Publié dans Bouquinade, Roman

Rien de grave (Justine Levy)

Amis du jour, bonjour !

Je continue sur ma lancée (je le sens bien là) et j’enchaîne avec un livre qui m’a été offert par ma précieuse amie Allyson (juste après une rupture, ça tombait très bien, et vous allez comprendre pourquoi).

Louise raconte sa rupture avec Adrien, celui qu’elle pensait être l’homme de sa vie, et la trahison de ce dernier avec la femme de son père, la mort de sa grand mère et le cancer de sa mère, l’absence d’un père qu’elle pensait pourtant être le pillier de sa vie, la descente aux enfers, les pseudo-solutions lorsqu’elle sent que l’amour fuit le regard d’Adrien, les soupçons. Et la guérison progressive, la cicatrice qui reste, pas bien grosse, mais là quand même, l’indifférence qui survit à cet amour trop fort. À trop se regarder l’un l’autre, ils n’allaient nulle part. Finalement, cette rupture c’est peut-être ce qui pouvait lui arriver de mieux.

Loin des récits mièvres de rupture, où la rage donne aux protagonistes des paroles fort inspirées chargées d’acides, mais néanmoins accrocheuses, il ne s’agit pas ici de s’appitoyer, mais d’exorciser. De raconter avec le recul, de revivre pour tenter de comprendre. Et surtout d’ouvrir les yeux. De voir ce que cache cette pseudo-perfection chez l’autre, de cracher la haine que les convenances nous empêchent d’éprouver. De dire ce qu’on aurait voulu dire. Et surtout de montrer. De montrer la douleur dans toute la simplicité de son horreur.

Le ton n’a rien de pathétique. Justine – parce que c’est bien d’elle qu’il s’agit, et de sa rupture avec celui qui deviendra le futur ex de Mme Bruni-Sarkozy – nous raconte sans nous épargner, avec le sang froid d’un chirurgien qui opère, les labyrinthes dans lesquels elle s’est perdue. Elle ne cache rien de ses déboires, de ses mensonges. Elle fait vivre son récit par un style lapidaire et épuré. Pas de déclaration grandiloquente, de regard dédaigneux, de pique bien trouvée, mais l’explosion de la colère pure, le chagrin dévastateur, et le calme de l’indifférence qui suit la tempête. Un bijou. Moi ça m’a guérie… un peu. À lire !

Pour info :
Stock, 194 pages
Perso, je l’ai lu chez Le Livre de poche, collection Littérature & Documents, 220 pages

3 commentaires sur « Rien de grave (Justine Levy) »

  1. Ah! C’est intéressant de lire un avis tout à fait opposé au mien. 🙂
    J’ai détesté (le mot est peut être fort) ce « roman » pour les raisons qui font que vous l’aimez.

    > De voir ce que cache cette pseudo-perfection chez l’autre, de cracher la haine que les convenances nous empêchent d’éprouver. De dire ce qu’on aurait voulu dire. Et surtout de montrer. De montrer la douleur dans toute la simplicité de son horreur.

    Et bien, c’est ce que je ne veux pas du tout lire. Je crois que j’ai un ras le bol des gens qui veulent montrer, tout montrer sans aucune élégance ou pudeur. Justine Levy est intelligente, riche avec des entrées dans le monde de l’édition, donc elle écrit sa haine et se venge ainsi d’être la cocue de l’histoire. Elle serait moins intelligente, moins riche et sans entrées dans le monde de l’édition, elle aurait crevé les roues de l’autre et gravé « salope » sur la portière….

    🙂 http://labayonnaise.com/2011/10/23/mieux-vaut-en-rire/

  2. En effet, c’est « amusant » de voir que nous avons un avis opposé pour des raisons identiques !

    J’ai lu l’article (merci pour le lien). Et contrairement à ce que l’on pourrait croire, je suis assez d’accord avec ce que vous y écrivez, dans le sens où ce genre de littérature est « facile » dans bien des sens du terme. Je pense que mon intérêt pour ce livre-là vient du contexte dans lequel je l’ai lu. Comme on dit : chacun son vécu. Ca nous donne à voir les choses différemment.

    En tout cas, merci d’avoir réagi 🙂 je suis de près le reste de vos publications 🙂

  3. > Comme on dit : chacun son vécu. Ca nous donne à voir les choses différemment.

    Exactement! Et c’est ce qui est enrichissant 🙂
    Bonne continuation

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