Publié dans Cinéma

Sunshine Cleaning

Exception à ma propre règle (où est le plaisir des règles si elles ne sont pas transgressées de temps en temps), ce film-là est sorti au cinéma en début d’année. Le DVD est d’ailleurs dans les bacs depuis peu. Mais c’est un petit coup de cœur, juste une histoire…

Sunshine Cleaning. « Nettoyage ensoleillé ». Quel drôle de nom pour une entreprise de ménage spécialisée dans les scènes de crime… Rose est femme de ménage. Bien entendu, elle a d’autres ambitions. Mais ce qu’elle a surtout, c’est un enfant surdoué qu’elle doit placer en école privée parce que les écoles publiques ne veulent plus de lui. Trop dissipé. Et une petite sœur irresponsable incapable de garder un boulot. Et un père qui ne vaut pas mieux. Et un amant qui s’avère être son petit ami du lycée, marié qui attend son deuxième enfant. Rose a besoin d’argent. Elle monte alors sa propre entreprise de nettoyage de scènes de crime, un boulot bien payé. L’occasion de remettre les choses à leur place…

Une jolie petite fable. On ne sait pas si la jeune fille trouve son prince. On sait qu’elle fait des rencontres. Qu’elle fait des projets. On ne sait pas si la rebelle change, on sait qu’elle prend la première décision de sa vie. Bref, pas de happy ending à la Disney. Ce n’est pas l’histoire d’une réussite, c’est  celle d’un combat. Un petit combat du quotidien. Celui d’une mère, d’une sœur, d’une fille. Mais surtout, c’est le combat d’une femme qui doit accepter sa vie et affronter le regard de ses comparses pour enfin pouvoir leur dire : je fais le ménage, c’est mon entreprise, je fais manger mon gosse. Loin d’être un grand drame existentiel, c’est le petit bout de la vie d’une jeune femme qui doit faire avec ce que la vie lui donne.

Amy Adams et Emily Blunt apportent énormément de fraîcheur à cette histoire un peu hors du commun. C’est dans ce milieu spécial que vont se développer leurs dons humains, une capacité d’écoute envers les autres, mais aussi envers leurs proches et envers elles-mêmes. Dans la lignée de Little Miss Sunshine. Un petit délice…

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Publié dans Le mot du jour

Le mot du jour

Bonjour à tous !

La grisaille de l’automne pointe le bout de son nez. Le ramage écarlate des arbres qui commencent à perdre leurs feuilles se découpe sur les nuages cotonneux… On sort les petites laines et les jours raccourcissent. Dur de se dire que l’été est fini ! Alors pour vous remonter le moral, j’ai le mot qu’il faut (non, ce n’est pas chocolat !).

Le mot du jour : enthousiasme.

« Ouah, comment il est grave bidon ce mot du jour ! Moi je sais déjà ce que ça veut dire ! » On pense souvent savoir ce que signifient vraiment les mots et on les emploie à tort dans 50% des cas… bien qu’ici, l’explication courante soit en effet très proche de l’explication étymologique! Les hellénistes (ceux qui ont fait du grec) reconnaîtront – pour les autres, je vous le dis – le mot theos, qui en grec signifie « dieu ». Dans l’Antiquité, l’enthousiasme désignait l’état de délire sacré qui s’emparait de l’interprète des dieux, une sorte de transe, comme celle qui saisissait la pythie de Delphes par exemple – cette vieille femme qui était l’oracle d’Apollon.

Par extension, on a prêté au poète cet état de transe, d’exaltation dans lequel il est plongé lorsqu’il écrit, transporté par l’inspiration. Paul Valéry dira d’ailleurs :  » je trouve indigne d’écrire par le seul enthousiasme. L’enthousiasme n’est pas l’état d’âme de l’écrivain ». J’ouvre une parenthèse. C’est exactement l’objet d’un de mes cours cette année : la motivation de l’écriture. Nombreux sont ceux qui se disent frappés d’une illumination (venant généralement de petits détails, de la Nature). Je citerai Proust, Joyce, Rilke, etc. pour qui la création est enthousiasme dans son sens le plus pur. On renie, par cette théorie, tout le travail et le mérite d’un auteur qui, pour donner au public une œuvre, retouche, remodèle… Mais comme le dit Rilke, l’écriture étant l’essence même de celui qui écrit, peut importe le public. On est d’accord ou pas d’accord. Ce n’est pas là le sujet, je laisse le débat ouvert.

Et bien entendu, le mot a également ce sens qu’on lui connait aujourd’hui : une émotion intense de joie, une force positive qui nous pousse à agir et se traduit par « une excitation joyeuse » (Le Petit Robert).

Aujourd’hui, chers enthousiastes, vous pourrez dire que vous agissez avec tout le zèle divin que le bonheur ou la joie peuvent apporter…