tellement la chute du roman, mais le plaisir d’en parcourir les péripéties… À lire tranquillement couché dans son lit, sous ses petites couvertures.

Pour info :
Gallimard Jeunesse, collection Roman Jeunesse / Hors série littérature, 333 pages

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Le mot du jour

L’autre jour, je feuilletais mon petit Onomasticon pensivement, cherchant un mot qui ferait « tilt » (oui, parce que j’ai beau avoir laissé tomber cette histoire de rencontre due au hasard, je n’en cherche pas moins des mots qui émoustillent), lorsque je suis tombée sur ce mot. Il faisait parfaitement échos à un drame personnel que nous traversons en ce moment, ma famille et moi.

Le mot du jour : stellionat.

Qu’il est pourtant doux à mon oreille, ce mot scélérat (tiens, je chercherais bien ce qu’il veut dire, celui-ci aussi…). Il désigne tout d’abord l’action de vendre une chose qui ne nous appartient pas (ou la même chose à plusieurs acheteurs), en référence au stellion, ce lézard qui change de couleur, et a donné son sens au mot latin stellio, fourbe. Désigne également (version à vérifier) la connaissance du nom des astres et des constellations (rien à voir, je ne cherche même plus). Enfin, il désigne une retraite volontaire et momentanée, des vacances passées dans un lieu isolé.

Pourquoi donc ce mot évoquerait-il quoi que ce soit pour moi ? Eh bien parce qu’il y a quelques jours de cela, mes parents ont appris que notre maison de famille – que dis-je ? – notre sanctuaire familial, avait été cambriolé. Des souvenirs inestimables (une guitare vieille de plus de 30 ans, unique bagage encombrant les bras paternels lorsqu’il fit le choix d’abandonner son Yonne natale pour rejoindre la femme qu’il aimait, sans déconner), des milliers d’euros de matériel de musique (passion paternelle, là encore), électroménager, vinyles et j’en passe. Volés, arrachés des murs. Ces mains malsaines qui ont souillé notre toit et détruit ce qui était sur leur passage, qui revendront au plus offrant une vie de labeur dont nous avions décidé de profiter pleinement lors de nos réunions. La colère et l’incompréhension montent encore en moi lorsque je pense à ces fainéants de stellionataires (les coupables de stellionat) qui vivront quelques mois d’un butin que nous avions mis des années à rassembler.

Le pathétique est au rendez-vous, mais la tristesse est bien présente elle aussi. Le désarroi. Mais vous avez votre mot du jour, pas vrai ?

Publié dans Bouquinade, Litté de l'imaginaire (SF, Fantasy, Fantastique)

Mathieu Hidalf, tome 2 : La Foudre Fantôme (Christophe Mauri)

Le tome 2 des aventures du jeune Mathieu (que nous avions laissé au lendemain de sa bêtise colossale dans le tome 1) que je ne peux résister à vous pré-présenter (merci les privilèges).

Je n’en dirai pas grand chose (motus et bouche cousue, au moins jusqu’à une semaine avant sa sortie), simplement que le résultat est… bluffant. Un second tour de magie, une étincelle de génie, ou de folie. Et ce petit quelque chose de malicieux et de généreux mais d’inavoué dans l’œil de Mathieu, comme dans celui de son « papa » (Christophe Mauri, ndlr), que les jeunes lecteurs ont pu rencontrer lors du salon du livre et de la presse jeunesse de Montreuil. Un grand merci à Christophe (et à ses éditeurs de chez Gallimard, si, si !). Et tenez-vous prêts pour ce second tome !

Me voici, en retard de deux bonnes semaines, comme à mon habitude. Certains le savent et s’y attendent, pour les autres, je vous présente mes plus sincères excuses…

Crédits couverture : Benjamin Bachelier,    © Gallimard Jeunesse

Nous retrouvons Mathieu, à la veille de ses 11 ans, et de son examen d’entrée à l’école de l’Élite, son rêve. Mais pensez-vous qu’il a lu la centaine d’ouvrages qui s’imposent ? Qu’il a révisé, travaillé ? Bien sûr que non, les Contes de la grand-mère édentée sont bien plus intressants ! Qui plus est, Mathieu a un plan : il va tricher, au vu et au su de tous. De courses dans les couloirs sombres de l’école en morts qui ne le sont pas vraiment, en passant par des prophéties et des secrets, des amours secrètes et des alliés inattendus, Mathieu, fidèle à lui même, nous entraîne dans sa quête à l’exploit.

Ce mot est sur toutes les bouches lorsque l’on parle de Mathieu Hidalf, mais peut-on trouver un meilleur épithète que « facétieux » ? Un gamin capricieux d’un égoïsme incroyable, mais si attachant, et dont les farces et les plans le servent autant, sinon plus, que l’intérêt général. Mais lorsque son héros, le capitaine de l’Élite, est en danger et que chacun de ses plans pour rester dans l’école se solde par un échec, Mathieu doute. Et si lui n’a pas toujours les idées qu’il faut au moment où il le faut, il sait utiliser les qualités, les forces et les faiblesses de chacun pour arriver à ses fins. Tant mieux si elles collent avec le bien du royaume, mais ce n’est que par hasard.

Une histoire drôle, pleine de rebondissements – et croyez-moi, quand je parle de rebondissements, c’est qu’on y croit à chaque fois – et de révélations. Une récréation après le métro, un sorbet en pleine canicule, un bain chaud après le ski. Bref, un roman rempli de bonne humeur, que je conseille autant aux enfants et aux ados qu’aux adultes qui ont gardé leur âme d’enfant (et aux autres aussi).

Pour info :
Gallimard Jeunesse, Roman Jeunesse / Hors série littérature, 352 pages

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Le mot du jour

Je me suis toujours dit que les plus belles rencontres étaient celles qui étaient dues au hasard, celles que l’on pouvait raconter à ses amis, à sa famille rien que pour le plaisir de voir s’agrandir leurs yeux et soupirer « c’est un conte de fée ». Mais le hasard est ce qu’il est. Il ne fait pas bien les choses. Il ne les fait pas mal non plus. Il ne fait que faire tourner le monde, prendre des décisions irréfléchies et totalement aléatoires. La seule force qu’il ait réellement est le temps qui passe, qui fait que les choses finissent forcément par arriver.

Alors pourquoi est-ce que je parle du hasard ? Eh bien, parce que je pensais que c’était la même chose avec ces mots étranges et fascinants. Je pensais que je devais les croiser dans leur contexte pour qu’il y ait un intérêt à vous les présenter, pour vous montrer que oui, ils existaient. Depuis quelques temps, je m’en étais désintéressée, et j’avais pris le cadeau que m’avait fait ma Binôme pour un présent empoisonné : une sorte de dictionnaire, Le Petit Onimasticon (aux éditions Tornade). Je pensais qu’il allait me rendre fainéante, qu’il allait fermer mon esprit aux éventuelles « rencontres » dues au hasard. Entre temps, le concept de ce « mot du jour » s’était essouflé pour moi. Et le revoilà qui s’affirme aujourd’hui, grâce à quelques encouragements innocents. Merci Binôme pour cette merveilleuse leçon : une rencontre provoquée peut être tout aussi belle à raconter. Tout dépend de la personne, et non des circonstances.

Bien, après cette interminable digression, je vais vous le pondre, ce mot du jour (qui a un air de vacances et un parfum de plage), rencontré dans Le Petit Onomasticon, justement.

Le mot du jour : arénation.

Grâce à mes cours de latin, je savais ce que ce mot signifiait avant même d’avoir lu la définition (trop fière !). On pratique une arénation… lorsque l’on enterre tout ou une partie du corps sous le sable ! Ce mot vient du latin arena – qui signifie sable, justement – et que l’on retrouve d’ailleurs dans le mot « arène » (dont la piste est recouverte… de sable !).
En parlant d’arène d’ailleurs, arénation désigne également le verdict que l’on rend d’un geste du pouce vers le haut (salut) ou vers le bas (mise à mort), comme le faisait Jules César au cirque qui se déroulait… dans l’arène.
Enfin, dernière définition (si quelqu’un peu m’éclairer, je ne vois pas trop le rapport, même si je l’aime bien aussi) : remise à l’eau d’un poisson que l’on a pêché, mais que l’on estime trop petit (???).

Enfin, moi, ce que j’en retiens, c’est que même étant gamine, je détestais l’arénation : tout ce sable qui vous rentre dans le maillot de bain… yeurk !

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Mon mot du jour

Un mot qui va tout à fait avec le temps qu’il fait en ce moment ET avec le ressenti que j’ai de Paris les soirs de profonde dépression (oui oui, ça m’arrive). Un pléonasme à lui tout seul (comme monter en haut, descendre en bas…):

Mon mot du jour : groche.

Ca sonne tout à fait comme ce que ça veut dire : gris et moche. Comme je temps qu’il fait, comme le manteau que j’avais acheté chez Promod mais que j’ai ramené parce que, réflexion faite, ça n’allait pas. Comme les deux poches que j’ai sous les yeux ces derniers temps. En fait, quasiment tout ce qui est gris est moche, si vous me permettez une remarque dénuée de tout objectivité. Le béton. Ce manteau Promod. Le ciel. Et parfois mon humeur.

Remarque : ne pas confondre avec une météo neigeuse : le ciel est blanc dans ces cas-là !